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Articles Par Mois

18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 15:42


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Sur le site d'arrêt sur images, Rafik Djoumi (critique de cinéma) pose quelques question intéressantes sur la réception critique qu'à eu en France un film comme Avatar (voir l'article ici : Et si Avatar était un objet d'Art). Son article est important, parce qu'il constitue un rare exemple d'ouverture de débat sur une attitude devenue si commune en France envers le cinéma (particulièrement quand il est américain, et qu'il se présente comme "grand public") que l'on peine à entendre des voix divergentes. Bien sûr, il y en a tout de même, et les forums d'internet sont remplis de discussions "pour ou contre Avatar", mais dès que le sujet est abordé par des autorités intellectuelles on retrouve à peu près la même attitude, et l'angle politico-social devient le principal, sinon le seul, angle de réflexion critique.


J'ai fait une réponse sur le forum, désolé pour ceux qui l'ont déjà lue, mais je me disais que s'il me restait de fidèles lecteur pour mon blog quelque peu délaissé depuis quelques mois (en raison principalement de ma situation familiale), ces quelques réflexions pourraient les intéresser.


Savoir ce qu'est un objet d'art me semble un peu oiseux. Pour arriver à ses fins, l'art doit descendre de son piédestal et nous parler directement. Le terme d'art est trop souvent utilisé comme moyen de nous impressionner. Qualifier un film, un livre ou quoique ce soit d'objet d'art ne devrait pas pour un critique, comporter la moindre once d'éloge. Parce que le critique n'est pas là pour décider ce qui est de l'art ou non. (Plutôt pour donner un avis éclairé sur la qualité de cet art). En fait pour juger une œuvre la condition préétablie est justement de la regarder en tant qu'œuvre d'art, c'est à dire de se mettre en état de la recevoir, et je pense que c'est ce que veut dire Djoumi ici. Croire qu'une œuvre d'art est forcément universelle et profonde, c'est une erreur. Si l'on part de ce principe, la notion de chef d'œuvre n'a pas de sens, et l'on place l'art lui-même si haut qu'il en devient inatteignable. Pas de doute : le gendarme à St Tropez est une œuvre d'art, c'est juste une œuvre d'art particulièrement médiocre. Mais les moyens qui permettent à un spectateur de la comprendre, de lui donner sa place dans l'histoire du cinéma sont exactement les mêmes que ceux qui permettent de comprendre et d'analyser Citizen Kane. Si on peut décider a priori que tel film n'est pas une œuvre d'art, alors on retire toute possibilité de le considérer à l'aune de ce qui a été produit par ailleurs. Une création de qualité médiocre reste une création, et pour pouvoir juger de sa médiocrité ou non, il faut précisément la regarder pour ce qu'elle est : une création, une œuvre d'art, donc. Mais le mot d' « artiste » a été tellement chargé qu'il devient sacrilège de l'utiliser pour les peintres du dimanche, les auteurs de chansonnettes ou les plumitifs laborieux. Comme s'il ne pouvait y avoir d'artistes incompétents ou médiocres…

Le problème que soulève Djoumi ne me semble pas être de savoir si oui ou non Avatar est un bon film (c'est affaire de jugement, que ce jugement soit éclairé ou non), mais si la critique en général ne traite pas le film en se fondant sur des préjugés et des outils simplificateurs. C'est pour cela que son texte est intéressant dans le cadre d'arrêt sur image. Au fond, sa question n'est pas "est-ce qu'Avatar est une œuvre d'Art ?" (c'en est une, et cela ne nous dit pas grand chose sur sa qualité) mais : "comment doit-on regarder un film ?" Pour qu'une œuvre d'art ait une chance de produire l'effet désiré, il faut deux conditions : un artiste qui sait ce qu'il fait, et un spectateur qui sait regarder (ou écouter, ou les deux à la fois). Si l'on suppose qu'il y a de bons et de mauvais artistes, ou plutôt des artistes qui maîtrisent leur art et d'autres qui ne le maîtrisent pas, on peut supposer aussi qu'il y a de bons et de mauvais spectateur (et donc de bons et de mauvais critiques). C'est-à-dire, qu'il existe des spectateurs qui s'ouvrent à l'œuvre et d'autre qui lui ferment la porte au nez avant même de lui donner une chance de la recevoir (et de fait, le seul "travail" du spectateur, c'est de donner une chance à l'œuvre de le toucher, mais c'est déjà énorme). Or il y a beaucoup de moyens de ne pas se rendre disponible à une œuvre. La réduire à son aspect socio-politique en est un. Ou encore de considérer que tout a été dit. Ou encore se lamenter d'avance parce qu'elle utilise tels moyens ou technique pour atteindre le but que son auteur s'est fixé (comme par exemple les effets numériques, la peinture à l'acrylique ou des synthétiseurs) au lieu de se relier uniquement sur des moyens traditionnels (ne vous y trompez pas, l'inverse ne vaut pas mieux). Ou encore l'écarter en raison de son lien avec un genre donné.

Beaucoup de spectateurs, critiques ou autres, font de leur goût un moyen de se distinguer. Proclamer qu'on est différent ou semblable à la masse par son goût est pourtant l'attitude la plus bourgeoise (au sens Flaubertien non au sens marxiste) qui soit. Pour ces spectateurs l'œuvre n'importe pas en elle-même, il leur est en effet plus facile de parler de la perception générale qu'elle produit : si l'œuvre est populaire c'est qu'elle est vulgaire, ou, au contraire, si l'œuvre ne l'est pas c'est qu'elle est élitiste. Alors qu'aucun de ces critères n'est pertinent pour la juger. Le travail du critique devrait justement être d'écarter ces notions pour défendre la rigueur artistique, qu'elle rencontre ou non son public. Jean Douchet (que je ne considère pas comme une autorité, on peut ou non être d'accord avec son travail critique, mais en l'occurrence sa formule a l'avantage de la précision et de la concision) définit le travail du critique comme étant "de suggérer l'idée la plus exacte possible de l'œuvre". Bref le principe d'une critique (ou le spectateur, les deux mots sont interchangeables), c'est de parler de ce que l'œuvre tend à être et non de ce qu'il y projette. Or pour cela il faut un effort minimal (en plus d'outils d'analyse adaptés) : celui de s'engager tout entier dans l'œuvre pour s'ouvrir à ce qu'elle a à dire au moment où on la découvre, qu'elle soit signée par James Cameron, Despleschins ou Ed Wood. S'engager dans l'œuvre, cela veut d'abord dire, accepter les principes qui lui sont nécessaires pour se développer. Par exemple, dans une fiction, c'est, entre autres et selon les cas, adopter, la fameuse suspension volontaire d'incrédulité ("d'accord, ça se passe dans un futur éloigné, et sur une planète habitée par une race bleue").

