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Articles Par Mois

16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 01:53

Je suis arrivé tôt, en fait. Et j'ai vu entrer toute sorte de gens dans la salle. Des vieux, des couples, même une famille avec deux enfants. A un moment, un type d'UGC a annoncé que la séance serait complète et qu'il fallait se serrer. C'est là que j'ai commencé à me demander si j'étais pas dans la mauvaise salle. La variété du public… une salle complète… pour Cloud Atlas ? Un film de 2h50 qui mélange les genres, fait par trois réals à peu près incompris de la critique et qui répètent en interview qu'ils ne savent plus qui a fait quoi dans ce projet.


J'ai commencé à angoisser parce qu'il y avait déjà beaucoup de monde. Trop pour que je puisse me lever et abandonner ma place le temps d'aller vérifier. J'aurais pu demander à mes voisins mais j'avais peur du ridicule.
 
J'ai écouté les conversations derrière moi pour essayer de savoir, mais les gens parlaient de leurs problèmes, de la fac, d'internet, du nouveau pape… des conversations de vendredi soir qui auraient pu être tenues n'importe où.

 

Je me suis vite retrouvé coincé entre un bouffeur de pop corn et un mec qui avait une haleine de chacal. Je sais, ça a l'air un peu méchant dit comme ça mais ce n'est pas une exagération : l'un engloutissait son pop corn à grand bruit, comme s'il voulait faire savoir à tout le monde qu'il avait acheté un XXL ou King Size ou quelque soit le nom qu'on a donné au baril de carton posé sur ses genoux qui devait contenir l'équivalent d'un champ de maïs ; quant à l'autre, son haleine était tellement épouvantable que j'ai passé cinq minutes à chercher une pastille de menthe et cinq de plus à me demander comment lui présenter la chose pour lui offrir pendant que les bandes annonces se déroulaient. Puis la personne à côté de lui (sa femme, je suppose) a sorti une bouteille et lui a tendu, et je me suis dit que ça ferait aussi bien l'affaire pour lui nettoyer le gosier. J'avais tort. Pendant toute la séance, quand il se tournait un peu dans ma direction, j'ai eu des effluves qui rappelaient un mélange de viande pourrie et de mauvaise bière.


Bref. Les lumières se sont éteintes. Et il m'a semblé que ça faisait déjà des heures que j'étais là. J'étais presque sûr que j'allais bientôt voir les bobines de Franck Dubosq et Marina Fois, et que j'allais devoir vivre mon pire cauchemar : me retrouver dans la mauvaise salle de cinéma à voir le film que j'ai le moins envie de voir en ce moment… et tant pis, j'en prendrais mon parti… Je ne serai pas le gars qui dérange toute la salle au début du film en faisant se lever tout une rangée. Parce que bien sûr, je m'étais placé pile au centre, au troisième rang.

L'obscurité a duré plus longtemps que d'habitude, m'a-t-il semblé. Mon voisin de gauche a abandonné son pop corn, mais mon soulagement n'a pas duré : il avait juste reçu un SMS sur son portable, et il fallait évidemment qu'il y réponde, illuminant la moitié de la rangée. Je me suis tourné pour ne pas être ébloui. Mon voisin de droite m'a soufflé le reste de son steack Tartare de l'avant veille dans le nez. Et là, je me suis dit "Non… je ne vais pas tenir trois heures comme ça ! Finalement, faites que ce soit Boule et Bill, au moins je serai parti de la salle dans une heure et demie."


Et puis le logo Warner est apparu suivi de "Cloud Atlas Production presents". Après, je ne saurai plus trop expliquer ce qui s'est passé, sinon qu'à la fin, la salle a applaudi. D'abord timidement, puis plus fort. Puis une deuxième fois après qu'on ait vu tous les personnages joués par chaque comédien à travers l'histoire. Et bon, je me sentais connecté avec les autres spectateurs. Même le bouffeur de pop corn, même le monsieur à l'haleine pourrie. J'avais presque envie de les embrasser. Je les ai regardé. Le bouffeur de pop corn s'est essuyé les yeux, du genre, "mais non j'ai pas pleuré" et Mauvaise Haleine m'a fait un signe de tête qui signifiait  "c'était quelque chose, hein ?" J'ai souri bêtement. Pas besoin d'en dire plus. On est resté tous les trois jusqu'au bout du générique ; pour une fois, c'était le cas de plus de la moitié de la salle. C'est rare. En sortant, je me suis aperçu que j'avais faim, mais il était trop tard pour acheter du pop corn ou de la bière.

Tout ça pour dire qu'il ont réussi quelque chose de bien, les gens qui ont fait ce film.


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Published by Struggling Writer - dans Cinéma
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commentaires

Nue de Jean-Louis Toussaint 17/10/2013 13:17


Sympa ton blog :) J'ai vu le film, ça m'a bien plu!

beru 18/03/2013 18:36


Sympa cet article.


Du coup, je suis allé avoir le film dont la singularité à trois têtes (et l'affiche) m'vait échappé.


Mais c'est bien vrai que le voisinage au cinéma peut être terrible!