Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Important

Inscrivez vous à la Newsletter pour être prévenus des nouveaux articles.

Votre adresse e-mail restera confidentielle, et ne sera pas communiquée à des tiers.

Rechercher

Articles Par Mois

2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 08:24
A propos de la loi HADOPI qui vise à empêcher le téléchargement de films piratés sur intenet, Alain Corneau répète sur tous les tons que "Quand on me dit que cette loi est liberticide, ça me rend fou furieux." J'attendais mieux de l'auteur du splendide Choix des Armes, magnifique film noir des années 70 sur les conflits de génération entre la vieille garde et la jeune école, qu'une réthorique Sarkosiste qui utilise l'émotionnel comme tremplin à une réforme répressive. Oui, la possibilité d'interdire l'accès à internet à un foyer sans possibilité réelle de se défendre (à moins d'avoir pris ses précautions en achetant un "logiciel de surveillance" agréé - Orwell avait-il prêvu que les citoyens devraient payer pour que Big Brother les surveille ?) est liberticide, et le fait d'utiliser le manteau du droit d'auteur pour dissimuler à ses propres yeux la possibilité des dérives que cela entraînera (danger pour le logiciel libre, attaque de la présomption d'innocence, etc.) n'y change rien.

Lorsque Corneau affirme que ceux qui protestent contre la loi veulent juste pouvoir continuer à pouvoir télécharger gratuitement, il oublie que tout le monde n'a pas forcément une vision à court de terme de ses intérêts de caste et qu'il y a plus d'une façon de régler un conflit. On peut être créateur, vouloir être rémunéré pour son travail, mais aussi trouver un avantage au fait que ses futures œuvres soient le plus largement diffusées auprès du public (ce qu'internet et la gratuité permettent), voire s'inquiéter sincèrement des dispositions d'une loi qui tord le cou à la présomption d'innocence même si c'est de façon "graduée"…

J'ai travaillé, il y a plusieurs années, pour un organisme de droit d'auteur (la SPADEM aujourd'hui disparue). J'ai toujours été particulièrement sensible à la question des droits d'auteur et de la rémunération des artistes. Aujourd'hui, je suis scénariste. Joindre les deux bouts est souvent difficile, et arriver à avoir un premier film "réputé réalisé" est un parcours du combattant émaillé de déceptions profondes, de découragement et d'indignation devant la façon dont les scénaristes sont encore trop souvent mal considérés en France. Je ne baisse pas les bras, et je continue d'attendre parmi les projets sur lesquels j'ai travaillé de voir lequel finira par aboutir, tout en sachant qu'il y a peu de chance que ce seul projet soit assez rémunérateur pour compenser les longues années de vaches maigres. Cependant, si un jour je parviens à sortir de mes difficultés économiques, ce sera parce que le public est allé voir les films auxquels j'ai collaboré et que je toucherai une juste rémunération sur le travail accompli.

Et pourtant, je suis contre la loi HADOPI.

Je ne laisserai pas une poignée de réalisateurs et d'artistes – aussi importants et célèbres soient-ils – parler en mon nom. Désolé, mais à lire et à entendre les 40 artistes qui défendent la loi, j'ai du mal à croire qu'ils soutiennent "les petits" et les jeunes artistes. En tant que jeune créateur, leur discours m'apparaît à la fois rétrogade pour ce qui est de la morale et idiot pour ce qui est de la stratégie, et je me demande vraiment si ces hommes et femmes censés avoir de l'imagination ne se sont pas laissés embobiner par leur entourage ou des groupes d'intérêts économiques à défendre une cause qui est de façon si manifeste contraire à leur intérêt.

Tous les artistes français, heureusement, ne sont pas tombés dans le panneau de l'HADOPI et certains ont déjà compris que la gratuité peut faire partie du modèle économique du futur sans forcément empêcher que la création artistique puisse génèrer les profits qui permettent son développement et sa diversité. Mais ceux qu'on entend le plus en ce moment sont ceux qui prennent la défense de l'HADOPI. Thomas Dutronc n'hésite d'ailleurs pas à traiter ceux qui n'entrent pas dans le rang de démagogue. Pour couper court, je ne suis pas contre l'HADOPI parce que j'ai peur de me mettre à dos les internautes (je m'en fous) mais parce que sanctionner le téléchargement gratuit, c'est transformer une opportunité en obstacle. Sun Zsu lui-même dirait que c'est très con (ce n'est pas une citation exacte, notez).

La gratuité semble être le principal cheval de bataille de la plupart des artistes contre la loi HADOPI : "Cette loi a le mérite de signaler au public qu'il n'y a rien de gratuit." nous assène par exemple Jean-Jacques Annaud (un cinéaste pour lequel j'ai par ailleurs la plus grande admiration). Ah bon ? La possibilité d'accès libre à des œuvres en bibliothèques n'est donc pas une forme de gratuité ? (Voilà qui m'étonne de la part du réalisateur du Nom de la Rose). Et regarder un film diffusé sur la télévision hertzienne et l'enregistrer gratuitement est donc plus cher qu'un téléchargement sur internet et un gravage sur DVD ? Je ne parle même pas par exemple d'emprunter un DVD à un copain pour voir gratuitement le film qui se trouve sur ce support...

Bien sûr, me direz vous, les bibliothèque ne sont pas 100% gratuites puisqu'elles sont subventionnées par les impôts. Bien sûr, la redevance n'est pas gratuite, pas plus que les supports d'enregistrement. Mais, dans ce cas, on ne saurait non plus accuser l'internaute de perpétrer un "crime de gratuité", puisqu'il paye son abonnement et son matériel informatique (et les supports tels que les disques durs externes ou lecteurs mp3 sont taxés sur la copie privée). Mais pour les artistes, payer son abonnement (ou sa redevance) et une taxe sur les supports informatiques n'est pas suffisant pour considérer qu'un téléchargement est payant.

Il ont bien sûr en partie raison, puisque le problème n'est ici pas la gratuité (qui est, contrairement à ce qu'on nous dit, un modèle valide de relation économique entre un spectateur et une œuvre de l'esprit) mais la rémunération juste d'un travail (qui permet une relation économique saine entre un créateur et l'œuvre qu'il a produite), rémunération qui peut prendre d'autres formes que la vente directe (par exemple la publicité ou la mutualisation) et qui n'est donc absolument pas incompatible avec la gratuité.

Petit rappel : les chiffre des salles de cinéma sont en très bonne santé ces derniers temps malgré le piratage (+11,5% en 2008) et l'augmentation affolante du prix des billet (14 € la place… mais les voleurs ce sont les internautes ?). Cependant, oui, les chiffres de vente des DVD baissent de façon inquiétante (on est passé de 1.9
à 1.3 milliard d'euro de vente par an), à l'évidence, nous dit-on, en raison des téléchargements. C'est peut-être évident, mais il convient tout de même de se demander pourquoi…

Est-ce la concurrence d'une offre gratuite qui est seule en cause ? Il serait pourtant facile de compenser cette perte pour l'industie cinématographique par une mutualisation, qu'il s'agisse de la fameuse licence globale, d'un reversement des bénéfices des fournisseurs d'accès, ou de tout autre modèle économique permettant de rémunérer les auteurs et les producteurs d'une façon juste par rapport à la somme des téléchargements.

Une offre "gratuite" et légale deviendrait donc possible, et les profits générés offrirait un poumon bienvenu – et stable – à l'industrie du cinéma. Evidemment, cela mettrait un frein considérable à l'industrie des "supports solides" (DVD, CD, et à terme Blue Ray) mais il y a fort à parier que la convergence numérique sonnera tôt ou tard le glas de ces modèles économiques. Ce n'est pas nouveau. Une technologie, si elle est plus pratique pour l'utilisateur et lui offre des avantages plus adaptés à son mode de vie, s'imposera.
Peut-être le support concret de film est-il tout simplement obsolète (essayez de faire entrer un DVD dans un iPod ou de stocker deux-cent cinquante DVD dans un appartement de 50 m) ?

Le congrès américain a lui aussi adopté des textes de loi similaires à l'HADOPI proposant des ripostes graduées et des peines lourdes pour les pirates (qui ne sont pas ceux qui téléchargent les œuvres mais ceux qui les mettent en disponibilité) - cf. the Family Entertainment and Copyright Act of 2005 (S.167/H.R. 357). On peut dire aujourd'hui que c'est un échec flagrant. Son seul résultat est de rendre hors la loi la majorité des adolescents américains. Une loi qui est systématiquement violée est une mauvaise loi, (surtout quand elle n'améliore pas la situation de l'industrie qui a poussé à la faire voter), et aujourd'hui, même Warner Bros. se déclare pour la licence globale...

Les Français sont en retard d'un train. L'avertissement de Jacques Attali selon lequel les artistes doivent précéder le mouvement vers une législation plus efficace que la mesure Albanel de répression même graduée (les pirates trouveront rapidement le moyen de rendre indétectables les téléchargements illégaux), devrait être reçu par les artistes comme étant dans leur intérêt bien compris. Au lieu de ça, ils ont préféré lui opposer une réponse vexée et irréfléchie, se drapant dans une posture de principe sans jamais expliquer rationnellement leur position vis-à-vis de la loi HADOPI. Ils poussent le déni, ou la mauvaise foi, jusqu'à accuser Attali de ne rien proposer pour le financement du cinéma… alors que, contrairement à l'HADOPI, la licence globale qu'il préconise et la stratégie qu'il conseille aux artistes offrent une vraie perspective de compensation financière pour la création artistique malmenée par le piratage. Je suppose qu'on ne peut pas aider les gens malgré eux.