Certes les déceptions seront nombreuses, mais l'avantage, c'est qu'on se donne la possibilité, si l'œuvre vaut quelque chose, de l'avoir réellement expérimentée. En clair, un critique ne peut aborder un film sous l'angle du soupçon, puisque s'il le fait, il ne peut plus être en position de recevoir l'œuvre et donc d'en parler de façon pertinente. L'analyse d'une œuvre d'art ne peut être fondée que sur une attitude de réception au départ bienveillante envers l'œuvre. Or, ce ne peut être le cas des analyses qui parlent de l'art sous l'angle étriqué des sciences humaines, puisque le soupçon leur est naturel et nécessaire. Il ne s'agit pas pour autant d'une simple affaire de goût et de discussion esthétique oiseuse (même si l'esthétique et le goût ont leur mot à dire, en art comme disait Theodore Sturgeon rien n'est absolu), mais d'expliquer comment les moyens spécifiques utilisés dans l'œuvre par son (ou ses) auteur (s) permettent de produire les émotions ressenties : la seule critique d'une œuvre recevable pour un spectateur engagé est celle qui explicite et met valeur ce qui est ressenti intuitivement lors de la découverte de l'œuvre, en s'appuyant sur les moyens artistiques utilisés, non sur des outils inadaptés. Lorsqu'un sociologue parle d'un film et le critique en qualité de sociologue, il ne se sert pas de la sociologie pour expliquer l'œuvre, il se sert de l'œuvre pour valider sa démarche intellectuelle et montrer en quoi elle peut être appliquée à tout. Sauf que ce faisant, il passe à côté de l'œuvre et produit donc un simple délire interprétatif.

En tout cas, merci à Djoumi pour son article. Il est en effet temps d'ouvrir la discussion sur le traitement qu'une certaine pensée unique fait subir au cinéma américain. J'attends avec impatience de voir où peut mener un tel débat. En espérant qu'il ne se bloquera pas sur une simple attitude binaire "pour ou contre Avatar".


 

 

 

 

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Published by Struggling Writer - dans Cinéma
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commentaires

le meur 20/10/2010 16:34



Cette thématique que l'homme ne change pas est le thème de mon premier court métrage.


Nous sommes dans les airs (l'optique est un grand angle (donc déformant) et les couleurs sont éclatantes et saturés) .donc nous voyons des nuages et des forêts vu du ciel. avec la chanson "to
france" de mike oldfield, puis l'image s'arrête sur un arbre et l'image grégingole sur la pelouse avec une sorte de pulsation avant/arrière pulsonnielle (de la caméra zoçm arrière et arrière
chronométré) et un enfant s'approche de la caméra il regarde la caméra, maintenant nous avons plus affaire au super grand angle, mais à une optique qui déforme légérement et les couleurs sont
moins saturés (nous sommes dans la vision de l'enfant).


Il détient un lance pierre et regarde un oiseau qui semble être le regard de la première (vision du film, le début) celui-ci est mort et l'enfant revient chez lui avec l'oiseau. Il voit son père
se disputer avec sa mère , le premier lui demande d'aller ailleur, l'enfant repart et enterre l'oiseau. et revient chez lui, (azucune information doit filtrer concernant une idée spatio
temporelle de l'histoire, elle doit garder une notion atempporelle, si elle veut garder sa force) . L'enfant mange avec ses parents et un silence est primordial concernant la communication et un
crucifix doit être visuaser.


L'enfant va se coucher. Puis les couleurs rejoigne celles du début comme les angles et les déformations optiques nous voyons l'enfants  au abord d'un couloir ou quelqu'un lui dit "n'oublies
pas le 5ème commandemant l'enfant s'enfuit dans le couloir et on voit que certaines choses essayes de l'attraper, l'enfant se défends et essayes d'aller vers la lumière au fond du couloir, il y
parvient péniblement et tombe dans la lumière." Il se révielle descend l'escalier et vois son père et lui dit: (nous sommes maintenant dans le noir et blanc et l'optique n'est peu déformer 50mm
est loptique)


Papa, j'ai fait quelque chose de mal.


Son père répond QUOI qu'est-ce que tu as fait ?


-j'ai tué


-Tué mais qu'est-ce que tu racontes (en le secouant)


-J'ai tué un oiseau, tu ne vas pas me frapper !


-Bon ça va pour cette fois, moi aussi j'ai quelque chose à dire....


Travelling arrière et ou vois la mère avec un couteau dans la poitrine et la chanson "Love is all" DE ROGER GLOVERqui  fige le film ( par une image figée de la mère )



le meur 20/10/2010 15:41



Finalement toutes nos prises de position se résume au libre arbitre de chacun et sur l'honnêteté. Je crois parfois à l'honnêteté (car je crois en moi et à l'autre et donc à la bonne
foi) des gens mais sûrement pas au libre arbitre dans son sens  intellectuel comme le décrit SARTRE et tant d'autres. Là est je pense notre différence et qui est  pour moi aussi
détertminant dans l'anlyse filmique que l'apprentissage, la psychologie, les déterminations politique, sociologiques etc...


C'est de l'ordre pour moi de la pûr utopie, le libre arbitre est déterminé dans une certaine sphère de liberté, mais est cloisonné à cette sphère...


Les hommes ne changent pas, ils évoluent en bien ou en mal, là c'est une autre problèmatique



le meur 20/10/2010 15:10



Commentaire n°12 posté par lemeur gwenael le 13/10/2010 à 18h01




J'en conviens d'un point de vu théorique, tu as parfaitement raison, malheureusement "la réalité" (qui dois s'entendre comme étant une simple observation et non comme une vérité absolu)
démontre le contraire de ton présupposé qui est la nature Protéiforme de l'être humain.


Pour prendre un exemple palpable, je te dirais de voir ou revoir "l'enfant sauvage" qui illustre assez bien ma dynamique. Et qui illustre l'echec de la science  concernant
l'apprentissage d'un enfant dépourvu de construction psycho-sociale, relationnel.


