Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Important

Inscrivez vous à la Newsletter pour être prévenus des nouveaux articles.

Votre adresse e-mail restera confidentielle, et ne sera pas communiquée à des tiers.

Rechercher

Articles Par Mois

3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 16:10
Le premier Hellboy m'a laissé plutôt froid à sa sortie. En le revoyant récemment, je l'ai revu à la hausse, en grande partie grace au talent visuel de son réalisateur, même si le scénario ne me convaint pas. Le film hésite sans arrêt entre deux points de vue : celui du jeune agent Myers et celui de Hellboy. Le but, j'imagine, est de permettre au spectateur de percevoir la monstruosité de Hellboy avant de pouvoir s'identifier à lui, mais  le film ne parvient jamais tout à fait à synchroniser sa thématique et la multiplicité de ses points de vue. Résultat : un film trop complexe narrativement par rapport à la simplicité de son prémisse (à savoir : l'humanité est une question de choix non d'apparence).

Néanmoins, à l'évidence, il s'agit de Guillermo del Toro (L'Echine du Diable, Le Labyrinthe de Pan), un des cinéastes actuels les plus intéressants,  j'ai donc donné une chance à Hellboy II, et je dois dire que cela en valait la peine. Pour moi, aucun doute, le film est bien supérieur à l'original, tant du point de vue visuel que dans son approche narrative. Le scénario du deuxième se débarrasse de Myers, ce qui donne un sentiment ambivalent juste après la vision du premier que le trajet de Myers, destiné à prendre la place de Trevor Bruttenholm auprès de Hellboy - John Hurt - est un frustrant coup d'épée dans l'eau,  mais que cela assurera sans conteste une meilleure unité à la sequel : cette fois, le point de vue restera celui du monstre.

Si le premier film était très lovecraftien, celui-ci est plus ancré dans un folklore de conte de fée et possède les atouts du genre : le trajet de Hellboy y est plus satisfaisant parce qu'obéissant au voyage du héros traditionnel : départ vers le monde magique, fausse victoire, fausse défaite, ordalie, mort et résurrection. On appréciera particulièrement le fait que Hellboy s'y montre réticent à tuer ses ennemis, et la mélancolie qui se dégage de chacune de ses victoires, d'autant que son opposant, le prince elfe Nadua, possède une véritable noblesse et de bonnes raisons de vouloir combattre l'humanité – et que les humains eux-mêmes, y compris lorsqu'ils sont protégés par Hellboy, se montrent mesquins et intolérants. On peut y voir une métaphore écologique, mais aussi un echo, cher à Guillermo del Toro, de la disparition d'un imaginaire païen ambigu au profit de figures plus dualistes.

De plus, le deuxième Hellboy pose d'intriguants jalons pour un troisième opus, malheureusement rendu incertain et lointain par l'engagement de Guillermo del Toro sur The Hobbit pendant les quatre prochaines années (ainsi qu'une opposition artistique entre Del Toro et Mignolia sur la façon de conclure la trilogie). Quoiqu'il en soit, là où le premier Hellboy était un film quasi expérimental un peu froid, le deuxième s'avère une œuvre de maturité, belle, pleine d'humour, et profonde, non moins convaincante dans son genre que le Labyrinthe de Pan.

Partager cet article

Repost 0
Published by Struggling Writer - dans Cinéma
commenter cet article

commentaires

Bébert 13/04/2011 12:55



J'ai bien aimé les films, puis j'ai découvert la BD... et depuis, je n'arrive plus à apprécier autant les films : c'est très étrange, quand on sait que Mignola travaille avec Del Toro. Pourtant,
rien n'y fait, je trouve l'adaptation ciné trop fade, par rapport à la version papier. D'ailleurs, j'hésite presque à qualifier ce travail "d'adaptation", tant les univers me semblent différents.


Après, les goûts et les couleurs...



Struggling Writer 13/04/2011 20:12



Je dois faire un aveu : j'ai lu la B.D. avant les films, mais… le premier recueil m'est tombé des mains. Je me suis juste ennuyé et je n'ai jamais ressenti le besoin de lui donner une deuxième
chance. C'est un peu pour ça que je n'en parle pas beaucoup dans l'article, parce que je n'ai pas d'explication à la raison pour laquelle je n'ai pas adhéré à la BD...