En attaquant la gratuité, les artistes commettent donc une erreur stratégique (et une faute de logique). Ils laissent aussi supposer que leur soutien à le loi Hadopi n'est pas basée sur un désir d'adapter le droit d'auteur à un nouveau support mais qu'il provient d'un réflexe purement réactionnaire devant un monde qui change. Il voudraient ne pas être traités de passéistes, mais leur dicours s'effondre sous le poids de ses contradictions, pour se révéler même au troisième degré aussi réactionnaire qu'il le semblait à première vue : ils parlent de vol, parce qu'il ne comprennent pas ce qu'est le virtuel, ils s'accrochent à des formules du type : "c'est normal de punir les contrevenants" quand on leur parle de présomption d'innocence, et ils ne voient même pas le ridicule qu'il y a à comparer des œuvres reproductibles à l'infini à des baguettes de pain.

Comment comptent-ils donc expliquer à un adolescent qu'il est moralement acceptable d'écouter ou d'enregistrer gratuitement une chanson à la radio, de voir ou d'enregistrer gratuitement un film à la télé, de prêter ensuite le film enregistré dans son cercle d'ami, mais que, si le même acte est accompli sur et par internet, il doit être sanctionné ? En quoi ce simple changement de support peut-il justifier une différence conceptuelle aussi radicale qui rend deux actes similaires aux yeux du consommateur si différents au regard de la loi ?

La raison pour laquelle c'est "mal" de télécharger sur internet et qu'il faut "surveiller et punir" ceux qui le font, ce n'est pas, contrairement à ce qu'affirme Corneau et les autres, parce que "c'est gratuit" et que la gratuité instaurerait "de mauvaises habitudes de consommation", c'est simplement parce que la législation et l'industrie du spectacle sont en retard sur la technologie et que rien n'a été prévu pour en tirer une rémunération (alors que tout le monde le voit venir depuis dix ans). Si les artistes et les Majors s'étaient adaptés plus tôt et avaient réfléchi sur le meilleur moyen d'offrir sur internet des films et des musiques, il n'y aurait pas lieu de fliquer les usagers (surtout avec un dispositif qui n'offre aucune garantie que des innocents ne seront pas victimes de la riposte graduée ni qu'ils pourront se défendre). En refusant de reconnaître leur responsabilité dans cette situation, et en soutenant une loi qui ne résout pas le problème de la rémunation des œuvres téléchargées, les artistes qui soutiennent l'HADOPI font un choix stratégique qui sera dommageable à tous les artistes à l'avenir. Et il se trouve qu'en plus, cette loi est une saloperie.

Comme toujours, quand on défend une saloperie, les formules jésuitiques fleurissent. "On ne surveille pas les internautes, on surveille les œuvres !" nous affirme ainsi
sans rire le chanteur Da Silva avant d'ajouter : "Quand vous allez au musée, vous ne repartez pas avec un tableau sous le bras." "Quand on achète des légumes, on les paie. Mais il semblerait que voler une œuvre de l'esprit n'est pas un vol !"  renchérit le scénariste Jean-Claude Carrière. Malheureusement pour eux, l'atteinte au droit d'auteur (posséder une œuvre sans que son ayant-droit touche la moindre rémunération) n'est pas la même chose qu'un vol. Si je vole un tableau dans un musée, le public de ce musée n'y aura plus accès physiquement. Si je télécharge une œuvre piratée, l'œuvre ne disparaît pas et ne cesse pas d'être à la disposition du public qui voudrait la voir. Il y a donc une différence ontologique entre le vol et le téléchargement gratuit et non autorisé d'œuvres de l'esprit. Bien sûr, si l'acte de télécharger gratuitement prive les auteurs d'une juste rétribution financière, il faut trouver une solution – mais il s'agit bien à l'origine d'un acte différent d'un vol. L'appeler ainsi, c'est juste un moyen facile de faire naître le sentiment d'indignation bourgeois chez le chaland.

Je le répète, si le téléchargement gratuit participait d'un modèle économique qui permette de rémunérer justement les auteurs, télécharger ne serait pas plus néfaste ou moralement condamnable que de regarder un film à la télévision sans l'acheter sur une chaîne à péage... La télé hertzienne française offre en fait un très bon modèle économique de diffusion gratuite des œuvres cinématographiques… au plus grand bénéfice des artistes et des producteurs français (il n'y a qu'à voir les cris d'orfraie poussés par certains cinéastes lorsque TF1 a supprimé le film du dimanche soir).


Corneau rappelle justement que lors de la multiplication des chaînes de télévision, deux modèles ont eu cours : le modèle italien (où les profits générés par Berlusconi et consorts par la diffusion du cinéma n'étaient pas réinvestis systématiquement dans le cinéma) qui a sonné le glas de la création cinématographique en Italie et le modèle français (où Canal + et les chaînes hertziennes ont eu pour mission d'investir dans le cinéma) qui a permis à la création française de subsister. En favorisant une loi répressive et peu efficace qui ne permettra pas aux profits générés par internet grâce au cinéma d'être reversé à la création cinématographique, et qui est trop irréaliste pour empêcher de façon efficace le piratage, ne voit-il donc pas qu'il contribue à nous rapprocher du modèle italien, et qu'il aide à précipiter la catastrophe ? (Le piratage continuera au moins un temps, sans conséquence pour la majorité des téléchargeurs, et les profits du cinéma continueront de s'amenuiser).


Oui, il faut trouver une solution, mais la stratégie gouvernementale revient à ignorer l'opportunité qu'offre internet de générer un modèle économique réaliste qui permettrait une plus grande indépendance de la création artistique et cinématographique. En soutenant cette action et cette mauvaise loi
, les cinéastes installés privent, probablement avec les meilleures intentions du monde, la jeune création cinématographique française d'un avenir meilleur. Alors qu'ils devraient militer contre la loi HADOPI et en faveur de la mise en place urgente d'une loi proche de la licence globale, ils perdent un temps précieux à soutenir une loi incompatible avec cette dernière, une loi qui, au mieux, ne règlera pas le problème et, au pire, qui servira de cheval de Troie pour mettre en place des moyens de contrôle, de surveillance d'internet et de la vie privée (et non de régulation, n'en déplaise à Alain Corneau).

L
e seul argument contre la licence globale c'est Pascal Rogard qui le donne lorsqu'il dit que la licence globale est contraire au droit international. Oui… enfin l'HADOPI va à l'encontre des règlements européens et ça ne va pas l'empêcher de passer. Quant à dire, comem il le fait, que c'est un impôt injuste… est-ce moins injuste que de risquer se retrouver chez soi sans internet pendant six mois parce que votre voisin a téléchargé "Bienvenu chez les Chtis" en piratant votre wi-fi ? Est-il moins injuste de faire payer la licence globale (y compris à ceux qui ne téléchargent pas) que de faire payer la redevance télé (y compris pour ceux qui ne regardent jamais les chaines nationales et qui sont de plus en plus nombreux) ? De plus, il est hypocrite de dire que les internautes, y compris ceux qui ne téléchargent pas, ne bénéficient pas du téléchargement. Paradoxal ? Non. Le développement des offre de fournisseur d'accès et l'accroissement des bande passante est directement lié au téléchargement d'œuvres de l'esprit (films et musique en particulier), ce développement permet de baisser les coûts des offres, puisqu'il motive chez nombre d'internautes la demande et l'abonnement à des offres proposant des bandes passantes toujours plus grandes, qui, grâce à cette demande, ont un coût inférieur. Tout le monde y trouve donc son compte… sauf peut-être les auteurs dont le travail sert à enrichir les fournisseur d'accès sans qu'ils soient récompensés de ce coup de pouce donné à une industrie en pleine expansion.

D'ailleurs, pendant ce temps, les FAI installent la fibre optique sur les grandes ville, procédé qui améliore la rapidité de transfert de façon radicale. Et (j'en
a
i été le témoin direct) leur commerciaux expliquent sans complexe aux clients que, pour le téléchargement de films sur P2P, il n'y a pas mieux : deux ou trois minutes suffiront…

Certaines guerres sont perdues avant d'être commencées, non parce que c'est inévitable, mais en raison de l'incompétence stratégique de ceux qui les mènent : ainsi le gratin du cinéma français s'échine-t-il à défendre la mise en place d'une loi HADOPI qui ne sera rien d'autre que la ligne Maginot de l'ère virtuelle.

