Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Important

Inscrivez vous à la Newsletter pour être prévenus des nouveaux articles.

Votre adresse e-mail restera confidentielle, et ne sera pas communiquée à des tiers.

Rechercher

Articles Par Mois

7 juin 2007 4 07 /06 /juin /2007 05:41
J'ai reçu mardi une réponse de Florence Dupont à l'article sur Rome :


 
 
Cher Monsieur,

J'ai lu votre article et je ne pense pas qu'il mérite un débat. Il va tout à fait dans mon sens quand j'analyse la position de la vulgate contemporaine sur l'Antiquité. De fait vous ne cherchez dans les fictions sur l'Antiquité que la confirmation de vos préjugés que vous appelez "vraisemblances" et "réalisme".


Florence Dupont


À la lecture, les deux dernières phrases semblant contredire la première, j'en restai quelque peu confus, supposant une erreur d'interprétation de ma part. Mais constatant que  Florence Dupont semblait tout de même manifester un intérêt suffisant pour accorder à notre article d'être "allé dans son sens" (certes malgré nous, mais cela ne peut que démontrer de façon éclatante sa supériorité intellectuelle) et nous reprocher avec bienveillance notre attitude empreinte de préjugé (cela ne peut être que l'effet d'un souci pédagogique que je qualifierais d'admirable), je fus à cet instant enthousiasmé par la possibilité d'un échange fertile – puisque le débat était hors de question – avec une sommité universitaire.

J'ai donc répondu le soir même pour préciser quelques points, qui pouvaient avoir échappé à Florence Dupont. Antoine de Froberville et moi-même oublions parfois que, n'étant pas universitaire et ne disposant donc pas de la clarté d'esprit adéquate obtenue par l'étude rigoureuse, il est possible que nos analyses soient obscures, jargonnantes et difficiles d'accès.


Cher Monsieur,

J'ai lu votre article et je ne pense pas qu'il mérite un débat.

Merci d'avoir pris ce temps.
Nous ne tenions pas tant à lancer un débat qu'à faire réfléchir nos lecteurs sur la notion de fiction historique et l'inadéquation de l'outil historique pour la juger.

Il va tout à fait dans mon sens quand j'analyse la position de la vulgate contemporaine sur l'antiquité.

Tant mieux si cela vous conforte dans vos certitudes. Cependant, nous n'avons pas abordé la notion d'antiquité dans l'article et n'avons jamais parlé de ce que qu'elle représente pour nous, donc je doute que nous ayons pu correspondre ou diverger de la vulgate sur ce sujet - si tant est qu'il en existe une.

Nous n'avons pas de position particulière à défendre sur l'Antiquité, préférant être ouverts sur ce sujet aux découvertes et aux regards de ceux qui l'ont plus étudiée que nous. Notre article porte sur le droit des scénaristes de notre temps à situer leurs œuvres dans le passé, sans se conformer aux découvertes ou thèses historiques autrement que par choix et uniquement lorsque cela apparaît utile à leur projet. Bref, le droit d'inventer, de fantasmer et d'imaginer un passé fictionnel, présenté comme tel, sans être accusé de "falsifier l'Histoire".

De fait vous ne cherchez dans les fictions sur l'Antiquité que la confirmation de vos préjugés que vous appelez "vraisemblances" et "réalisme".

Vous faites erreur sur ce point. J'aborde toute fiction en évitant autant que possible d'appliquer des grilles de lectures préétablies. De plus les notions de réalisme et de vraisemblance sont justes des termes commodes pour parler d'aspects particuliers de la fiction, que nous utilisons de façon descriptive, non comme des critères. Autant qualifier de préjugés des termes comme "fugue" ou "mélodie" lorsqu'un musicien parle du travail d'un autre musicien.

En tout état de cause, notre article n'utilise ces notions que de façon périphérique et elles sont loin d'en être une préoccupation majeure.

Cordialement,

Denys Corel


Je n'ai pas encore eu de réponse.

Si jamais Florence Dupont estimait que d'humbles défenseurs des arts populaires tels que nous puissent mériter qu'elle daignât prendre sur son temps précieux et nous accordât l'honneur de nouvelles illuminations sur ce que dissimule (y compris à nous-même) notre position concernant les fictions historiques, je ne manquerai pas de vous en faire part.

