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Articles Par Mois

2 avril 2008 3 02 /04 /avril /2008 11:21
Vous voulez écrire un scénario. Vous avez une vague idée d'histoire, et vous avez lu tous les livres possibles et imaginables sur la dramaturgie : Story de Robert McKee, La Dramaturgie, d'Yves Lavandier, Save the Cat de Blake Snyder, How to Write a Movie in 21 Days de Vic King, The Moral Premise de Stanley D. Williams, The Writer's Journey de Christopher Vogler, les excellents ouvrages de Syd Field etc. Vous avez fait vos recherches, vous utilisez tous les trucs des manuels : où placer votre incident déclencheur, comment créer votre protagoniste, comment construire votre histoire selon un plan rigoureux en trois parties et quel thème central vous allez mettre en valeur…

Enfin, le moment arrive de rédiger votre première scène.

Et là, toutes les belles théories ne tiennent plus.

Votre belle construction vous semble soudain aride. Vos personnages manquent de vie. Vous ne savez pas où commencer. Bref, malgré votre motivation et votre travail préliminaire, vous ne semblez plus ressentir l'envie de raconter l'histoire que vous avez amoureusement construite. On appelle cela l'angoisse de la page blanche. Vous vous dites qu'il faut vous prendre en main surmonter cela et, sans enthousiasme, vous vous lancez dans l'écriture scolaire de votre première scène. Tant pis pour l'envie, vous pensez en savoir assez pour vous reposer uniquement sur votre technique. Vous vous dites "Bien… allons-y ! Déterminons quel est le conflit, faisons de l'exposition sans en avoir l'air, utilisons tous les trucs possibles et imaginable. Soyons scolaires, soyons malins, et tant pis pour l'inspiration."

Ça y est, vous êtes lancé ! Et joie ! votre scénario avance… certes péniblement, certes d'une façon purement intellectuelle, mais c'est mieux que rien, non ? "Il sera toujours possible de lui insuffler un peu plus de vie à la réécriture." pensez-vous.

Vous arrivez au début du deuxième acte, et là, vous vous rendez compte que vous n'y arrivez plus. Vous relisez ce que vous avez écrit et vous êtes désespéré. C'est nul. C'est froid. C'est sans vie. Et ça ne raconte pas du tout ce que vous vouliez que ça raconte. Certes, si vous avez un tant soit peu de technique de rédaction et de construction, c'est vendable, c'est peut-être même intéressant. Mais ce n'est pas à la hauteur de ce que vous espériez. Ça manque tout à fait d'originalité. "Bon, peu importe… Après tout, on verra bien par la suite."

Mais le deuxième acte vous résiste encore. Vous travaillez de plus en plus. Vous angoissez. Vous tournez en rond. Vous relisez les livres de vos maîtres à penser et plus rien ne semble avoir de sens. Vous ne voyez même pas comment appliquer cela à la situation que vous avez créé. Désespéré, vous commencez à regarder les petites annonces pour savoir si vous pouvez encore changer de métier.

Puis, miracle, ça se débloque. Vous trouvez une solution, ou bien vous décidez de continuer en vous basant encore une fois sur la théorie. Bien. Il faut une histoire secondaire. Introduisons un nouveau personnage. Créons un conflit. Et surtout avançons, avançons, avançons.

Ta-dam ! Ça y est ! Le scénario (enfin sa première version) est terminé. Un bel effort. Bravo, vous êtes content, vous y êtes arrivé, c'est un miracle, encore une fois vous avez eu raison de la divine inspiration !

Et pourtant, vous n'êtes pas satisfait. Au fond de vous vous savez que vous auriez pu faire mieux. Mais bon, pas grave… Tous les théoriciens le disent, ce qui importe : c'est la réécriture. Vous vous lancez immédiatement dans la réécriture, vous faites lire à quelques personnes de confiance, vous tenez compte de leurs remarques. Et hop ! vous retravaillez. Le nez sur le guidon, vous réécrivez vos scènes, vous réagencez, vous diagnostiquez, sans jamais faire de pause jusqu'à ce que vous ayez une deuxième version. Puis, vous sortez votre scénario sur papier et vous le relisez.

