Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Important

Inscrivez vous à la Newsletter pour être prévenus des nouveaux articles.

Votre adresse e-mail restera confidentielle, et ne sera pas communiquée à des tiers.

Rechercher

Articles Par Mois

16 mai 2010 7 16 /05 /mai /2010 04:41

10-19-World-s-End-Promo-csi-11106335-470-321.jpg

 

 

CSI ne lasse pas de m'étonner. Comme tout formula show, cette série comporte parfois des épisodes médiocres, professionnellement écrits mais qui se contentent d'appliquer la bible de la série sans se fatiguer.  Au fond, je trouve qu'ils sont assez rares. La série, après dix saison, n'oublie pas d'être créative. Et puis, régulièrement, la série produit une authentique gemme, un épisode qui, tout en respectant les contraintes de la série, propose une narration et une thématique incroyablement ambitieuse.


CSI n'est pas, contrairement à une idée répandue, une série sur la façon dont la police scientifique résout toutes les enquêtes en quarante minutes avec juste des éprouvettes et des analyses ADN. Quand elle est à son meilleur, la série parle en effet de science, mais pas comme on pourrait le croire. Il s'agit plutôt pour les auteurs de montrer la façon dont la recherche de la vérité, quand elle n'est pas soumise à un impératif personnel ou subjectif, nous mène souvent dans des directions que nous ne voudrions pas suivre au départ, des directions qui ne se soucient pas de la morale conventionnelle, des présupposés, ou des opinions faciles. C'est pourquoi les protagonistes de CSI sont en fait des détectives tout ce qu'il y a de plus classiques (qui participent même aux interrogatoires) mais vêtus du manteau de la science (celle, qui, justement, évite les conclusions définitives tant qu'elle ne dispose pas de tous les éléments). Ce ne sont ni des justiciers, ni des redresseurs de tort, et lorsqu'un scénariste l'oublie, la série perd ce qui fait son originalité.

 

Les meilleurs épisodes de CSI sont donc souvent une simple découverte des circonstances entourant une mort au départ ordinaire ou incongrue (mais obscure comme l'indique la mise en scène qui nous place les CSI presque systématiquement avec des lampes torches pour la découverte du corps et des remiers indices), circonstances dont l'ambiguité morale est un défi à la bien pensance. L'épisode World's End que je viens de voir est à mon avis représentatif du potentiel quasi inépuisable (en tout cas, pas encore épuisé) de cette série.

 

La victime de l'épisode est un jeune raciste, à la réputation de brute, détesté par tout le monde et qui traine avec une bande de néo nazi, retrouvé poignardé par un tournevis dans une bouche d'égoût. Le genre de crime qui vous tirera difficilement des larmes de compassion, et pourtant… Le coupable sera un criminel de la pire espèce, un homme responsable de plus d'atrocités que n'importe quel criminel jamais appréhendé grâce aux CSI (ce que fait remarquer le Dr Langston – joué par Lawrence Fishburne, parfait remplaçant de l'irremplaçable Grissom), et pourtant (bis)…

 

Un tel épisode risque fort de passer inaperçu, il est pourtant, sans sortir du cadre imposé par le genre, une preuve éclatante du succès artistique de cette série, de sa capacité à offrir une fiction intelligente, complexe dans ses résonnances, dans un cadre pourtant étroit à première vue (et peut-être est-ce cela qui le rend si efficace). Regardez bien la scène où Langston place les photos des nombreuses contusions et marques laissées sur le corps du jeune homme par dessus la radio de son squelette (cette scène résonnera lorsqu'on vous parlera d'une autre photo découverte sur un tas d'ossements). Notez la façon inhabituelle dont l'autopsie est filmée un peu plus tôt. Remarquez cette vieille dame, la seule à pleurer ce jeune homme, qui est en fait sénile et incapable de se souvenir de ce qu'on vient de lui apprendre. Ne sous-estimez pas l'audace de la scène où un professeur de théâtre implore d'innocents collégiens de chanter "Tomorrow belongs to me" (tiré de Cabaret) comme s'ils avaient déjà en tête le génocide à venir.

 

Et puis, il y a cette phrase, écrite par Evan Dunsky, simple mais ambitieux scénariste d'un épisode de formula show à succès, et qui vous cloue sur place : "Chanceux est l'homme qui n'a jamais eu à se confronter à ce dont il est vraiment capable."

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Struggling Writer - dans Séries Télé
commenter cet article

commentaires