Partager cet article

Repost 0
Published by Struggling Writer - dans Cinéma
commenter cet article

commentaires

Animejason 07/06/2009 18:23

Lors d'une discution avec une connaissance j'ai eu un nouveau point de vue sur la licence/mécénat global(e). Cet personne est un "pirate" et est contre la licence globale (comme moi il estime que les artistes ne seraient pas "sage" avec une éventuelle licence et qu'ils réclameraient des dizaines voir centaines d'€uro de "redevance") il est pour une extension du droit à la copie privée pour le download et le streaming (tout en maintenant l'upload illégal) la tarification ne se ferait pas à l'œuvre puisque le téléchargement est juste toléré mais en bande passante consommé = 1€ les 10Go, la répartition rentre pour 50% dans la méthode actuelle de la copie privée, les autres 50% serait donné aux FAI pour améliorer l'offre légale. Là ou j'ai trouvé son système intelligent c'est justement dans les 50% donnés pour l'amélioration de l'offre légale : -Les ayant-droit sont obligés de participer si ils veulent toucher une partie des sommes-Comme les ayant-droit sont obligés de participer l'offre légale s'améliore pour tous "pirates" comme les non-pirates, c'est donc bien un système vertueux ou l'offre légale ne cesse de s'améliorer grâce aux piratages (mais aussi plus de bande passante est consommé légalement plus l'argent rentre aussi)-Cela va rendre les FAI plus incontournable dans le financement des œuvres aussi bien en amont qu'en aval et petit à petit remplacer la TV classique-Si on fait rentrer la pub dans le cercle vertueux alors les prix vont encore baisser (ex les internautes qui veulent la saison 4 de Heroes, s'inscrivent et plus nombreux ils seront plus de pub ciblés pourrait être vendu et faire baisser voir "offrir" la saison idem pour un film). -Quand l'offre légale sera mature il faudra évidement soit abandonner l'extension de copie privée soit abaisser ces couts (0.5€ pour 10Go)

Animejason 24/05/2009 16:49

C'est la ou est pas d'accord moi je vois l'exception culturel comme une gêne qui voudrait me faire payer plus cher en échange de rien, faut bien faire la part des choses les 40% de PDM sont les films en salle l'audience des films Français sur internet n'est que de 10 ou 15% c'est pas les même public les "pirates" ne font pas perdre d'argent directement aux créateurs Français, là ou les créateurs estiment perdre de l'argent c'est donc sur ses 85% de films étrangers notamment Américain qu'ils ne peuvent plus taxer et c'est taxe qui me dérange, pourquoi je dois payer un film Français de 2010 quand je vais voir Star Trek (pour prendre les exemples des artistes, je vois aucune bonne raison pour me faire payer des chaussures quand j'achète du pain). Faut pas se voiler la face si les prix des DVD devaient fortement baisser il serait impossible de continuer à faire autant de film Français et je suis pour une baisse importante des prix, c'est chiant devoirs commander et attendre tout le temps ses DVD importés (au fait même pas besoin de les commander en zone 1, les DVD Anglais sont zone 2 et les prix sont intéressant sinon y a aussi l'Allemagne qui a souvent la VF). C'est vrai c'est égoïste de vouloir mettre en danger de très nombreux emplois pour mon confort, mais j'assume les créateurs Français et tous les métiers qui en dépendent m'ont excédés au plus haut point durant cet année de débat hadopi. Ils veulent me priver de tous mes droits et moi je devrais les respecter, ma réponse est non, ils veulent la guerre ils auront donc la guerre, ils veulent détruire la neutralité du net pour leur bon plaisir alors de l'autre coté la réponse doit être encore plus forte contre la destruction du net la destruction de l'exception culturel. Et je suis pas le seul internaute excédés par les artistes Français, plus l'hadopi fera de victimes plus nombreux on sera. Je suis pas d'accord que le protectionnisme n'a rien à voir avec l'archaïsme des artistes d'ici (voir http://lesassisesdelacreation.com/ ; http://www.dailymotion.com/SACD?hmz=7461626d656d626572 et http://www.dailymotion.com/video/x91ay8_svm-et-nkm-premier-debat_tech, c'est un peu long mais édifiant). Ils parlent comme si l'argent des films Américains leur était du, quand on va voir un film en salle on est pas obliger d'acheter obligatoirement le quota qu'ils désirent en DVD et eux pourtant ils comptent un manque à gagner si c'est pas le cas. Quand on habitue trop longtemps quelqu'un avec des avantages (ici le protectionnisme) quand il les perd c'est le drame, eux ils sont habituer à recevoir beaucoup d'argent et veulent continuer peu importe que les temps change. De toute façon les films comme la musique ne sont plus que des informations alors on pourra toujours trouver un moyen de les échanger. Moi je souhaiterais grandement voir l'adaptation du milieu des artistes mais se sera pas le cas et quand ils s'apercevront que l'argent ne rentre toujours pas je crains qu'on est juste droit à l'hadopi II (remarque les ayants-droit Américains n'ont toujours pas noté que les internautes usaient du DDL ou du streaming, mais les Américains eux ont amélioré l'offre légale).

Struggling Writer 24/05/2009 19:18


C'est la ou est pas d'accord moi je vois l'exception culturel comme une gêne qui voudrait me faire payer plus cher en échange de rien,
L'exception culturelle n'est pas responsable du fait que les DVD coûtent cher. Les prix sont fixés par les éditeurs, pas par la loi. Le volume de vente est censé faire baisser le prix des
DVD, or il faut bien voir que sans production locale, les DVD en France seraient globalement moins vendus (il y a un effet d'entraînement démontré), ce qui entrainerait une hausse des prix de
fabrication, donc un prix à l'achat relativement semblable...

faut bien faire la part des choses les 40% de PDM sont les films en salle l'audience des films Français sur internet n'est que de 10 ou 15% c'est pas les même public les "pirates" ne font pas
perdre d'argent directement aux créateurs Français, là ou les créateurs estiment perdre de l'argent c'est donc sur ses 85% de films étrangers notamment Américain qu'ils ne peuvent plus taxer et
c'est taxe qui me dérange, pourquoi je dois payer un film Français de 2010 quand je vais voir Star Trek (pour prendre les exemples des artistes, je vois aucune bonne raison pour me faire payer des
chaussures quand j'achète du pain).

Ce problème n'est pas directement due à l'exception culturelle (qui est beaucoup plus vaste que ça) mais à la façon dont est gérée l'avance sur recette, ce qui n'a rien à voir (on peut conserver
l'exception cuturelle et abandonner l'avance sur recette ou créer un tout autre système de subvention basée par exemple comme en Angleterre sur les profits de la loterie nationale). Par ailleurs,
le fait est que si on fonctionnait sur un modèle comme comme les USA (sans exception culturelle) Star Trek ne serait tout simplement pas diffusé (sauf à Paris) du fait qu'on ne pratiquerait
plus le doublage et que Gaumont par exemple profiterait de son parc de cinéma pour limiter la diffusion d'œuvres dans lesquelles ils n'ont pas de parts (c'est ce qui se fait aux USA).

Il ne faut pas tout mélanger. Les USA réussissent très bien à imposer une politique protectionniste sur leur territoire tout en attaquant l'exception culturelle qui, ils le voient bien, est
directement liée à une pratique hégémonique de leur part... (Soyez certains cependant, que j'estime que les USA méritent d'être le cinéma de référence, mais je vois une nette différence entre
"cinéma de référence" et "seul cinéma au monde".)

Faut pas se voiler la face si les prix des DVD devaient fortement baisser il serait impossible de continuer à faire autant de film Français

Je ne sais pas d'où vous tirez cette information, mais c'est loin d'être une certitude… C'est juste les coûts de production qui seront obligés de baisser (ça a commencé) et qu'on produira des films
sur le critère qu'ils sont adapté aux sorties salles. Le DVD ça a toujours été du gras. Le critère poursavoir si un film est bénéficiaire, ça reste la salle. Le DVD a permis juste une certaine
variété et il est surtout à craindre que certaines niches et des choix plus risqués ne seront plus tentés du tout. Par ailleurs avant que la manne des DVD ou même de la VHS n'arrivent, le cinéma
français produisait à peu près autant de films qu'aujourd'hui…

(au fait même pas besoin de les commander en zone 1, les DVD Anglais sont zone 2 et les prix sont intéressant sinon y a aussi l'Allemagne qui a souvent la VF)
Je sais , c'est juste qu'en zone 1, ils sortent plus vite...

j'assume les créateurs Français et tous les métiers qui en dépendent m'ont excédés au plus haut point durant cet année de débat hadopi.

Quand vous parlez avec colère, dit le sage, la seule chose qu'on entende, c'est la colère.
Je pense que de part et d'autres, il y a eu un énervement et des incompréhensions (quand j'entends dire que les artistes sont des privilégiés qui profitent du système, je me dis que ceux qui disent
ça ne connaissent pas grand chose aux réalités du métier, (alors que le système tout entier défavorise des choix de professions qui rapportent à long terme et ne fonctionnent pas sur des profits
mensualisés)… C'est un des choix de profession les plus risqués et pour un qui réussit et devient riche, il y en a une tonne qui peine à joindre les deux bouts, même quand il travaille
régulièrement (précisément entre autre en raison d'une idéoligie qui prétend que les artistes n'ont pas besoin de profits puisqu'ils bossent pour le plaisir…).

 Ils veulent me priver de tous mes droits et moi je devrais les respecter, ma réponse est non, ils veulent la guerre ils auront donc la guerre,
C'est qui "ils" ? Là, vous tombez dans le piège d'Albanel et des médias en mettant tous les artistes, y compris ceux qui sont contre la loi Hadopi, dans le même panier. Faire cela ne vaut
pas mieux que punir tout une famille parce qu'une personne a téléchargé illégalement une musique… Les internautes, j'espère seront plus intelligents que le gouvernement en ne punissant pas ceux qui
ne sont pour rien dans cette situation.