Et là, vous vous apercevez que les problèmes que vous avez reglé en ont créé d'autres. Donc vous recommencez. Vous réécrivez. Vous cherchez de nouveaux angles. Vous créez de nouveaux personnages. De nouvelles situations. Et plus vous réécrivez, moins votre scénario ressemble à quelque chose. Mais vous insistez. Vous êtes décidé à aller au bout (bravo ! à ce stade beaucoup auraient abandonné). Au final vous rédigez vingt-trois versions, ce qui vous prend quatre ans de votre vie et vous ne pouvez vous départir du sentiment que la vingt-troisième n'est pas meilleure que la première. Convaincu que votre talent n'est pas à la hauteur de vos attentes, vous décidez alors de vous retirer dans un monastère trappiste ou de vous lancer dans une carrière de rédacteur de manuels d'instruction d'appareils électroniques.

Que s'est-il passé ?

Est-ce que votre problème vient du fait que vous n'êtes pas un authentique scénariste ? Avez-vous manqué d'inspiration ? Est-ce que vous n'avez pas travaillé assez ? Est-ce que vous êtes trop dur envers vous-même ?

En fait, rien de tout cela, et c'est même le contraire. Vous avez juste oublié un détail, un détail qui n'est quasiment jamais abordé dans les manuels de scénario. La créativité, ça demande de prendre son temps et de faire confiance à ses intuitions. Ça ne veut surtout pas dire qu'on ne doit pas se forcer à travailler de temps en temps… mais il faut savoir quand travailler et quand se tenir loin de son ordinateur (ou de son stylo, ou de sa machine à écrire).

Parfois il faut juste s'autoriser à passer à un autre mode de réflexion.

Le psychologue anglais Guy Claxton dans un excellent livre (hélas non traduit en français) appelé Hare Brain - Tortoise Mind explique que la créativité la plus efficace se découpe en quatre période : recherches, gestation, illumination, rédaction. Or, les manuels de scénario mettent principalement l'accent sur les recherches  et sur la rédaction. En revanche, pratiquement aucun n'explique que la gestation est absolument nécessaire à l'écriture ni comment entrer dans le mode de pensée propice à la gestation. Normal. La période de recherche et la période de rédaction sont avant tout des périodes de rationalisation. C'est à dire des moments où le langage et la théorie sont absolument nécessaires… et justement ces auteurs nous parlent de théorie, de raisonnement (à part peut-être Vic King, qui donne une solution assez unique pour écrire un scénario sans passer par la période de gestation. Ça peut marcher, mais sa méthode ne permet pas d'en écrire un deuxième).

Qu'est-ce que la période de recherche ? On pourrait croire que c'est le moment où l'auteur, ayant déterminé son sujet, doit se documenter. Loin s'en faut : c'est aussi et surtout la recherche d'idée. Dans un premier temps, il s'agit bien de tenter de se forcer à trouver une idée. Et vous savez quoi ? La plupart du temps, ça ne marche pas. L'idée qui apparaît ainsi est une "fausse" bonne idée. Les solutions forcées se trouvent être d'atroces clichés. Les personnages créés ainsi tournent vite aux stéréotypes. Les caractérisations sont des gimmicks. Mais peu importe, il faut quand même tenter. De temps en temps, il arrivera même qu'une idée trouvée de cette façon soit utile, voire séminale. Il faut la mettre de côté comme un prospecteur qui trouve une pépite d'or dans son tamis.