Partager cet article

Repost 0
Published by Denys Corel - dans Séries Télé
commenter cet article

commentaires

MrSel 13/01/2008 12:32

Oui, ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain : il existe encore des historiens sensés qui savent faire une distinction entre oeuvre de fiction et retranscription historique.Qu'il me soit ici possible de reproduire les deux derniers paragraphaes de l'ouvrage Les douze Césars (du mythe à la réalité, 1991) de Régis F. Martin, agrégé de Lettres et docteur d'Etat, Université de Lille III."Les douze Césars constituent donc une exceptionnelle galerie de portraits telle qu'on en trouve l'équivalent, sur une période aussi limitée, ni dans les cinq siècles de la République ni dans les quatre suivants du régime impérial. Près de deux mille ans plus tard, ils continuent de fasciner lettrés, romanciers, cinéastes et par conséquent un public assez vaste qui va jusqu'à lire les auteurs anciens, comme en témoignent actuellement les diverses rééditions en collection de poche des oeuvres de Tacite et Suétone par exemple.On pourrait escompter qu'avec cet accès du public à des ouvrages plus sérieux que les productions que nous évoquions dans les premières pages de cet ouvrage bon nombre de mythes qui entourent les Césars vont disparaître. C'est, en fait, peu probable car, d'une part, ces textes anciens sont fascinants et, d'autre part, le lecteur a en lui une soif de rêves qui l'amène à se passionner pour des personnages hors du commun dans le bien ou le mal. Or ces douze hommes, comme les héros shakespeariens, renvoient à des passions, des comportements exceptionnels dans le sublime ou l'abjection, dans la bassesse ou la grandeur que draîne notre inconscient collectif ; ils renvoient à la complexité de la personnalité et, finalement, à nous-mêmes."Il est particulièrement significatif que la conclusion d'un ouvrage qui compile une somme de détails et d'analyses assez vaste sur les pathologies physiques et psychologiques, les attitudes, la vie privée, les superstitions ou les phobies des Césars choississe de conclure sur l'influence créatrice qu'exerce encore aujourd'hui les douze hommes sur les artistes contemporrains.

Struggling Writer 03/02/2008 14:18

Tout à fait.

Banq 03/09/2007 12:38

Je trouve tout cela incroyable. Comme souvent, un universitaire, sous pretexte de sa prétendue érudition, se permet non seulement de descendre en flamme une fiction car "non objective" ("pour une fiction, c'est un comble !"), mais aussi de rejeter toute forme de débat et de critique par quelques pirouettes et beaucoup de mépris.

On se demande qui cherche à confirmer ses préjugés...

Bravo, c'est très représentatif de l'état d'esprit du monde universitaire français(ie. "J'ai raison, vous avez tort, et il ne sert à rien de chercher à me contredire, puisque j'ai raison. CQFD")

Struggling Writer 04/09/2007 07:07

Là je me sens obligé de dire - lire le paragraphe qui suit d'un ton docte, la main sur le cœur :"Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. Tous les universitaires ne sont pas comme ça. D'ailleurs j'en connais de très bien qui s'intéressent même sincèrement à la fiction et ont l'esprit ouvert, capable de se remettre en cause. etc. etc." (S'ils passent sur ce blog, ils se reconnaîtront).Mais entre nous, c'est vrai que c'est incroyable.

bouthan 09/08/2007 20:29

Les bras m'en tombent.
Madame, lorsqu'on n'est capable que de mépris en guise de réponse à une argumentation, il vaut mieux s'abstenir de répondre.

Struggling writer, je vous félicite pour avoir réussi à garder calme et modération devant une réponse de cette teneur.
Heureusement, la majorité des gens -et des universitaires- sont encore capables de dialoguer sereinement. Que l'exemple inverse vienne d'un professeur d'université est tout de même sidérant.

Struggling Writer 04/09/2007 07:37

Merci, mais garder calme et modération n'était pas très difficile. Pour paraphraser je ne sais plus qui, il y a des mails qu'il vaut mieux recevoir que d'avoir envoyé.Je tiens à ajouter ici qu'une de mes amies a eu Florence Dupont comme professeur et qu'elle en conserve un bon souvenir, se rappelant d'elle comme d'une prof rebelle, assez rock n' roll, et passionnée. Les gens ont plusieurs facettes, et ce n'est peut-être le meilleur d'elle-même que Florence Dupont a montré ici.