Ils parlent comme si l'argent des films Américains leur était du,
C'est le cas (ce n'est pas l'argent des américains d'ailleurs, mais une taxe) qui, effectivement, est due dans le sens où elle a été promise au cinéma français par le gouvernement. Ce n'est pas un
avantage, c'est la compensation d'un désavantage et de pratiques abusives pour un produit culturel (l'industrie française ne dispose pas des mêmes moyens que l'industrie américaine). Je me vois un
peu désolé de défendre l'avances sur recette que je combats sur d'autres points, mais là votre argument est simplement irrecevable. Le principe même d'une politique, c'est d'imposer des règles
communes qui protège le faible contre le fort (après on peut discuter de la façon dont c'est fait, mais le principe me semble relativement irréfutable)

Par ailleurs, rien ne prouve que la place du cinéma baisserait en France si l'avance sur recette était abandonnée (en fait comme il y a un lien direct entre le financement du cinéma et les
distributeurs, j'ai de gros doutes, car les distributeurs prendraient plus de risques, donc ils auraient de bonne raison d'augmenter la place de ciné). Il faut bien voir que si on supprime l'aide
aux 240 films français sortis par ans et que cela entraîne la fin de l'industrie française du cinéma, les recettes globales des salles diminueront drastiquement (40 %) donc celles-ci n'auront
d'autre choix que d'augmenter le prix du billet pour continuer à sortir des films français...

Croire que le prix élevé du billet dépend uniquement de l'avance sur recette et des DVD et que c'est un privilège, c'est simpliste et faux.

Sinon, en passant, les pays européens (Allemagne Italie) qui n'ont pas trouvé d'équivalent de financement sont quasiment morts du point de vue de la création locale (ce qui a quand même un certain
effet sur la diversité : je ne vois pas comment on peut défendre le désir d'avoir des manga japonais disponibles en France et vouloir priver une majorité de spectateurs de la production nationale
qu'ils suivent avec fidélité, quoique l'on puisse penser de la qualité de cette production).

Ensuite, c'est faux de dire que les artistes français sont habitués à recevoir beaucoup d'argent. C'est le cas pour une minorité (certes bruyante). La plupart des gens qui travaillent dans le
cinéma n'en sont pas là. C'est tout le problème avec ces raisonnements du types "telle catégorie (profs, foinctionnaires, chomeurs etc) est constituée de privilégiés qui touche plein d'argent sans
rien foutre". On cite quelques exemples d'abus qu'on monte en épingle et on s'en sert ensuite pour détruire des systèmes qui permettent de vivre au plus grand nombre qui joue le jeu et vivote.
Attaquer des abus peut se faire sans détruire tout un système. (Et de toute façon un bon système n'est pas celui qui est 100% proof contre les abus, mais celui qui permet d'obtenir ce qu'on lui
demande). On a demandé au système actuel de préserver une industrie locale de cinéma. On y est parvenu. À présent la bonne question c'est de se demander si cette industrie correspond à ce qu'on
attend d'elle et si ce n'est pas le cas, trouver comment s'y prendre pour améliorer le système. Le détruire à part pour dire "j'ai pas ce que je veux, il faut tout casser" je ne vois pas l'intérêt.
(Alors que de nombreux internautes voient l'intérêt semble-t-il d'une production française plus adaptée au public qu'elle ne l'est actuellement).



Enfin bref… Les artistes qui ont milités pour l'HADOPI sont les premiers perdants avec l'adoption de la loi, plus encore que les internautes qui continueront à faire ce qu'ils veulent avec un
risque minimal (c'est ce que j'ai essayé de montrer dans mes articles). Les artistes pro-HADOPI sont juste trop déconnectés pour s'en rendre compte.

Les médias ne le disent pas trop (ben tiens TF1 est POUR l'Hadopi) mais les artistes sont en réalité beaucoup partagés qu'on ne le dit sur l'HADOPI (je le vois autour de moi). Certes, il y en a qui
sont pour sans savoir trop pourquoi (à cause principalement d'un lobbying des distributeurs historiques et des télés) et ceux qui sont contre et savent pourquoi. Cela dit, les plus grands soutiens
de l'HADOPI que j'ai rencontré pour l'instant ne sont pas des artistes mais bien des salariés (et je n'en conclus pas pour autant que TOUS les salariés sont mes ennemis).


Animejason 24/05/2009 00:02

Je parlais surtout des œuvres sans licence en France lors de ma dernière question, pas assez rentable pour être exploité, DVD beaucoup trop cher en importation et sans sous-titres (c'est plutôt gênant quand on parle pas Japonais).On va oublier pour le moment et le mécénat global et la licence globale, qui ne semble pas être du tout dans l'actualité. Comme je le disais j'en ai marre de l'exception culturel, on payent nos DVD très cher et on les as après tout le monde ça devient réelement inacceptable. Donc oui il faut limiter grandement l'offre potentiel total de film Français, il faut aligner nos prix et nos sorties sur les autres pays, une baisse de la TVA serait juste une blague on paierait un DVD 17.5€ au lieu de 19.99€ c'est ridicule, je souhaite avoir comme prix entre 10 et 15€ (simple et collector) et le BR à 20€. Et c'est un désirs pas uniquement personnel, il est partagé par la majorité des internautes. J'aimerais un tarif VOD à 2-3€ max pour le cinema quand il est dans la chronologie des médias et gratuit avec pub après le passage en clair (donc max 1 an après).Aujourd'hui j'ai appris qu'en septembre 2009, hulu allais débarqué en Europe et malheureusement pas en France. Là encore à cause de l'exception culturel et de l'archaïsme de nos ayants-droit, TF1 va vouloir nous vendre encore de la VOD plus cher que le prix d'un épisode sur DVD. J'ai vu deux débats pour parler de l'après hadopi, dans l'un les ayants-droit (digne successeur des moines copistes) trouvent que l'offre actuel est très bien, au bon prix et certain sont même contre toute idée de raccourcissement de la chronologie des médias, donc autant dire que rien ne changera en France. L'autre c'était les professionnels du web qui voulaient créer de nouveaux business modèle mais tous avaient un point commun càd le boulet que sont les créateurs Français qui veulent gagner autant d'argent et ne pense pas une seule seconde qu'il faut que ses sites gagnent d'abord de l'argent avant de financer quoi que se soit. Malheureusement nos ayants-droit sont des dinosaures trop habituer au protectionnisme qui ne veulent rien changer et l'hadopi est la pour leur donner raison (vu que l'amélioration de l'offre légale n'est pas contractuel on peut toujours se brosser). Donc il faut non seulement boycotter, mais aussi acheter à l'extérieur de la France pour ne pas financer la culture Française et refuser toutes taxes sur les FAI. Et bien sur il est du devoirs de chacun de continuer à pirater et:ou aider les autres à y parvenir.

Struggling Writer 24/05/2009 12:51


Je parlais surtout des œuvres sans licence en France lors de ma dernière question, pas assez rentable pour être exploité, DVD beaucoup trop cher en importation et sans sous-titres (c'est plutôt
gênant quand on parle pas Japonais).

Oui, enfin ça ça n'a rien à voir avec la France. Aux USA, le prix des imports japonais est pareillement élevé et sans sous-titres.

Donc oui il faut limiter grandement l'offre potentiel total de film Français,

Je ne vois pas le rapport… Désolé mais à vous lire, j'ai l'impression ce que vous voulez c'est détruire une industrie qui est loin d'être moribonde (40% de part de marché pour le cinéma français)
et la vie de de gens qui en dépendent (qui ne sont pas des ayants droits dans leur grande majorité) pour pouvoir payer vos DVD un peu moins cher et les avoir un peu plus tôt ? Désolé mais ça donne
du grain moudre à ceux qui disent que les internautes sont des irresponsables et qu'il ne pensent qu'à leur gueule…

Détruire au lieu de chercher à réformer l'industrie du cinéma en France c'est un peu l'équivalent moderne de "tuez les tous, dieu reconnaîtra les siens".

Clairement mettre fin à l'exception culturelle (qui n'est pas une spécificité française puisqu'elle est partagée par plus de 300 pays) c'est juste servir les intérêt des lobbies d'Hollywood
(ceux-là même qui luttent pour des lois de copyright qui pourrissent les auteurs, internet, la liberté de création et logiciel libre). L'industrie cinématographique américaine se présente
clairement comme impérialiste - puisque le but avouer de son lobbyiste Jack Valenti était d'obtenir 100% du marché mondial (les USA sont par ailleurs protectionniste puisqu'ils interdisebt le
doublage qui permettrait à des œuvres étrangères d'avoir une audience autre que les circuits d'art & essai aux USA).

L'application du principe d'exception culturelle varie de pays en pays (c'est une loi internationale je le rappelle qui est appliquée et soutenue par plus de 300 pays). En France, si on abandonne
l'avance sur recette, on laissera en fait les financiers décider des films qui se font. Clairement, vu leur niverau de frilosité (et leur incompétence dans le domaine du cinéma) le cinéma français
sera mort en trois ans,. Donc on aura tué une industrie, certes non exempte de défaut mais qui marchait plutôt bien en local, sans aucune contrepartie (parce que ça ne fera pas forcément baisser le
prix des DVD qui restent largement fixés par les éditeurs dans le monde entier, le choix de faire payer les français plus cher est basé sur les particularités du marché français, non sur
l'exception culturelle).