Ensuite, et seulement ensuite, il faut laisser une période de gestation. Par votre première approche, vous avez activé un processus inconscient et à présent, vous devez attendre que votre subconscient trouve tout seul la solution. C'est un peu comme lorsque vous avez un mot ou un nom sur le bout de la langue : dans un premier temps, plus vous forcez votre esprit à trouver la solution (qui ne peut pas être loin), plus celle-ci vous échappe. Puis, après que vous ayez abandonné, quelques minutes ou quelques heures peuvent passer, et le mot jaillit de nulle part, alors que vous étiez en train de faire autre chose. Pour votre histoire, ce sera la même chose.

Une erreur commune est de croire qu'avoir des illuminations est un talent particulier que seuls quelques individus choisis par les muses peuvent espérer avoir. Des études ont démontré que pratiquement tous les individus avaient cette capacité à "penser inconsciemment". Ce qui varie selon les individus, c'est surtout la confiance qu'ils accordent à cette pensée intuitive. Plus vous avez confiance dans vos intuitions, plus vous avez de chances que celles-ci soient fertiles. Ça ne veut pas dire pour autant que toutes vos intuitions seront bonnes.

En fait, cela se passera ainsi : vous travaillez sur votre construction pendant quelque jour, peut-être sous la forme d'un "brain storming", en tout cas d'une façon conventionnelle. Puis, alors que vous avez bien avancé, vous vous rendez compte que ce que vous faites n'est pas très bon. Vous examinez pourquoi. Vous cherchez le plus rationnellement possible à cerner le problème. Et quand vous l'avez fait, vous y réfléchissez longtemps (on ne sait jamais l'illumination peut venir tout de suite). Quand vous êtes bloqué, arrêtez tout. Prenez quelques jours ou quelques heures, et faites autre chose. Laissez votre cerveau tranquille et permettez-lui de se lancer dans une autre tâche. Certains en profiteront pour se faire plaisir (prendre un bain, se relaxer), d'autres se lancerons dans des journées entières de ménage, d'autres encore feront du sport ou se lanceront dans un jeu répétitif sur ordinateur (J.K Rowling, créatrice de Harry Potter, est devenue ainsi une championne du démineur).

Peut-être que ça vous angoisse, parce que vous avez l'impression de ne pas travailler. Après tout, on vous a toujours dit que seuls les efforts sont récompensés et que l'oisiveté est mère de tous les vices…

Sauf que vous êtes scénariste (ou en tout cas écrivain, ça marche aussi), et que vous devez être créatif : il vous faut donc absolument laisser à votre esprit intuitif le temps de travailler. Ça s'appelle la phase de gestation. Ça fait partie de votre travail. Acceptez le, appréciez le, ne culpabilisez pas et profitez-en. (Bien sûr, si le travail de gestation occupe considérablement plus de temps que les périodes que vous passez réellement à travailler ou à rédiger et qu'il ne produit aucune illumination notable, inquiétez-vous sur votre choix de carrière…)

Mais si vous n'avez pas eu de moment "eureka" attendre quelques jours pour revienir à la table de travail lors d'un blocage a presque toujours des résultats spectaculaire. Pendant la première demi-heure, tenez bon car le blocage risque d'être toujours présent. Mais une fois que vous avez passé le stade du démarrage, et d'un seul coup, il est fort probable que les idées arriveront de nulle part. Des solutions élégantes se dégageront, vous aurez des idées originales, vos personnages prendront de nouvelles dimensions. C'est magique (et pourtant non, c'est juste l'esprit humain au travail).

C'est après ce moment que les théories vous serviront vraiment, non afin de vous donner des instruction à suivre pour la construction de vos histoires, mais pour vérifier la validité de vos intuitions et pour vous aider remplir les vides qu'elles auront éventuellement laissés. Sachant, bien sûr, que certaines de vos intuitions seront peut-être si claires, si originales et si puissantes, qu'elles remettront en cause une grande part des théories apprises, tout en prenant en compte des principes fondamentaux de la construction. Si c'est le cas, bravo ! j'ai hâte de voir votre œuvre sur un écran (ou ailleurs).

