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Articles Par Mois

19 septembre 2008 5 19 /09 /septembre /2008 10:16
Le film Redbelt pouvait-il vraiment rencontrer le public qu'il méritait ? Ecrit et réalisé par David Mamet (La Prisonnière Espagnole, Spartan, Homicide, mais aussi les scénario des Incorruptibles de De Palma, de Hannibal de Ridley Scott ou du Verdict de Lumet), Redbelt est un parfait exemple de son écriture exigeante, maîtrisée, et non conventionnelle, avec des dialogues naturalistes au style immédiatement reconnaissable.

C'est aussi un "film d'art martiaux", qui parle du ju-jitsu brésilien et des Mixed Martial Arts (cherchez sur google si vous ne savez pas ce que c'est). Autant dire que les pauvres critiques (surtout français) étaient totalement déroutés. Pendant tout le film, ils devaient penser "Est-ce un film d'auteur ou un film de baston ?" Leurs neurones étant trop occupés à traiter de cette question insoluble (plus encore que : la tomate, légume ou fruit ?), ne pouvaient se concentrer sur autre chose, en particulier sur les scènes qui se déroulaient sur l'écran. Dommage, parce que c'est un film un peu exigeant et qui demande une certaine capacité d'attention pour comprendre que c'est un des films les plus intéressants de cette année.

Dans Redbelt, le prémisse est classique et faussement simple : un homme vit selon un code moral exigeant et se retrouve suite à un enchaînement de circonstance en position de devoir remettre en cause ce code pour pouvoir avancer. Le fera-t-il ? Jusqu'à quel point acceptera-t-il de faire des concessions ? A quel moment la fierté devient-elle de l'orgueil ? Mamet traite ici peut-être de la difficulté qu'il a lui même de se confronter à Hollywood (en particulier lors de son expérience au commandes de la série télé The Unit), mais il est évident que ces interrogations éternelles mais traité ici avec une modernité indéniable, auraient dû susciter un meilleur écho chez nos contemporains…

Les résonnances de Redbelt vont d'ailleurs bien au-delà de ce qu'on pourrait attendre d'un tel prémisse.  On croit à tort que David Mamet est cérébral et qu'il traite de choses compliquées, juste parce qu'il a un style personnel. En fait, il raconte presque toujours des histoires d'un grand classicime et d'une formidable simplicité avec un style personnel et immédiatement reconnaissable (ce qui me semble une forme suprème d'art).

Comme souvent chez Mamet, le réalisme de surface (qui ne l'empêche pas heureusement d'éviter le piège de la vraisemblance à tout prix : entre une option vraisemeblable et une option signifiante, Mamet choisira toujours ce qui a le plus de sens) sert à poser un univers métaphorique de faux-semblants et de mensonges.  L'énorme différence entre Redbelt et toutes les autres histoires du genre, c'est qu'il est évident que son auteur ne possède pas la moindre once de naïveté sur la nature humaine (sans pour autant tomber dans le cynisme). Ses personnages existent, qu'ils soient un manager corrompu, une avocate perturbée, ou un vieux "action heros" d'Hollywwod dépressif, et son héros lui-même, tout talentueux qu'il soit dans son domaine, tout moral qu'il puisse être, n'apparaît pas "bigger than life"…
La fin ne paraît donc pas donnée d'avance (et je vous laisse la découvrir).

Si vous avez l'occasion de voir ce film rare, passé quasi inaperçu à sa sortie, n'hésitez pas. Et ne vous arrêtez pas à la simple lecture de son sujet. C'est l'une des œuvres maîtresses d'un très grand artiste.

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Published by Struggling Writer - dans Cinéma
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commentaires

david sarrio 04/10/2008 14:34

Pour faire mon puriste (en tant que pratiquant de ce sport), on dit jiu jitsu brésilien :-)
Je regrette d’ailleurs que les aficionados et les pratiquants de ce sport semblent passer à coté de ce film riche, Qui est, entre autre, une bonne réflexion sur le combat et le combattant.