Si on veut des DVD moins cher et plus vite, pas besoin de boycott, il suffit de faire savoir qu'il est possible de commander laplupart des films récents sur internet en zone 1, montrer à ses amis
et sa famille comment dézoner un DVD et voilà. De temps en temps il y a une petite taxe à payer sur les douanes, mais au prix du dollar, ça reste avantageux et plus les gens le feront moins ce sera
fréquent parce que les fonctionnaires chargés de ça sont trop peu nombreux (et ne risquent pas de l'être vu qu'on coupe dans le renouvellement des fonctionnaires ). Mais bon on peut acheter pour beaucoup moins cher qu'en France au Canada, en Belgique, aux USA...

Je suis d'accord sur le fait que les ayants droits sont des dinosaures, mais leur position n'a rien aà voir avec le protectionnisme français. Aux USA la Director's Guild s'est déclarée pour
l'Hadopi. C'est plu probablement une simple question de fégénration. C'est pour ça que je ne m'en fait pas trop : l'Hadopi va être mise en place, et tout va continuer comme avant. Durant les
dix-huit mois nécessaires à sa mise en application, les solutions techniques poru contrer l'HADOPI seront trouvées et mises en palce par les internautes. Et au final, les ayant-droits verront que
l'Hadopi ne leur a rien rapporté et que ça ne fait pas augmenter les ventes de l'industrie... Sans parler du fait que ces ayants-droits il ont des enfants et des petits-enfants qui ont le temps en
dix-huit mois de les faire changer d'avis en leur expliquant comment marche internet et ce que l'HADOPI créera comme problèmes pour les libertés...

Bref, je pense que dans deux ans, la plupart de ces ayant-droits auront changés d'avis devant la stupidité et l'inefficacité de cette loi.


Animejason 23/05/2009 17:50

Moi aussi je pense que la TV sera amener a être absorber par internet, elle ne sera plus qu'un objet relié au net ou l'on pourra voir tous les programmes de la terre en VOD.Mon propos était plutôt de dire que l'argent qui manquerais éventuellement dans la création Française c'est l'argent des redevances et pas de l'argent du au fait que les tipiaks téléchargent massivement des programmes Français ce qui n'est pas le cas (20% des téléchargements hors logiciel et jeux sont Français). Je suis contre l'exception culturel, j'en ai marre de payer plus cher que dans les autres pays tout ça pour payer des gens qui intéresse peux de monde et surtout pas les internautes.Effectivement le problème pour le cinema est un peu plus compliqué, l'une des solutions serait de limiter grandement la sortie de films Français on a pas besoin de 240 films par an alors que seulement 80 sont rentable, on vire les 160 films qui sont des boulets. Voila déjà l'exception culturel coute beaucoup moins cher. Pour le budget je confirme, il n'augmente pas depuis des années, voir même il baisse. J'avais 200-250€ y a 6 ans de budget maintenant j'ai plus que 150€. Et quand on "doit" acheter un jeux vidéo neuf il ampute sérieusement un budget. Dans le mois à venir va sortir Star Ocean - The Last Hope, Tales of Vesperia et Ar Tonelico II mon budget DVD va être nul pendant 2-3 mois.Il est clair pour tout les métiers de la création que nous sommes dans des années de très profonde mutation équivalente à l'arrivée de l'imprimerie pour les moines copistes. Je suis pour la mutation à 200%, car elle veut dire pour moi mes films plus rapidement et moins cher.Un autre problème existe malgré tout celui des nouvelles niche pas rentable pour les industries Française mais pourtant téléchargés les produits culturel sans droit en France, tel que les dramas, les Tokusatsu Japonais et les animé Japonais (là le marché existe mais il ne suit pas le rythme, et il est beaucoup trop cher). Comment faire pour rémunérer ses studios/artistes?

Struggling Writer 23/05/2009 19:32


Je suis contre l'exception culturel, j'en ai marre de payer plus cher que dans les autres pays tout ça pour payer des gens qui intéresse peux de monde et surtout pas les internautes.
Le problème de l'exception culturelle ce n'est pas le fait de financer par une taxe (au final prélever sur les billets pour aider à la création pourquoi pas, si cela permet une création
plus variée), mais bien la façon dont ce financement est utilisé (c'est effectivement utilisé pour soutenir un cinéma qui n'intéresse qu'une minorité).

Effectivement le problème pour le cinema est un peu plus compliqué, l'une des solutions serait de limiter grandement la sortie de films Français on a pas besoin de 240 films par an alors que
seulement 80 sont rentable, on vire les 160 films qui sont des boulets. Voila déjà l'exception culturel coute beaucoup moins cher.

Ça c'est une absurdité. Personne ne peut savoir à l'avance quels films seront des boulets et lesquels seront des succès. Et puis un film peut être un boulet au box office et trouver un public
lentement voire avoir une influence à terme sur les autres artistes.

Pour qu'un médium soit fructueux, il faut un foisonnement. C'est à dire que la proportion de mauvais est toujours à peu près la même (90% de mauvais selon le théorème de Sturgeon) sans ce fumier
fertile les 10% d'œuvres intéressantes ne sont pas possibles. Si on supprime 160 films proiduits par an on aura pas 80 films intéressants mais seulement 8…

Le problème n'est pas là. Le problème, c'est l'opacité de fonctionnement des aides. Par exemple, j'écris principalement des films à vocation grand public qui ne sont pas des comédies. En France, on
appelle ça (avec une pointe de mépris) des films de "genre". C'est à dire des films qui ne peuvent pas être des films d'auteur (et tant pis si les frères Cohen parmis d'autres ont démontré le
contraire). Le CNC ne donnera jamais un sou à l'aide à l'écriture pour des films comme ça. Pourquoi ? Probablement parce que ce sont des films jugés commerciaux. Donc en clair, si les scénaristes
qui les écrivent ne gagnent pas bien leur vie en attendant de faire un succès au box-office, tant pis, parce que ce ne sont pas des artiste (selon l'idée imbécile qu'un artiste est au-dessus de
préoccupation mineures comme d'avoir un public). Et c'est comme ça qu'on décourage toute tentative en France de faire des films intelligents ET populaires (parce que vivre plusieurs années sur ce
que payent les producteur, puisqu'ils basent leurs tarif sur ceux qui peuvent recevoir l'aide à l'écriture, il n'y a pas beaucoup de gens qui sont prêt à le faire).

Donc c'est un système pervers. D'autant que les critères sont opaques. Personnellement, je ne verrais aucun inconvénient à un système d'aide au cinéma, s'il était plus démocratique (décidé par des
spectateurs autant que des professionnels choisis par tirage au sort au lieu d'être nommés) et moins opaque. Actuellement, c'est juste des professionnels du cinéma et de la culture qui décident ou
va l'argent (ce qui les rend très vulnérable au soupçon que leur choix est basé sur un critère de connivence).

Par principe, si les films produits avec l'aide à l'écriture avait une vocation à être rentables (c'est à dire à ce que leur coût soit proportionné au public qu'ils sont censés toucher), le prix de
l'exception culturelle serait moins lourd pour les spectateurs (puisque les producteurs sont censé rendre l'argent si le fim rapporte suffisamment). Ce qui est censé être l'amorce d'une pompe est
devenu une taxe déguisée, c'est bien cela qui est anormal. Au Canada pour toucher une aide, il faut avoir fait une étude de marché pour son film. Ce n'est pas toujours facile, ça peut parfois être
absurde, mais au moins ça oblige à se poser la question du public (ce qui est nécessaire en art, pour communiquer quelque chose, il faut avoir quelqu'un à qui le communiquer).

La médiocrité des films français actuel est selon moi due au fait qu'on est largement en dessous des 10% de qualité. Ce qu'on produit de "meilleur" est rarement exportable, alors que même un cinéma
comme le cinéma chinois parvient à passer la barrière de la langue et à rencontrer un public important dans le reste du monde.

Pour moi le problème est que sur les 240 films produit il y a en fait peu de foisonnement. Les films français se classent en trois catégories. Grosses comédies (qui sont populaires et rentables et
de qualité souvent médiocre). Films d'auteurs (qui sont très rarement rentables, et cachent souvent - la plupart du temps - un amateurisme flagrant derrière une pose "art et essai"). Et une
catégorie "autre" qui est en fait très restreinte (ça va des quelques films de genre, type Le Serpent ou A l'intérieur, à la niche occupée par les productions de Luc Besson, à des films ambitieux
mais classiques dans leur forme style Le Goût des Autres) et qui est la moins foisonnante des trois catégories, alors qu'elle mériterait d'être la plus importante (c'est le cas partout ailleurs, et
il fut une époque ou c'était encore le cas). Les déceptions sont nombreuses parce que cette catégorie justement n'est pas foisonnante, donc tout film produit dans cette catégorie devient pour un
temps soit le symbole de l'impossibilité de faire un bon film populaire en France ou au contraire le symble qu'il faut défendre ces films (même si le film n'aurait même pas attiré lattention de
ceux qui le défendent s'il avait été américain) parce que les exemples sont peu nombreux.

