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Articles Par Mois

11 mars 2008 2 11 /03 /mars /2008 15:04
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La série Big Love  produite par HBO et diffusée en France par Canal + raconte la vie quotidienne d'une famille polygame en Utah, mais ce serait une erreur de croire qu'il s'agit d'une série sur la polygamie. 

Le père de famille, Bill Henrickson - joué par Bill Baxton, a été élevé dans une communauté sectaire qui se réclame des principes mormons originels.  Bien qu'il ait pris ses distances avec la communauté, il a pris la décision d'appliquer le Principe, c'est à dire la polygamie, lorsque sa première femme a été atteinte d'un cancer. Loin d'être un fantatique, Bill Henrickson est un homme tolérant, qui a choisi de vivre une vie compliquée et cherche à assumer ce choix. Il dirige une petite chaîne de supermarché spécialisée dans la vente de matériel pour la maison qui lui permet de subvenir aux besoins de ses trois foyers. Il est loin d'être le pur macho qu'on aurait pu supposer, même s'il se comporte parfois en pater familias.

Barb –  interprêtée par Jeanne Tripplehorn – est la première femme de Bill Henrickson (Bill , la seule à être légalement reconnue, est une mormone qui vient d'une famille opposée à la polygamie. Femme moderne, indépendante, elle a accepté de vivre dans la polygamie lorsque son cancer l'a rendu stérile. Si elle arrive assez bien à gérer en privé les difficultés que pose la vie avec deux autres femmes, elle est paniquée à l'idée que le reste du monde sache la vérité sur sa famille. Il faut dire que même si l'eglise officielle mormonne a pratiqué autrefois la polygamie, la pratique a depuis longtemps été abolie et les mormons modernes ont de grandes difficultés à tolérer les fondamentalistes qui ont décidé de poursuivre cette pratique.

Nicki –  Chloe Sevigny – la deuxième femme, est la fille de Roman Grant, l'ignoble "prophète" de Juniper Creek (joué par Harry Dean Stanton). La famille de Bill a un lourd passif avec celle de Roman et la loyauté de Nicki se divise entre son ancienne famille et la nouvelle. Si Nicki accepte la polygamie, c'est parce qu'elle n'a jamais rien connu d'autre, et que, surtout, elle ne veut rien connaître d'autre. Refusant toute modernité sociale, vêtue d'une austère robe traditionnelle, Nicki n'en est pas moins un paradoxe, puisqu'au début de la série, elle est atteinte de compulsions d'achat qui la pousse à dévaliser Gap et H&M à l'aide de cartes de crédit.

Margene – Ginnifer Goodwin – est la dernière venue. C'est la seule a ne pas être mormone. Elle a choisit la polygamie parce que le style de vie lui plaisait – l'idée de faire partie d'une grande famille unie l'a attirée. Naïve, parfois tête folle, souvent sous-estimée par ses "sœur épouses", elle est aussi peut-être la plus épanouie de la famille. Bien plus tolérante et accessible que Barb et Nicki, qui sont souvent aveuglée par un certain puritanisme, c'est celle qui provoque les crises salutaires, en posant franchement les problèmes que les autres essayent de garder sous le tapis.

La série décrit la vie quotidienne de cette famille différente et attachante, sans pourtant faire l'impasse sur les réalités scabreuses de la polygamie. Le prophète de Juniper Creek profite ainsi honteusement de sa position pour se marier à des filles prépubère en contournant habilement les lois, et ses pratiques des sectes polygames se rapprochent en général des pratiques mafieuses. La présence inquiétante de Roman Grant (et plus tard des Greene) apporte à la série une tension qui la fait souvent basculer du drame familial au thriller.

Big Love est une série sur la famille et la tolérance. Si la plupart des personnages sont puritains, c'est loin d'être le cas des concepteurs de la série. Et la polygamie y sert surtout de dispositif pour permettre une grande complexité de relations entre les protagoniste, autant que pour tester les limites de la tolérance du spectateur. Au final il est impossible de juger ces gens pour leur choix. Ce qui ressort, c'est leur humanité, leurs névroses, leurs craintes. Savoir pourquoi ils ont choisi cette vie (et, en passant, la réponse est évidente pour chacun d'eux) est en réalité moins important que de comprendre comment ils la vivent : Barb, avec une réticence parfois hypocrite
qui alimente sa peur du qu'en dira-t-on. Nicki avec ses craintes issue de sa propre famille disfonctionnelle. Margene, en s'emerveillant de faire enfin partie d'une famille nombreuse et aimante (Margene ne verrait pas d'inconvénient à le clamer à la face du monde, et voudrait même que Bill épouse une autre femme). Bill en inscrivant son besoin d'amour issu de sa propre insécurité fondamentale d'enfant abandonné dans un cadre de principes religieux, afin de se démontrer à lui-même qu'il n'est pas polygame par opportunisme, mais par conviction.

Surtout Big Love, comme son titre l'indique est avant toute chose une histoire d'amour. La plupart des grandes et belles histoires de ce genre peuvent se résumer ainsi : "notre amour à tous les deux contre le monde entier". C'est aussi le cas pour Big Love… seul le nombre change.

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Published by Struggling Writer - dans Séries Télé
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