Être capable de déterminer à quels moments il faut se laisser la possibilité d'entrer en période de gestation est peut-être la plus précieuse compétence qu'un écrivain puisse posséder. Une pause peut être nécessaire à n'importe quelle étape du processus d'écriture, parfois même lorsque vous ne vous n'êtes pas certain qu'il y a un problème à résoudre, mais parfois elle peut juste vous embrouiller. Il importe donc tout de même de ne pas abuser du processus mais d'apprendre à le maîtriser.

Notre conscience fonctionne par raisonnement. Le langage peut donc facilement devenir un piège car il parvient à vous convaincre qu'une idée qui ne vous passionne pas est suffisante pour avancer, et vous paierez ce manque de foi dans vos intuitions par un résultat créatif médiocre. Forcer la solution à arriver est une nécessité, dans un premier temps, mais toute période où vous tentez de forcer la solution par votre technique – que ce soit lors de l'élaboration, de la rédaction ou de la réécriture – doit être suivie d'une période de gestation (qui peut selon les cas durer une heure ou quelques jours) pour donner à votre esprit intuitif la possibilité de proposer sa solution, solution qui sera souvent bien meilleure, plus originale, en un mot plus créative que celle obtenue par le raisonnement.

N'est-ce pas une chance d'avoir choisi ce métier ? Vous avez à présent une excuse toute trouvée pour acheter cette console de jeu dont vous rêviez…

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Published by Struggling Writer - dans Fictions en général
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commentaires

Yves Lavandier 25/04/2012 12:23


Cher Denys,


J'ai le plaisir de vous faire savoir que j'ai tenu compte de votre commentaire dans "Construire un récit".


Merci d'écrire des posts stimulants.


Bien cordialement


Yves

Struggling Writer 21/02/2013 00:00



Cher Yves,
Je suis très flatté d'avoir eu une influence sur un de vos ouvrages, j'ai hâte de le lire. Désolé d'y répondre si tard, mais ce commentaire m'avait échappé… 
Merci d'écrire des livres qui attirent l'attention sur le besoin de maîtriser la technique et qui, de ce fait, contribuent à promouvoir l'excellence en matière de scénario dans un pays qui a trop
tendance à en sous-estimer l'importance !
Amitiés,
Denys 



Yves Lavandier 29/03/2009 12:24

Cher Denys, pas de souci. Je ne l'ai pas du tout pris comme une critique perso et je suis d'accord à 100 % avec votre réponse. Votre démarche complète la mienne avec bonheur.

Yves Lavandier 26/03/2009 11:03

Très intéressant. J'aime beaucoup cette notion de "recherches, gestation, illumination, rédaction". Je la défends ardemment dans mes ateliers d'écriture et j'étais persuadé en avoir parlé dans "La dramaturgie". J'ai vérifié. Il n'y a pas grand chose en effet. Je dis qu'une œuvre dramatique mûrit sans qu’on y touche, ou plutôt que c’est nous qui, en acquérant du recul, mûrissons par rapport à elle. Plus loin, je rappelle qu'écrire consiste parfois à… ne pas écrire et qu'un récit a besoin de maturation. Mais c'est un peu léger. J'irai plus loin dans la prochaine version. Merci pour l'article.

Struggling Writer 29/03/2009 09:19


Merci pour ce retour qui me permet de souligner que le titre de mon article m'est apparu depuis lors comme un peu injuste (mais tellement plus accrocheur que "ce qui n'est abordé que rapidement
dans les manuels de scénario !") : en les relsiant, je me suis en effet apperçu que votre ouvrage (et la plupart des autres que j'ai pu cité) aborde(nt) plus ou moins en passant la question de la
gestation et le fait qu'il faille prendre du recul par rapport à l'œuvre. Cependant, ce qui ressort généralement de la lecture de tels ouvrage (et c'est un peu le but) c'est l'importance d'utiliser
la raison analytique, la connaissance théorique et la réflexion consciente pour obtenir une construction dramaturgiqe qui tienne debout (c'est un peu inhérent à la forme même d'ouvrages qui sont en
partie théorique et en partie pratiques). Cette part de travail sur la mécanique dramatique est bien sûr essentielle (la raison est compléméntaire de l'intuition, non son ennemie, comme on le croit
trop souvent dans notre pays ou la vision de l'artiste "inspiré" par Dieu ou les muses est trop souvent considérée comme incompatible avec celle des anglo-saxon selon laquelle il est en premier
lieu un artisan).