Cette troisième catégorie (les films à vocation populaire) est clairement en manque de foisonnement. Les John Woo, les Sergio Leone et autres exemples de cinéastes populaires non américains qui ont
acquis une renommée dans leur pays ne sont pas issus du néant mais au contraire d'industries cinématographiques prolifiques qui favorisaient un public local sans tomber dans le populisme. Le
système français est paradoxal en ce sens qu'il ne laisse que deux options aux producteurs : faire de l'élitisme pour pas cher (dans une lignée dévoyée de la nouvelle vague qui a fait croire qu'il
n'était pas besoin de savoir raconter une histoire pour faire des films - bien que Rohmer ou Truffaut par exemple aient été de grands raconteurs d'histoire), ou bien du populaire commercial sans
vergogne ni ambition. La possibilité d'une ambition artistique et populaire est en fait quasiment niée, et ne survient que rarement, par accident et il est encore plus rare que ces films aient le
moindre impact sur le coinéma international (sur 240 films par an, il faut bien qu'il y en ait un ou deux qui finissent par toucher juste).

Sur le fond, je ne serais pas contre le fait de trouver un système alternatif de financement à l'exception culturelle, si c'est pour permettre un plus grand foisonnement (et une plus grande
considération du public), non pour le restreindre comme vous le proposez.

Comment faire pour rémunérer ses studios/artistes?
Ben, c'est justement ce dont il faut débattre en cas de licence globale (qui a quand même plus de chances d'arriver que le mécénat global). Je pense que la répartition des téléchargement doit se
faire selon un mode semblable à celui des télévisions. Ce qui est diffusé (téléchargé) doit être rémunéré au prorata. Ce qui n'est pas téléchargé ne devrait pas être rémunéré par la licence globale
(donc tant pis pour les œuvres françaises que personne ne télécharge, si ça peut inciter les producteurs français à prêter attention aux internautes et au public quand ils produisent, est-ce
vraiment un mal ?).


Animejason 20/05/2009 02:13

Désolé pour la très tardive réponse. Je suis sur que la distribution de l'argent d'une éventuelle licence globale ne peut pas se faire au prorata des téléchargements. J'ai dernièrement apprit la "part" des œuvres Françaises dans les téléchargements qui est plutôt minime et si on prend un secteur qui m'intéresse les séries US la part de la France est quasiment nul, je vois mal comment TF1/M6/etc... accepterais de voir tout l'argent partir aux USA parce que les sériés Françaises ne sont pas téléchargés, idem pour tous les secteurs (55-60% les œuvres musicale téléchargés sont étrangères, 70-75% des films et + de 95% des œuvres télévisuel le sont aussi). Si la licence globale devait être honnête 80% de l'argent irais ailleurs qu'en France.Je pense que le risque de favoriser un artiste au détriment d'un autre n'est pas vraiment grave, c'est sur que si j'ai le choix dans le mécénat global entre un petit artiste et johnny halliday c'est au petit artiste que je donnerais et rien pour johnny. Mais en quoi est-ce un mal, officiellement dans les débats hadopi on nous raconte que cet loi immonde est faite pour défendre les petits au moins là ils n'auraient pas le choix de défendre les petits contre les gros qui j'en suis sur s'en sortirais quand même. Et puis je suis pas sur que les fans des grosses prod ne leurs donneraient rien, j'ai vu Star Trek et X-Men Origins dernièrement et si je devais téléchargés ses œuvres et les payer via le mécénat global je n'hésiterais pas. Le mécénat propose de donner pour ceux qu'on aiment mais on peut aussi proposer aux gens en mal d'inspiration de donner à un fond de soutient identique à la détestable copie privée.Sur un sujet plus réaliste les artistes vont quand même avoir de nombreux problèmes à l'avenir. Vous êtes de plus en plus nombreux pour un gâteau qui n'augmentent pas en taille. Même mal vue par les majors Jamendo offre quand même une alternative très intéressante. Le budget loisirs des ménages n'augmentent pas et de "nouveaux" loisirs sont venu se greffer (internet, téléphonie mobile, jeux vidéo), un jeu neuf c'est 60-70€ soit 3 DVD, 2 BR, 4 CD et les jeux vidéo malgré le piratage eux connaissent une croissance, si vous voyez ce que je veux dire. Malgré les dire des lobbies de l'industrie du ciné 2008 était une très très bonne année, donc les gens vont au ciné la ou sa va plus c'est l'offre légale qui suis, chronologie des médias interminable (jeudi 20 mai 2009 va passé pour la première fois en clair Indigènes, un film de 2005!!!!!), il faut IMPÉRATIVEMENT diviser par deux cet chronologie (sortie DVD/VOD entre 1 et 3 mois selon le succès du film, passage sur chaine à péage au bout de 6 mois, passage en clair sur les chaines co-productrice au bout de 1 an et après le film rejoint OBLIGATOIREMENT des sites de streaming légaux). Le prix des DVD/BR est un vrai problème je le dis clairement quand on achète un film à 20€ on a l'impression d'avoir écrit pigeon sur son front, il faut que la France s'aligne sur les prix étrangers càd le DVD neuf et en nouveauté entre 10 et 15€ (simple et collector), le BR entre 17-20€.

Struggling Writer 22/05/2009 08:50


J'ai dernièrement apprit la "part" des œuvres Françaises dans les téléchargements qui est plutôt minime et si on prend un secteur qui m'intéresse les séries US la part de la France est
quasiment nul, je vois mal comment TF1/M6/etc... accepterais de voir tout l'argent partir aux USA parce que les sériés Françaises ne sont pas téléchargés, idem pour tous les secteurs (55-60% les
œuvres musicale téléchargés sont étrangères, 70-75% des films et + de 95% des œuvres télévisuel le sont aussi). Si la licence globale devait être honnête 80% de l'argent irais ailleurs qu'en
France.
Oui, mais ça ne veut pas dire que ce serait juste. Le problème, c'est que la télévision est en voie de devenir obsolète. Payer TF1 et M6 n'est pas forcément le meilleur moyen de favoriser
la création française… Obliger les producteurs français à penser leurs œuvres pour la diffusion sur internet et donc à changer le paradigme actuel où ils sont obligatoirement liés aux diffuseurs
télé serait-il une si mauvaise chose ?

Si l'on veut favoriser internet cela ne peut se faire qu'au détriment des diffuseurs télé. C'est sûr que les chaînes ne seront pas contente. C'est bien pour cela qu'elles ont pêsé de tout leur
poids en faveur de l'HADOPI.

Je pense que le risque de favoriser un artiste au détriment d'un autre n'est pas vraiment grave, c'est sur que si j'ai le choix dans le mécénat global entre un petit artiste et johnny halliday
c'est au petit artiste que je donnerais et rien pour johnny.

Le problème du cinéma et celui de la musique doivent être traités à part. Les coûts de production de la musique n'ont jamais été aussi bas. Il est devenu possible d'avoir un résultat professionel
avec un matériel dont chacun peut disposer chez lui.

Les coûts de production du cinéma par contre n'ont pas vraiment baissé. Pour que des œuvres de qualité puisse continuer d'être produites, il faut toujours des moyens considérables (ce qui baisse
c'est l'accès aux efefts spéciaux, mais cela ne rend pas un film globalement moins cher, ça permet juste de nouvelles possibilités).

Il ne suffit pas de distribuer l'argent directement auprès des artistes pour alimenter la création, il faut aussi - malheureusement – que les financiers y voient leur avantage. Et je doute qu'ils
soient convaincus qu'un mécénat soit dans leur intérêt.

Et puis je suis pas sur que les fans des grosses prod ne leurs donneraient rien, j'ai vu Star Trek et X-Men Origins dernièrement et si je devais téléchargés ses œuvres et les payer via le
mécénat global je n'hésiterais pas.

Je vous le concède, ce n'est pas certain que les spectateurs refuseraient de payer pour ces œuvres. Il faudrait faire une étude.

Vous êtes de plus en plus nombreux pour un gâteau qui n'augmentent pas en taille.

C'est un peu une idée reçue. Le budget loisir n'a cessé d'augmenter durant les cinquante dernières années, internet et les jeux vidéos ajoutent à la demande mais ne retranchent pas (d'autant que
l'un et l'autres servent de plateforme à l'expression artistique et proposent de nouvelles opportunités pour les artistes, donc font vivre des artistes : je connais des scénaristes de cinéma qui
ont décidé d'aller travailler pour l'indiustrie du jeu vidéo, pour l'instant je n'ai pas rencontré de gens qui voulaient d'abord travailler dans le jeu vidéo et qui sont allé vers le cinéma).

Ce qu'internet a fait apparaître par exemple c'est la myriade de musiciens qu'on ne voyait pas lorsque toute diffusion était soumise au bon vouloir des médias de masse. Ça ne veut pas dire qu'ils
n'existaient pas (juste ils vivaient de la scène et de représentations privées).

La proportions d'artistes professionels (c'est à dire de gens qui tentent de vivre de leur activité artistique) dans la société ne me semble pas tellement plus élevée qu'avant. Pour ce qui est de
ma profession (scénariste) je dirais même que nous sommes moins nombreux qu'il y a dix ans (rien n'est fait pour donner une formation sérieuse aux scénaristes, ni de bonnes raison d'adopter ce
choix autrement que par défaut).