Aprés on peut discourir sur l'utilité de ton Blog qui comme je l'ai dit est salutaire dans le sens où il défend l'idée d'une certaine démocratie concernant l'intelligence et l'analyse
filmique et recentre l'analyse sur l'objet en lui même. C'est une vision on ne peut plus humaniste de l'être mais que je trouve utopiste (dans le sens premier qui n'existe pas dans "la
réalité" (l'entendre toujours comme une observation)).


Par contre je ne peux adhérer à ce genre de démarche intellectuelle dans l'absolu, ni même partiellement puisque celle-ci est lié à la sensibilité et où intervient la psychologie.


Cela me fait penser aux idées de Sartre qui disait "l'important n'est pas ce que l'on a fait de l'homme, mais ce qu'il fait de ce qu'on a fait de lui"


Certes dans un certains sens on ne peut être que séduit par ce genre d'idée, mais si l'on est un peu observateur sur la nature humaine, nous nous apercevons qu'il oublie dans son analyse
la psychologie qui est lié au milieu sociologique dans lequel l'individu a évolué, est donc sa résiliance et tans de paramètres psychologique qui fait ce qu'il fait et analyse les choses sous
un certain axe plutôt qu'un autre (tenessee williams a sut bien traîté ce genre de chose).


Ce qu'il n'a pas voulu comprendre ou accepter Monsieur Sartre et qui rends sa philosophie contradictoire et exprime une certaine vacuité et même vanité, c'est le fait,
d'accord Ok, certes l'important est ce qu'on fait de notre vie, mais quelle est notre part de liberté dans tout ça ????


 Le fait qu'un enfant soit brûlé à 40% et que ces autrtes camarades de classe le traîte de torche humaine ou de monstre, n'aiguise pas t'elle sa paranoïa et qu'il soit rejeté ne
prédétermine pas une vie solitaire quant bien même les mères des autres enfants s'accordent à dire qu'il reste magnifique et adorable  !


Par conséquent qu'elle est sa part de liberté dans cette histoire ?


Vois-tu, à la différence de toi j'essayes de prendre en compte plus de paramètre qui façonne l'être humain dans mes analyses et qui détermine  son action et sa réflexion, cela ne veux
pas dire pour autant que les choses sont figées, ni qu'elles soient "la réalité" ou "la vérité" dans son sens absolu.


Je dirais la même chose que toi "je ne crois pas à toutes ces histoires" bien que je pense que tu aies raison en ce que concerne la démarche intellectuelle et ta volonté de cohésion et
construction de l'esprit ainsi que ton humanisme est réconfortant et même touchant puisque ta démarche est avant tout celle d'une volonté de communication.


désolé pour la redite mais j'ai fait trop de fautes sur mon nouvelle écran faisant 102cm





le meur 20/10/2010 14:39



J'en conviens d'un point de vu théorique, tu as parfaitement raison, malheureusement "la réalité" (qui dois s'entendre comme étant une simple observation et non comme une vérité absolu) démontre
le contraire de ton présupposé qui est la nature Protéiforme de l'être humain.


Pour prendre un exemple palpable, je te dirais de voir ou revoir "l'enfant sauvage" qui illustre assez bien ma dynamique. Et qui illustre l'echec de la science  concernant
l'apprentissage d'un enfant dépourvu de construction psycho-sociale, relationnel.


Aprés on peut discourir sur l'utilité de ton Blog qui comme je l'ai dit est salutaire dans le sens où il défend l'idée d'une certaine démocratie concernant l'intelligence et l'analyse filmique et
recentre l'analyse sur l'objet en lui même; C'est une vision on ne peut plus humaniste de l'être.


Par contre je ne peux adhérer à ce genre dans l'absolu, ni même partiellement puisque celle-ci est lié à la sensibilité et où intervient la psychologie.


Cela me fait penser aux idées de Sartre qui disait "l'important n'est pas ce que l'on a fait de l'homme, mais ce qu'il fait de ce qu'on a fait de lui"


Certes dans un certains sens on ne peut être que séduit par ce genre d'analyse, mais si l'on est un peu observateur sur la nature humaine nous nous apercevons qu'il oublie dans son analyse
la psychologie qui est lié au milieu sociologique dans lequel l'individu a évolué est donc sa résiliance et tans de paramètres psychologique qui fait ce qu'il fait et analyse les choses sous un
certain axe plutôt qu'un autre (tenessee williams a sut bien traîté ce genre de chose).


Ce qu'il n'a pas compris Sartre et qui ma philosophie dans la contradiction et une certaine vacuité, c'est le fait Ok certes l'important est ce qu'on fait de notre vie, mais quelle est notre part
de liberté dans tout ça, le fait qu'un enfant soit brûlé à 40% et que ces autrtes camarades le traîte de torche humaine ou de monstre, n'aiguise pas t'elle sa paranoïa et qu'il soit rejeté ne
prédétermine pas une vie solitaire nquanbt bien même les mères des autres enfants s'accordent à dire qu'il est magnifique  !


Vois-tu, à la différence de toi j'essayes de prendre en compte plus de paramètre qui façonne l'être humain et qui détermine  son action et sa réflexion, cela ne veux pas dire pour autant que
les choses sont figées, ni qu'elles soient "la réalité" ou "la vérité" dans son sens absolu.


Je dirais la même chose que toi "je ne crois pas à toutes ces histoires" bien que je pense que tu aies raison en ce que concerne la démarche intellectuelle et une volonté de cohésion et
construction de l'esprit et ton humanisme est réconfortant.



lemeur gwenael 13/10/2010 18:01



Contriarement à ce qu'on pourrait penser je ne me méfie point de la pensée dans l'absolu et pour ce qu'elle est (des idées), je me méfis vers quoi et quelle action elle a tendance a déterminer
dans les actions humaines.


Comme je disais adolescent : "à faire de dire des conneries on finit par y croire et même faire des conneries"


Pour ma part tout forme de penser absolu (comme la sensibilité) est une prison lorsque celle-ci régit l'action et ne fait appel pas à la sensibilité qui est phagocité alors par la pensée.


Certes on le devient sceptique et toute action parait monstrueuse si l'on suit cet optique à la lettre.


Brassens à sut magnifiquement le formuler avec le sceptique...