Il ne faut donc pas voir pour autant dans mon article la moindre critique de ma part envers les manuels sur la dramaturgie, qui sont bien à mes yeux un outil essentiel de créativité pour un
scénariste, surtout en France, où la dramaturgie, la construction du récit, sont des aspects de la création quasiment ignoré lors de la formation littéraire générale au profit de l'étude morcelée
d'extraits de texte et de l'analyse stylistique. Merci pour votre travail de pionnier dans ce domaine.


Ray 10/09/2008 23:25

intéressant comme raisonnement, c'est sympa de voir des mots sur un processus employé inconsciemment ;)

Struggling Writer 15/09/2008 21:46


Merci !


Frédérik 01/05/2008 23:21

Fiooouuu c'est complet tout ça ; c'est surtout très vrai ;)

Struggling Writer 02/05/2008 05:55



Merci !



ericl 03/04/2008 22:57

Tres instructif.Lorsque j'écris un scénario de jeu de rôle, je me rends compte que je n'arrive pas à me débloquer les idées et trouver quelque chose de vraiment "enthousiasmant" (et pas juste "bien"), tant que je ne commence pas à travailler sur la musique (ce qui, "normalement", se fait après avoir fini le scénario). C'est lors de cette préparation que tout se débloque (illumination ?) et que je suis enfin capable d'écrire mon vrai scénario. Il faut donc que j'aborde le sujet par un nouvel angle, plus indirect et surtout beaucoup plus intuitif (gestation ?).Autrefois, je passais du temps à faire autre chose et à me vider l'esprit mais, la plupart du temps, c'est beaucoup plus lent et surtout plus incertain.

Struggling Writer 04/04/2008 11:53


Oui, c'est exactement cela. Cette sensation que tout se débloque, l'illumination, doit être préparée par une période de gestation où notre esprit rationnel est au repos, où il ne cherche pas la
solution pour que "l'esprit intuitif" qui est plus lent puisse travailler de son côté. Je décris ici le processus pour les scénariste de film, mais il fonctionne de la même façon pour toutes les
tâches créatives, y compris la recherche mathématique.

Pour être créatif, il importe de savoir quand on doit arrêter de "penser" pour laisser la possibilité à l'esprit intuitif de fonctionner. Cela implique d'accepter le fait que créer, c'est se donner
la possibilité de la lenteur et d'une approche plus intuitive. Difficile dans une société ou l'injonction principale est d'aller toujours plus vite et d'exprimer rationnellement ses choix. Il y a
peut-être une forme d'incertitude, mais utiliser la capacité du cerveau à résoudre intuitivement les problème, cela s'apprend et cela peut même se systématiser. Il faut en effet encadrer la
gestation de périodes où la réflexion prend le dessus. Réfléchir à un problème créatif, c'est comme envoyer un message à notre inconscient. Il faut ensuite attendre qu'il nous réponde par retour de
courier, et cela prend du temps. Il importe de ne pas forcer le processus d'illumination mais aussi de ne pas se reposer uniquement sur lui. Lorsqu'un certain temps de gestation est passé, il
suffit souvent simplement de se remettre au travail pour que l'illumination survienne. Apprendre à évaluer ses besoins intuitifs et à savoir quand il faut penser sans réfléchir est une compétence
précieuse qui ne sert pas qu'au scénariste, mais le seul moyen de l'apprendre est de se donner le temps et l'opportunité de le faire, bref, de l'expérimenter sur soi-même.