Le problème n'est pas comment partager le gateau, mais bien : comment permettre à l'argent d'aller là où il doit aller, c'est à dire à alimenter une création en adéquation avec les besoins du
public (qui est de plus en plus diversifié, puisque sur internet il n'est plus captif), une création qui permette à la fois d'autoriser les niches, mais aussi les projets ambitieux (et parfois
chers). Le but ne doit pas être de financer la création artistique, mais sa diversité, et de conserver un lien direct entre le public et les artistes (et donc une proportionnalité entre les moyens
qui leurs sont accordés et le public qu'il peuvent toucher).

Malgré les dire des lobbies de l'industrie du ciné 2008 était une très très bonne année, donc les gens vont au ciné la ou sa va plus c'est l'offre légale qui suis, chronologie des médias
interminable (jeudi 20 mai 2009 va passé pour la première fois en clair Indigènes, un film de 2005!!!!!), il faut IMPÉRATIVEMENT diviser par deux cet chronologie (sortie DVD/VOD entre
1 et 3 mois selon le succès du film, passage sur chaine à péage au bout de 6 mois, passage en clair sur les chaines co-productrice au bout de 1 an et après le film rejoint OBLIGATOIREMENT
des sites de streaming légaux)

Là dessus je vous rejoins à 100%. Je pense que la concurrence entre les médias n'a pas été étudiée et que cette chronologie est pour l'instant basée sur des préjugés. Le succès des films en salle
montre que l'offre internet n'est pas concurrente du cinéma, et qu'une diffusion internet permet même de développer le bouche à oreille (d'autant que ceux qui téléchargent vont beaucoup au cinéma
si on en croit les études à ce sujet). Je doute qu'une sortie DVD quelques semaines après la sortie cinéma serait dangereuse pour le succès des films… ce devrait être du cas par cas et un choix
commercial du producteur, non une obligation. De fait, il n'y a aucune étude à ma connaissance qui permette même de dire que la vente d'un DVD conjointement à la sortie cinéma est automatiquement
un frein pour que les spectateurs aille voir les films au cinéma tant qu'il est diffusés en salle. Encore une fois, c'est du cas par cas.

Pour le prix, j'ajouterais aussi que les offres de V.O.D. sont largement trop chères. (Pour les séries, on arrive à un prix par saison proche du DVD, sans les avantages… et pour les films ça coûte
plus cher qu'une location DVD, ou parfois même que son achat - certains vieux films diffusés sur l'offre V.O.D. de TF1 sont parfois bradés à 2 euros en bac et coutent 4 euros en téléchargement).


Animejason 05/04/2009 00:41

Le plus comique la dedans c'est que je suis en fait plus modéré que vous sur les téléchargements et serait d'avis qu'il faille grandement améliorer l'offre légale que de "trop" légaliser les téléchargements. Je vois quelque problème avec la licence globale, à titre perso je télécharge que des séries Américaine & Japonaise* et je pense qu'avec une licence globale les créateurs que je télécharge ne soit jamais payés, ce qui me dérange, je ne pénalise pas les auteurs Français et pourtant c'est eux qui auraient mon argent. On pourrait me rétorquer, pourquoi m'en faire du moment que je puisse télécharger sans risque, mais au fond ça me dérange et préférerais un mécénat globalplutôt qu'une licence globale. Quand au boycotte, selon mon point de vue, il serait effectivement fait pour faire mal a toute la création sans distinction pour placer les consommateurs en position de force, pour retirer l'hadopi et sur les discutions sur la licence/mécénat global(e). Mais ce n'est que mon point de vue, loin de moi l'idée de l'imposer à quiconque, même chez ceux qui boycotte comme moi. je pense aussi que la plupart des gens qui parle de boycotte ne comprennent pas comment marche l'exception culturelle et veulent seulement boycotter les artistes hadopi, pourtant avec notre système de repartissions même ceux ne soutenant la lois en souffrirais. *Dès que le prix des DVD deviennent intéressant j'achète les séries que je DL

Struggling Writer 07/04/2009 20:03


La licence globale ne changera pas le mode de paiement des auteurs aux USA et au Japon, c'est vrai (mais le téléchargement payant non plus, sauf si les auteurs mettent des œuvres en ligne dont ils
sont propriétaire). Cependant il est faux de croire que l'argent réparti aux ayants droit pour la licence globale n'atteindra pas les auteurs américains (je ne connais pas bien la situation au
Japon, mais pour les USA c'est sûr) à condition que la licence ne globale ne favorise pas que les auteurs français mais se base sur ce qui est téléchragé pour faire les répartition (avec un
organisme de mesure type médiamétrie).

L'une des raison de la grève récente des scénaristes est de pouvoir toucher des royalties sur la diffusion en ligne de leurs œuvres. Le système du copyright a de nombreux défaut, mais au final, on
ne peut pas vraiment dire que les artistes touchent forcément moins avec le système du copyright qu'avec les droits d'auteur. C'est surtout sur le contrôle de l'œuvre à terme que la différence
entre copyright et droit d'auteur est la plus flagrante. Néanmoins, il n'y a pas plus ou moins de certitudes que les auteurs seront payés avec un système de paiement en ligne qu'avec une licence
globale. Je ne suis pas convaincu par le mécénat (à part comme choix individuel), d'autant qu'à terme le problème n'est pas de s'assurer que les artistes soient bien payés, mais de s'assurer que
l'écosystème qui permet la production d'œuvres variées puisse fonctionner. Le mécénat global peut produire nombre d'abus (un téléchargeur peut favoriser un certain type d'œuvre qu'il ne regarde pas
pour des raisons idéologiques - un peu comme les gens qui disent préférer Arte mais qui ne la regarde pas - sans payer les artistes plus "commerciaux" qu'il regarde pourtant). En clair, pour moi la
répartition doit rester fonction du téléchargement et non d'un autre critère. Un artiste doit avoir besoin de son public, et conserver le principe d'une rétribution financière en fonction du succès
public d'une œuvre est le moyen d'assurer ce lien.

Même si cela entraîne des créations purement commerciales, c'est le terreau nécessaire pour avoir des œuvres qui posent de vraies questions et des œuvres durables (Shakespeare, Molière ou Hitchcock
étaient des auteurs populaires qui voulaient attirer les spectateurs de leur époque). Un artiste qui n'a pas confiance dans le public est un artiste qui n'a pas confiance dans son art.


david sarrio 04/04/2009 21:14

J'ai balancé l'article à un paquet de prod et de pote réal...Je vais peut être perdre des rélations ds le milieux Denis :-)

Salabreuil 04/04/2009 15:02

Pour info et pour répondre à Marie, j'ai posté plusieurs commentaires et mis un lien vers cet article sur le blog de Pascal Rogard, directeur de la SACD et puissant soutien à Hadopi.http://www.rogard.blog.sacd.fr/index.php/2009/04/01/le-chef-de-la-societe-de-police-privee/

Struggling Writer 04/04/2009 16:43


J'ai mis une réponse à mon tour… Je ne sais malheureusement pas si les arguments font mouche, j'ai envie de croire que les partisants de l'HADOPI restent ouverts à la recherche de solutions plus
satisfaisantes et plus adaptée au problème, mais je crains par ailleurs qu'il y ait un vrai problème conceptuel qui les empêche de voir que la gratuité n'est pas l'ennemie de la création rémunérée.


Animejason 04/04/2009 01:11

je suis impressionné réellement par votre texte enfin un auteur intelligent je commençais vraiment à douter de tous les créateurs Français. Je pensais que vous étiez tous des "nantis" qui ne veulent surtout rien changer et du coup j'ai même débuté un mouvement de boycotte en asseyant de lui donner une ampleur nationale (pour l'instant sans grand résultat). Je constate et j'essaie dans jouer une crispation qui s'aggrave entre créateurs et internautes. Votre texte ne va pas me faire changer d'avis maintenant que l'affaire est entendu, mais je suis quand même contant de vous avoir lu.

Struggling Writer 04/04/2009 08:41


En se crispant sur leur position, les auteurs français se mettent leur public à dos. De plus, lorsque la licence globale apparaîtra inévitable (et elle l'est) il auront perdu toute légitimité pour
qu'elle leur soit favorable. Ils paraîtront hypocrites en essayant de toucher de l'argent d'un système qu'il traitaient de tous les noms quelques mois plus tôt.

Le boycott n'est probablement pas la solution, même si je comprends ce qui le motive, parce qu'il pénalisera autant les spectateurs et les artistes qui ne sont pas favorable à l'HADOPI (car le
cinéma est un éco-système, si les spectateurs désertent les films de Jean-JAcques Annaud, cela empêchera d'autres films de se faire). Le meilleur moyen d'action reste la pédagogie : expliquer à son
entourage et par tous les moyens à notre disposition en quoi le téléchargement gratuit n'est pas incompatible avec une juste rémunération des auteurs et en quoi la licence globale est une
opportunité pour le cinéma de demain. Les artistes répètent que la loi d'Albanel est avant tout pédagogique : étrange conception de la pédagogie que celle qui consiste à traiter de voleur des gens
qui n'en sont pas. A part brouiller les valeurs, on ne va pas en tirer grand chose. Il estmême prêvu de "sensibiliser" les jeunes contre le "piratage" à l'école. C'est en quelque sorte donner pour
mission à l'école de faire de la propagande. On croit rêver.