Ma démarche n'est pas le scepticisme mais le doute ....et j'en parle par expérience humaine



lemeur gwenaël 13/10/2010 17:42



Bien que je comprenne pertinement ton optique et l'objectif de "ce modeste blog" qui est salutaire et bienvenu.


Je dois par un souci de vérité et d'honnêteté être vigilant mais que je doute de son efficcité, puisque j'ai observé que les êtres humains mettent en avant leur sensibilité même si ils
utilisent des outils intellectuels dans l'analyse ou leur obsession (comme certains critique d'art) et part conséquent ta demande auprés d'autrui d'être "bienveillant" (même
partiellement) est illusoire et je ne parle pas d'absolu... mais de réalité.


Chacun à son parcours humain et il est lié quoi que l'on puisse dire à celui-ci et sera limité dans l'analyse à son parcours et suivant son altruisme qui est dépendant de son parcours humain.


Ta grande qualité est ton altruisme et ta curiosité, comme tes doutes même si tu essayes d'avoir une cohérence comme tout être...


Mon parcours humain ne m'a pas permis d'avoir tes mêmes qualités que toi et qui te pousse sur l'ouverture et la créativité possible humaine concernant la volonté de croire à une démarche pouvant
aboutir à une démarche vers une compréhension globale.


La qualité de ton article réside dans ta croyance en l'homme d'être dans la possibilité de croire en lui même et de l'engager dans une démarche qu'il ne croyait pas possible, celles de croire en
ses qualités sensibles comme pouvant être elles aussi être des outils aussi important que l'analyse propre. Et que l'analyse ne peut se faire sans sensibilité.


De plus l'analyse ne peut se faire son sensibilité comme dit précédemment.


Par conséquent je ne peux être critique (négatif), devant un discours aussi humaniste et plein d'enthousiasme, même je doute sincérement de son efficacité.


Puisque d'aprés l'expérience c'est avant tout la démarcche personnel qui est le fruit d'une évolution et non un quelconque discour aussi magnifique soit il !



Struggling Writer 13/10/2010 19:45



"Je dois par un souci de vérité et d'honnêteté être vigilant mais que je doute de son efficcité,
puisque j'ai observé que les êtres humains mettent en avant leur sensibilité même si ils utilisent des outils intellectuels dans l'analyse ou leur obsession (comme certains critique d'art)
et part conséquent ta demande auprés d'autrui d'être "bienveillant" (même partiellement) est illusoire et je ne parle pas d'absolu... mais de réalité."





 


Il y a là un paradoxe. Dire "ce n'est pas un absolu, c'est la réalité", c'est contradictoire. Le besoin de ramener
une position théorique à la "réalité", c'est évidemment une autre façon d'imposer un point de vue. On ne parle pas ici d'une réalité commune indiscutable et unique. À partir du moment où on parle
de réception des œuvres, on est bien dans une réflexion sur l'humain, par nature donc protéiforme. L'injonction de réalité est donc ici un absolu dont vous devriez vous méfier (d'après vos
propres critères), puisque l'absolu ultime en pensée, c'est bien de dire : ceci est la réalité, ceci n'en est pas.





Il n'y a pas forcément d'un côté le pragmatisme qui consiste à être pessimiste, et de l'autre une soi-disante
utopie irréaliste qui consisterait à espérer que les spectateurs aient une approche bienveillante des œuvre d'art.  Oui, on peut tout justifier en art avec des beaux raisonnements. C'est
bien pour cela que la rigueur du raisonnement critique est en art moins important que la qualité d'ouverture et l'attitude de celui qui la profère. Si quelqu'un n'a pas donné sa chance à l'œuvre,
s'il n'a pas tenté d'être touché par elle, s'il n'a pas cherché a en partager intuitivement la démarche, que peut nous apprendre son avis ? (En soit c'est plutôt d'ailleurs une attitude de bon
sens, il serait erroné d'y voir une forme d'idéalisme. Du reste, il ne s'agit rien d'autre que d'un conseil, que chacun est libre de suivre ou pas, non d'un absolu).





Et quand on me dit "ceci est la réalité", alors qu'il n'y a rien de palpable et de prouvable pour supporter cette
position (surtout lorsqu'on est dans un cadre théorique, idéologique ou esthétique), je me dois de répondre "Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires" ;-)




gwenael lemeur 13/10/2010 15:08



"A vous lire, j'ai l'impression que vous vous méfiez de toute forme de pensée puisque la pensée peut toujours être réfutée et qu'elle n'est pas automatiquement convaincante. "


Pour expliciter mieux ma pensée, je dirais que je méfies de l'absolu dans la pensée comme de l'endoctrinement par la pensée, étant donné ce que mon expérience humaine m'a fait observé.


Et comme je le disais adolescent "à force de dire des conneries, on fini par y croire"


Ce qui revient à dire que la pensée peut elle même devenir une prison comme la sensibilité... rien de plus, d'où ma méfiance.


Mais vous allez me dire la méfiance n'est elle pas aussi une forme de prison.


Certes, comme le dirait Brassens avec le sceptique...



Gwendhale 29/05/2010 15:32



"Tout à fait. Je fais cependant partie de ceux qui pensent qu'un bon artiste doit être un bon artisan (c'est à dire qu'il maîtrise les principes et le savoir faire de son domaine). C'est
précisément pour cela que je ne vois pas d'opposition dans les termes. Ils se recoupent. "


Nous sommes tout à fait d'accord sur ça ! Comme dirait Brassens avec humour et poèsie "Elle avait le don, j'en conviens, elle avait le génie, mais sans technique un don n'est rien qu'un sale
manie. Certes On ne se fait pas Putain comme on se fait Nônne, c'est du moins ce qu'on prêche en latin à la Sorbonne !"


"Très bien, mais comme je ne dis pas une telle chose, j'imagine que vous réfutez l'idée de quelqu'un d'autre. D'ailleurs je suis d'accord avec vous : les prix ne sont pas signifiants, ils sont
utilitaires."


C'était juste pour compléter mon avis sur les Prix et votre avis...


 


 


"(j'aurais peut-être dû dire tout simplement sans a priori). "


 


Tout à fait, cela aurait évité que je vois une vision (ou connotation) Morale dans votre article, même si cela avait pour but de contrecarrer une vision toute morale ou éthique sur
l'art (le fait d'y mettre à tout prix des présupposés Politiques dans leur analyse, ou comme je l'ai dit avec Cimino de manière vulguaire d'examiner l'oeuvre sous le biais d'une
interprétation fallacieuse de l'auteur ; confère "raciste") *


 


"A vous lire, j'ai l'impression que vous vous méfiez de toute forme de pensée puisque la pensée peut toujours être réfutée et qu'elle n'est pas automatiquement convaincante. "


Vous avez taper juste lol ! et j'en rougis tant je me sens bête sur le coup...


 


Pour le reste vous avez entièrement raison dans votre discour, et cela m'a permis d'à nouveau réfléchir sur le problème de la "critique" et surtout sur son propre positionnement face à elle.
(cela est trés ressemblant, toute proportion gardé (le sujet n'est pas le même) à bien des égards à Albert Camus sur sa réflexion dans le Mythe de sisyphe)


En substance : "ce n'est pas parceque le Monde est absurde, que l'on peut se permette (ou faire) n'importe quoi"


Merci tout de même pour tout vos éclaircissements, cordialement Gwen



Gwendhale 29/05/2010 01:59



Récapitulatif de mes idées sur votre discour :


"En revanche, je pense que la critique intellectuelle du cinéma et ses méthodes méritent d'être critiquée quand elle prétend avoir une réponse définitive et autoritaire sur un sujet, lorsqu'elle
transmet des idées reçues, et produit une méfiance illégitime envers toute forme de création."


 


Cela se définit comme du charlatanisme pour parler plus vulguairement que vous et cela existe depuis la nuit des temps, les sciences ont sont rempli et cela leur permet de vivre et de trouver
leur légitimité. lol


Mon observation sur Spielberg  et sur la question "est-ce un artiste ou un faiseur" dit la même chose (quand bien même vous estimez que c'est exclusivement qu'une histoire de fruit
où légume : orange et ne répond pas à la méthodologie où aux outils qui permette une analyse ) 


Cela participe pour moi à la même duperie, comment biaiser toute réflexion sur l'objet en lui-même.


Il est noter que vous même vous ne répondez pas au questionnement que vous soulevez à savoir sur les outils de l'analyse, si ce n'est de dire qu'il faut analyser une oeuvre avec bienveillance et
essayé de ressentir l'émotion qu'elle est sensé susciter (orienté son analyse sur ce vers quoi elle tend). Mais en même temps vous dites qu'il faut une certaine connaissance de l'objet (d'ou
mon message précédent qui précise une nécessité d'une connaissance intellectuel (dans son sens commun) du cinéma) pour connaître l'objet et être pertinant sinon cela reste de
l'ordre d'un avis ou d'une sensibilité comme vous le dites si bien et n'a aucune légitimité (s'il l'on conçoit une légitimité dans tout ça, ce qui n'est pas mon cas)).


Or ce besion intellectuel n'aide pas spécialement la sensibilité, il en soit contraire.


"Soit l'analyse d'une œuvre a un intérêt quelconque pour comprendre cette œuvre, soit elle n'en a pas. La critique, l'analyse, ne sont pas censés être des jugements (même si le jugement peut y
jouer une part). En revanche, il est évident qu'une analyse donnée ou une tendance analytique méritent elle-mêmes d'être soumises au crible de la critique."


 


Quelque soit les outils utilisé, il y a toujours Jugement et la sensibilité qui intervient, et bienheureux à celui qui arrive à faire toujours la distinction. Votre discour est trés
théorique, or l'art est de l'ordre du sensible avant tout, malgré toute les théories, mouvement artistique et explication que l'on a inventé jusqu'a nos jours, sans vouloir relativiser.


Et d'aprés mes lectures pour toute théorie sur le sujet ou mouvement, il y a eu des critiques comme pour les théories d'einstein ou la théorie des cordes.


Seule le temps fait le ménage et encore...


Par conséquent je ne vois pas ou vous voulez en venir avec ce propos ?


Que certains critique ont l'immunité en ce qui concerne leur légitimité d'exercer ?


Ma foi, BHL dit bien des bétises et on le laisse faire, cela existe de tout temps Sartre a sorti des conneries et tant d'autre, comme Truffaut à l'égard de Walt Disney ce qui ne les as pas
empéché d'exercer ou de promouvoir leur idée...


" En revanche, je pense que la critique intellectuelle du c inéma et ses méthodes méritent d'être critiquée quand elle prétend avoir une réponse définitive et autoritaire sur un sujet,
lorsqu'elle transmet des idées reçues, et produit une méfiance illégitime envers toute forme de création. Refuser qu'on puisse raisonner contre la critique, sous prétexte qu'il est impossible de
raisonner contre le jugement"


Disons que pour ma part, je ne trouve pas cela exaltant et je l'avoue je reste trop flémmard pour le faire ou que je ne trouve pas le sujet essentiel ou vitale, nuance.


Mais je peux comprendre que cela vous touche étant donné que vous êtes directement concerné, d'ou mes propos concernant le fait que cela peut énervé.


Mais merci en ce qui concerne la misologie comme dit précedemment, cela enrichi mon vocabulaire et me rappelle à l'ordre concernant mon expression trés approximative.


Aprés cela ne remet pas en cause le fait que j'ai dit que votre histoire d'être dans un état réceptif de bienveillance lorsque l'on regarde une oeuvre reste utopique et illusoire !
Comme d'analyser le FILM sur ce quoi il tend. Cela reste assez évasif et ne détermine qu'une attitude à prendre et non comment la critique doit être ou son orientation et peut être
litigieuse dans le sens ou l'on est vite soumis exclusivement aux conceptions artistique de l'auteur.


Le fait par exemple que Cameron fait des scènes spectaculaire et bien executé dans la forme (c'est à dire bien story boardé et trés lisible (cela change du montage cut)) pour rester terre à
terre, l'exempte pas de faire un travail correct sur les acteurs ou le scénario(construction dramatique ect ect) ou encore le dialogue (cela participe aussi à la création et non
seulement la mise en image )


Pour finir sur le sujet des critiques :  si certains critiques ont parfois eu une vision éclairante que le metteur en scène n'avait même pas idée (c'est tout personnel comme
sensibilité) , Truffaut à l'égard d'Hitchcock : "Il filme des scènes d'amour comme des scènes de crime et des scènes de crime comme des scènes d'amour" si ma mémoire est bonne 


Cela n'a jamais été que des sensibilités légitimé par l'orientation créatrice de l'auteur et nappé d'une certaine conception vis à vis du cinéma du critique et ne peut se prévaloir d'être
des "vérités", même si certains critique le croit ou l'assène au public


D'où ma volonté de dire que c'est un faux débat.