Parlant de pirates, rappelons nous qu'il en était deux sortes : ceux qui sans foi ni loi cherchaient à piller et voler, et ceux qui – à l'instar de François Misson – rêvaient un monde meilleur et
défendaient la liberté, libéraient les esclaves et ne cherchaient pas tant le profit qu'à produire une utopie. De même sur l'océan d'information existe-t-il deux sortes : ceux qui volent et
pillent, cherchant uniquement leur profit personnel, et ceux qui défendent la cause de la liberté et précèdent les révolutions démocratiques à venir. A chacun de décider où il se situe.


Marie E 03/04/2009 16:22

Entièrement d'accord. Faites donc un tour sur ce site:http://reseaudespirates.net/Et si tu veux je peux te filer le mail personnel d'Alain Corneau avec qui j'ai bossé sur un film il y a quelques années, je dois l'avoir quelque part. 

Struggling Writer 04/04/2009 08:54


Si tu connais Corneau, le mieux est peut-être si c'est possible que tu lui envoie un lien vers l'artcile, histoire que le mail d'un inconnu ne soit pas rejeté comme SPAM. Je crois que c'est un
homme intelligent et qui peut être sensible à des arguments rationnels, motivés avant tout par mon inquiétude que l'adoption de cette loi mette l'avenir de ma profession en danger. Je serais
intéressé quoiqu'il en soit, et même s'il n'est pas d'accord, à en débattre avec lui.


Marie E 03/04/2009 16:18

Entièrement d'accord avec toi. Si tu veux, je dois avoir quelquepart l'adresse mail personnelle d'Alain, Corneau, j'ai bossé avec lui sur un film.

marie 03/04/2009 11:17

Faut envoyer l'article de Denys à la sacd et des journaux. Je n'y connais rien, mais je vais demander. Bien sûr pour les britanniques !! ils ont raison.  juste Edouard Baer (que j'adore pas) avait dit que le téléchargement aboutissait au fait que les gens comme lui s'achèteraient une mégane au lieu d'une Jaguar et que donc c'était un faux débat et de la merde d'interdire le téléchargement. Et que cela prouvait bien l'énorme hypocrisie du truc. 

Struggling Writer 03/04/2009 12:04


La formule d'Edouard Baer est drôle. Cependant, il n'est pas certain que ce soit vrai. Le téléchargement a-t-il un impact réel sur les ventes de DVD ou bien la vente de DVD a-t-elle baissé pour
d'autres raison, ce n'est pas tout à fait clair. Il faut voir cette étude d'UFC-Que
Choisir? pour comprendre que la situation est plus compliqué que ça. "il ressort de notre étude que, d'une manière générale, les achats de CD et de DVD ne sont pas affectés par l'intensité du
copiage sur les réseaux P2P"

La question n'est probablement pas là. Comme je le dis dans mon article, il faut voir l'explosion d'internet et du téléchragement comme une opportunité de consolider la création et d'améliorer les
lois relatives au droit d'auteur, non seulement sur le plan national mais sur le plan international. Lorsque le DVD est arrivé, il a offert des possibilités nouvelles à l'industrie du cinéma (en
augmentant ses revenus, le cinéma a pu proposer des films à plus gros budget), trouver un modèle économique de rémunération par internet peut donc être un moyen d'augmenter l'offre, de proposer un
panel plus large d'œuvres et de permettre aux producteurs de prendre plus de risques.


Salabreuil 02/04/2009 22:04

Cet article mériterait d'être porté à la connaissance des cinéastes militants pour l'HADOPI - à commencer par Corneau. Cela vaudrait le coup de le proposer à quelques journaux et il mériterait d'être relayé.Etant scénariste moi-même, membre de la SACD, je trouve insupportable de voir cet organisme s'exprimer au nom de tous les auteurs, et en affirmant que "les" auteurs soutiennent le projet de loi. Il serait bon que la SACD relaie la diversité des points de vue de ses membres sur cette question.D'autre part, et pour aller dans le sens de Thomas Z. dans son commentaire précedent, il n'y a pas que le guitariste de Police qui semble avoir tout compris. C'est le cas d'un nombre important d'artistes britanniques, et pas des moindres (Peter Gabriel, Radiohead, Blur, The Clash, Annie Lennox, Robbie Williams etc...) : 140 artistes viennent de signer un texte déclarant que "télécharger n'est pas un crime". Je suis étonné que les journalistes français n'opposent pas plus aux déclarations des artistes hexagonaux les positions radicalement différentes de leurs collègues d'outre-manche.« Nous voulons nous ranger aux côtés du public, des consommateurs » leur rétorquent ces 140 artistes britanniques. « Les artistes devraient être détenteurs de leurs propres droits, et devraient décider à quel moment leur musique peut être utilisée gratuitement, et à quel moment ils devraient être payés » déclarent-ils. Et l'on voit là, encore une fois, que ceux qui sont menacés sont avant tout les majors soucieuses de garder leurs monopole. Les artistes anglais l'ont bien compris - tandis qu'en France, Thomas Dutronc se contente de réciter comme un perroquet les communiqués de sa maison de disque. Pourquoi les internautes devraient-ils être criminalisés du fait que les majors n'aient pas vu venir "la révolution numérique qui a balayé l’ancien modèle économique des années 60, et changé pour toujours les relations entre les artistes et les fans" ? Car on le voit, la différence entre les artistes français et britanniques, c'est que ces derniers ont compris qu'il fallait redistribuer les cartes, et profiter de cet  ère de bouleversement pour modifier les rapports de force entre artistes et majors. Pendant ce temps, chez nous, les artistes français exercent finalement leur véritable métier : attaché de presse de Pascal Nègre...http://www.ecrans.fr/Les-artistes-anglais-ne-veulent,6651.html

Thomas Z 02/04/2009 19:15

Bon je fais parti des 3 pékins.Et je viens surenchérir en précisant un truc de niveau technique. Tout comme on pouvait enregistrer la radio et la télé sur des cassettes, il est parfaitement possible d'enregistrer Deezer sur son ordinateur (je prend pour exemple la success story du ministère de la culture). Et oui, quand je joue de la musique provenant de Deezer, ca passe par ma carte son, et je peux enregistrer tout ce qui passe par ma carte son (ou par ma carte graphique d'ailleurs...).De plus l'argument de dire que toute chose est payante est d'autant plus débile que : Deezer est gratuit, je peux enregistrer Deezer et donc je peux obtenir des mp3 gratuitement.Ce n'est PAS du piratage car aucune attaque vers le site de Deezer n'est faite. Je ne fais que conserver des informations qui sont à un moment donné sur mon ordinateur. (Et ca fait tres tres tres longtemps que ca, c'est possible).Ce qui souligne en plus l'idiotie qui se cache derrière le fait d'interdir certains protocles dits pirates. Ce n'est pas le protocole qui est illégale, c'est son utilisation. Moi qui suit un grand utilisateur de logiciel libre, j'ai souvent recours au protocle bittorrent pour télécharger Linux par exemple, ce qui est parfaitement légal (sans parler du fait que étant sous linux, leur logiciel de "sécurisation" je risque pas de pouvoir/vouloir l'installer). Bref, je m'énerve mais ca fait plusieurs jours que je suis les débats, que je vois l'opposition donner les melleurs arguments du monde et que je constate que le gouvernement s'en fout. Je ne comprend pas pourquoi, ce gouvernement s'obstine a refuser la licence globale.Je me rassure en me disant que techniquement ca va pas être possible avant 2011 leur annerie, et que d'ici là, je serai loin. Et je finirai avec un lien vers une interview du premier guitariste de The Police : http://stoppartage.fr/ qui lui semble avoir tout compris (si seulement c'était le cas des autres).

Struggling Writer 03/04/2009 11:18


En fait, même en 2011, c'est pas gagné. Il faut que les FAI dégroupent leurs offres (ce qui n'est pas fait, il suffit pas de le dire pour qu'ils le fassent, ça va coûter très cher). Le CGTI
(Conseil général des technologies de l’information), c'est à dire le corps des ingénieurs telecom, a réalisé un rapport à la demande des ministères de l’économie et de la culture, qui conclut que la coupure
du flux internet pour acte de piratage coûtera juste trop cher pour être faisable un jour.

Sinon merci pour ces précisions (et la fidélité au blog, malgré six mois d'absence)


marie 02/04/2009 18:18

pour info, à Paris, les bibliothèques municipales sont gratuites (pas de droit d'inscription), en tout cas pour les livres. Pour les cd et dvd y'a un petit droit je crois. 

Struggling Writer 03/04/2009 11:09


Ah ben oui, je vais corriger.


marie 02/04/2009 15:43

As-tu envoyé ton intelligent article à ces réalisateurs et à la sacd ? 

Struggling Writer 02/04/2009 16:35


Non.

Je ne saurais même pas à qui l'envoyer… Mon article est avant tout destiné au "grand public" de mon blog (c'est à dire les trois pékins qui viennent encore après mon long silence)...