J'en reviens à mes premiers propos, sans rentrer dans des jeux de vocabulaire.


Pour ma part j'ai pris l'habitude d'essayer d'analyser exclusivement les films que j'ai aimé, afin de ne pas rentrer dans ce genre de débat, et je trouve cela plus constructif et plus hônnète


Chacun effectue ses propres orientations ou réflexions concernant "la critique"


Pour finir lorsque j'ai cité Leibniz je pensais à leibniz et sa philosophie qui est cohérente si l'on reste dans son système, si l'on étudie réelement ses textes (comme son vocabulaire) et
non à Voltaire ou Rousseau qui se sont foutu de sa gueule... à tort ou à raison cela est une autre histoire.


Aussi cohérent que la Philosophie de Platon ou d'Aristote (nul ne fait le mal volontairement, sinon en vu d'un bien)  


Toujours est il que je ferais plus attention au propos que je tiens afin d'éviter toute ambiguité ou contradiction concernant mes dires et sensibilités. Et ne pas paraître discourtois (dans
le sens où j'ai eu l'impression que mes posts, à la lecture de tes réponses été ressenti (c'est ma sensibilité) comme étant une critique négative sur ton article, ce qui n'est absolument pas le
cas. Mais plutôt une interrogation sur sa finalité, si ce n'est d'avoir dit qu'il existe de mauvais critique et pourquoi)...



Struggling Writer 29/05/2010 05:40



Il est noter que vous même vous ne répondez pas au questionnement que vous soulevez à savoir sur les outils de l'analyse, si ce n'est de dire qu'il faut analyser une oeuvre avec bienveillance
et essayé de ressentir l'émotion qu'elle est sensé susciter (orienté son analyse sur ce vers quoi elle tend). Mais en même temps vous dites qu'il faut une certaine connaissance de l'objet
(d'ou mon message précédent qui précise une nécessité d'une connaissance intellectuel (dans son sens commun) du cinéma) pour connaître l'objet et être pertinant sinon cela reste de
l'ordre d'un avis ou d'une sensibilité comme vous le dites si bien et n'a aucune légitimité (s'il l'on conçoit une légitimité dans tout ça, ce qui n'est pas mon cas)).


 


Ce n'est pas tout à fait cela. Je pense qu'un avis est juste un avis et qu'il n'y a pas de raison de se priver de le donner. Comme je le disais comparer les sensibilités sur un film n'est pas
inutile. Cela peut nous permettre de réexaminer notre ressenti à l'aune de celui des autres. Et après tout, un film est d'abord une affaire de ressenti. Il n'y a donc rien d'illégitime à parler
de son ressenti, même sans analyse.


 


En clair, je pense qu' il n'y a aucune obligation pour un spectateur à analyser un film pour dire qu'il en a bénéficié ou pour dire légitimement qu'il a compris le film de telle ou telle façon.
D'abord parce que l'intuition se passe du discours (c'est même la caractéristique de l'intuition : une pensée sans discours) et qu'on peut très bien comprendre un film de façon purement
intuitive. L'objet de n'analyse d'une œuvre n'est pas de mieux comprendre l'œuvre, mais de mettre en valeur ce qui a été compris.


 


En revanche à partir du moment où un individu prétend se livrer à une analyse (même si celle -ci est basée sur le ressenti), il y a possibilité pour ceux qui reçoivent cette analyse de la juger
(c'est à dire d'estimer si celle-ci est pertinente ou non). Or celle-ci, parce qu'elle prétend être un discours rationnel, se doit d'obéir aux principes du discours rationnel, à savoir utiliser
des moyens adéquats et fonctiionnels par rapport à l'objet analysé. La sociologie ne sert pas plus à comprendre le projet d'une œuvre d'art qu'à comprendre le goût d'un Médoc. Tout ce que peut
analyser la sociologie, c'est la portée du Médoc dans nos interactions sociales.


 


Pour analyser un film, il faut se servir des bons outils. Ces outils sont donc bien en premier lieu l'intuition, la sensibilité, l'émotion. Raison pour laquelle j'explique qu'il est absolument
nécessaire d'être dans une position relativement bienveillante (j'aurais peut-être dû dire tout simplement sans a priori). A partir de là, tout outil conceptuel peut être appliqué sur
l'œuvre à partir du moment où ces outils sont adaptés à la compréhension des émotions et des intuitions qui la traversent. Cela peut être la connaissance de l'art du découpage, mais aussi la
connaissance de la mythologie (comme dans le cas de Djoumi), cela peut même être la politique (si l'œuvre a effectivement une portée politique), ou bien la connaissance du cadrage. Peu importe,
il n'y a pas qu'une clé pour entrer dans une œuvre. En revanche, appliquer sans précaution une clé psychanalytique à une œuvre comme District 9 par exemple en y voyant des symboles freudien
partout risque de ne rien nous dire sur District 9, voire de gêner sa vision…


 


Il n'y a donc pas pour moi, contrairement à ce que vous avez l'air de dire, de "besoin intellectuel" à analyser. En revanche, l'analyse d'une œuvre a son intérêt propre (qui peut être d'aider à
enseigner les principes de la construction scénaristique, à prolonger le choc d'une œuvre, à aider celle-ci à être mieux comprise – et donc mieux ressentie, lors d'une deuxième vision). J'ai
parfois eu ce plaisir, après avoir vu une œuvre qui ne m'avait pas touché à la première vision de tomber sur un texte ou sur une personne qui en parlait si bien, qui la mettait si bien en valeur,
que cela m'a donné la possibilité d'être touché, émotionnellement, par celle-ci à la deuxième vision. L'analyse est donc utile à l'art dans la mesure où elle alimente celui-ci tant du point de
vue des créateurs (en mettant en valeur les moyens dont ils peuvent disposer pour s'exprimer, ce qui leur permet de mieux comprendre les principes de leur art) ou bien du point de vue des
spectateurs (en éveillant leur intérêt pour des espaces insoupçonnés). J'ai dit que le cinéma est affaire entre autre d'intuition. Mais il est aujourd'hui montré que l'intuition bien que non
verbale s'alimente aussi par le discours, la connaissance, la réflexion consciente. C'est pourquoi un mathématicien de haut niveau a plus de chance d'avoir l'intuition d'un nouveau concept
mathématique que vous ou moi. Opposer comme vous le faite la sensibilité (qui est elle aussi reliée à l'intuition) et le discours, c'est une erreur. Sensibilité et analyse, dans le cas du cinéma
sont complémentaires. L'analyse alimente la sensibilité (mais n'est pas forcément nécessaire à celle-ci). La sensibilité, en revanche, est absolument nécessaire à l'analyse...


 


Je suis donc d'accord quand vous dites que l'art est sensible avant tout (et il est évident que ma position étant basée sur des théories, est théorique ; cependant, c'est aussi une position
pratique : je ne parle pas de l'art, ni de la compréhension de l'art, mais de l'analyse de l'art (qui n'est possible pour celui qui l'emet qu'après sa compréhension, puisque cette compréhension
fonde l'analyse). Ce n'est pas le temps qui fait le ménage dans les théories, mais l'esprit critique de chaque personne qui les reçoit. En tant que lecteur, je me fiche bien que telle théorie
soit ou non oubliée dans cinq cents ans, c'est à dire après ma mort, je veux juste que la théorie fonctionne et soit pratique pour moi et c'est à cette aune seule que je peux la juger.


 


Ma foi, BHL dit bien des bétises et on le laisse faire, cela existe de tout temps Sartre a sorti des conneries et tant d'autre, comme Truffaut à l'égard de Walt Disney ce qui ne les as pas
empéché d'exercer ou de promouvoir leur idée...


 


Je ne comprends pas de quoi vous parlez. Le fait qu'il y ait des raisonnements faux, ne doit pas nous empêcher de raisonner. (Ou alors, on est encore ici dans la misologie). Oui rien n'est absolu
et tout le monde peut se tromper… Et ?


 


Aprés cela ne remet pas en cause le fait que j'ai dit que votre histoire d'être dans un état réceptif de bienveillance lorsque l'on regarde une oeuvre reste utopique et
illusoire


 


Je vous assure que ça marche très bien pour moi… Après j'ai peur que vous compreniez cette injonction comme étant un absolu. Or ce n'est pas le cas. Je ne dis pas que tout le monde doit voir un
film ainsi, mais qu'un critique, pour faire son travail de critique (le terme critique ne signifie pas ici "celui qui attaque les films qu'il voit parce qu'il ne sont jamais assez bien pour lui"
mais "celui qui examine les films sous l'angle de la raison", de la raison, notez bien, notion qui n'exclut au départ ni l'intuition, ni l'émotion, mais demande l'application de la méthode
rationnelle à l'objet qu'il examine – à la différence du rationalisme qui estime qu'il n'existe aucune perception juste en dehors de la raison elle-même) doit faire cet effort, sans cela son avis
n'est à mon sens pas une critique, mais juste un avis (ce qui comme je le disais n'est pas déshonorant, si c'est assumé).


A vous lire, j'ai l'impression que vous vous méfiez de toute forme de pensée puisque la pensée peut toujours être réfutée et qu'elle n'est pas automatiquement convaincante. La peur de se tromper
ne doit pas nous empêcher d'exercer notre capacité à réfléchir sur les sujets qui nous importent. Après, peut-être que ce sujet là ne vous importe pas…


Cela n'a jamais été que des sensibilités légitimé par l'orientation créatrice de l'auteur et nappé d'une certaine conception vis à vis du cinéma du critique et ne peut se prévaloir
d'être des "vérités", même si certains critique le croit ou l'assène au public





Je ne parle pas de l'orientation créatrice de l'auteur. Les auteurs créent en grande partie de façon intuitive. Ils laissent donc la place à l'interprétation. Qu'une interprétation puisse être
originale, c'est une évidence. La question est juste de savoir si une interprétation est pertinente. Et cela ce n'est pas à l'auteur de le dire (d'ailleurs la plupart s'en gardent bien).


 


Une critique fertile, c'est celle qui donne envie de voir ou de revoir l'œuvre, c'est celle qui donne envie au futurs créateurs de faire des films. De mettre en application les principes qui ont
été élaborés et de s'en servir pour alimenter leur propre créativité. C'est celle qui met en valeur les qualités et défaut ressenties comme justes par le lecteur. A côté de cela, il y a tout un
pan de la critique, qui se contente juste d'appliquer ses grilles préétablies et dont l'influence est néfaste, infertile. Elle joue sur la peur du lecteur d'être trop peu intelligent pour
comprendre les films, ou d'avoir été berné par un auteur, elle essaye de maintenir sa main-mise intellectuelle par une apparence de cohérence. C'est une critique qui se moque bien du cinéma
lui-même et ne cherche pas à le servir, mais à se servir elle-même. Expliquer comment elle fonctionne, montrer ses limites, c'est un moyen de lui faire perdre de son effet auprès des quelques
lecteurs de ce blog ou de leur donner un moyen de mettre le doigt sur ce qu'il ressente intuitivement sans l'avoir eux-mêmes exprimés le cas échéant. Apparemment cela ne vous concerne pas. Mais
je suis content de savoir que vous n'avez pas perdu votre temps en passant par ici…


 


Je ne vois donc pas en quoi parler de ce qui permet à une critique d'obtenir le but qu'elle s'est fixé (éclairer sur une œuvre) est un faux débat. Un faux débat, c'est une opposition entre deux
affirmations qui n'ont pas lieu d'être opposées (par exemple "le cinéma est-il un art ou un artisanat ?"). Ici, ce n'est pas le cas. Ce n'est pas non plus un propos vain, à part pour ceux qui
considéreront que la critique d'une œuvre n'a aucune espèce d'importance et qu'elle ne mérite pas d'être bien faite (ce qui n'est pas mon cas)...


 


La finalité de mon article n'est pas de convaincre les mauvais critiques qu'il sont mauvais (les incompétents dans tous les domaines ne sont pas à même de voir leur incompétence, c'est justement
cela qui les rend ainsi), mais bien de permettre d'opposer à un discours ambiant une voix discordante, et de poser à une critique qui s'auto-congratule une exigence pragmatique (et non seulement
théorique). Rappeler que tout travail mérite qu'on le fasse bien, même celui de critique, même celui d'analyste du cinéma, ce n'est peut-être pas une grande ambition, mais elle est suffisante
pour un article de blog somme toute assez modeste…



Gwendhale 28/05/2010 16:17



Lorsque je dis c'est dans l'ordre des choses, cela revient à dire c'est une réalité que cela plaise ou non. De tout temps les rivalités de conception ou des outils pour analyser un objet ou un
sujet sont présents (il n'y a qu'a voir en philosophie), en substance c'est cela le sujet de ton article, comme le livre de descartes "discours sur la méthode".


Aprés je ne sais pas si tu es un intellectuel, mais ta manière d'aborder le sujet est intellectuel, en ce sens ou tu dis qu'il faut au préalable pour analyser un film avoir les outils adéquate
(donc il reste évident qu'il faut avoir une connaissance appronfondis des formes stylistiques cinématographique, de la grammaire filmique, de la photographie, montage, de la décoration, du jeu de
l'acteur ect ect et ce genre de connaissance est intellectuel dans son sens courant, car il est impossible de les avoir assimilés sans avoir fait un travail intellectuel (c'est à dire d'avoir le
goût de réfléchir sur les conceptions cinématographiques existantes et le travail artistique des artistes))


L'introduction de Liebniz(ortho ?) et non de Voltaire n'avait pas pour but de vouloir relativiser les choses mais de minimiser l'impact de ton combat (au vu des termes utilisés : délires
interprétatifs) envers ce genre de déviance d'analyse filmique qui reste sans fin (je parle du combat)...


D'ailleur, Voltaire d'aprés mes souvenirs (j'ai lu ça adolescent) ce n'est pas Candide qui relativise sur le monde mais son comparse (reprends moi si je suis dans l'erreur), candide ne fait que
reprendre ses propos à cause de sa candeur, Voltaire n'a pas spécialement foutu en l'air la philosophie de liebniz, il s'en moque en montrant son absurdité c'est tout. 


Puisque à la fin : le héros ne trouve de solution que dans le fait de cultiver son Jardin, c'est à dire de se créer sa propre réalité ce qui n'est pas spécialement une réponse éclairante.


Brassens à l'inverse de ce que tu dis, ne dis pas autre chose que quoi que l'on dise ou fait (analyse, conceptualisation ect) on l'en revient toujours à notre propre jugement et
sensibilité (ce qui ne veut pas dire que celui ci est figé ou qu'il ne soit pas influençable par d'autre, il arrive souvent que l'on se laisse influençé c'est avant tout parceque nous même
avons fait cette démarche ou que l'on nous ai donné les outils pour le faire)  : il fait référence à descartes "le bon sens est la chose la mieux répandu chez l'homme, car quoi qu'il en
soit pourvu il a toujours l'impression d'en avoir assez, vu que c'est avec ça qu'il juge" et aussi à la mauvaise foi de l'époque qui consiste à dire que tout les avis se valent (position
relativiste) et personne n'a raison.


Et en ce sens il te rejoint dans ses propos. Puisque tu penses qu'il faut avoir les outils adéquates pour analyser un temps soit peu correctement un film, ton avis et analyse est tranché.


 


Pour ce qui concerne le terme stérile je l'entends dans le sens ou j'ai l'impression que tu prêches pour une paroisse, donc pour un public qui est sûr (ou qui est sensible) de la pertinence
de ton article.


Cela me fait penser, toute comparaison sur le contenu serait complétement fallacieux, à l'émission de Mermet ou celle ci est faite pour un certain public. Certes les personnes qui ont des avis
divergents peuvent s'exprimer, mais cela se résume à une simple confrontation, il n'y a rien de positif là dedans. 


J'exprime là une sensibilité que j'avais extrèmement mal énoncé, lors de mon premier post.


Le seul intéret  que j'ai eu lors de la lecture de votre article, c'est sa clarté et votre envie de rendre intelligible (compréhensible) et de manière trés pédagogique des notions qui
reste la plupart du temps plus au moins vague et vos réponses m'ont conforté dans cette idée, et c'est vraiment sa grande qualité !


En espérant ne pas avoir encombrer inutilement votre site de mes messages.



Struggling Writer 29/05/2010 03:57



Lorsque je dis c'est dans l'ordre des choses, cela revient à dire c'est une réalité que cela plaise ou non.


 


C'est le cas de beaucoup d'idées qui méritent d'être remises en cause. Il est dans l'ordre des choses que les experts économiques prônent le tout économique, que beaucoup de polititiens fassent
leurs campagnes sur l'insécurité, ou que les intégristes combattent l'avortement. Cela ne veut pas dire qu'on ne peut pas leur opposer un discours. Ce discours ne vise d'ailleurs pas à leur
enlever une réalité, puisque sans cette réalité, le discours d'opposition n'aurait pas lieu d'être. En clair, j'ai du mal à comprendre ou vous voulez en venir : oui, de tout temps, il y a eu des
gens pour défendre des idées que d'autres jugeaient néfaste, mais je ne vis pas à une autre époque, je vis aujourd'hui, et lorsque j'estime qu'un discours de mon temps est dommageable pour la
société dans laquelle je vis, le fait qu'il existe sous une forme ou une autre depuis la nuit des temps, n'est pas mon problème : je tente dans la mesure du possible de m'y opposer en fonction
des moyens dont je dispose et dans le cadre du débat de bonne foi.





Aprés je ne sais pas si tu es un intellectuel, mais ta manière d'aborder le sujet est intellectuel, en ce sens ou tu dis qu'il faut au préalable pour analyser un film avoir les outils
adéquate


 


Sauf que, comme je le dis plus haut, l'outil adéquat, c'est précisément de faire appel à la sensibilité, l'intuition et l'émotion, qui sont les moyens et l'objet de l'art, donc ce n'est pas
intellectuel (au sens de cérébral). Donc ma façon d'aborder le cinéma n'est pas intellectuel. Je pense qu'un spectateur peut bénéficier d'un film, à partir du moment où il laisse la possibilité à
l'intuition et à l'emotion d'exister (et s'il a ressenti une émotion quelconque en rapport avec le film, ce qu'il a ressenti n'est pas discutable en soi, la seule chose qui peut être faite, c'est
peut-être de comparer les impressions et les émotions entre divers sepctateurs du film, ce que font souvent les gens qui vont au cinéma). Le discours sur le film importe moins que la réception du
film chez un spectateur donné. Aucun discours sur un film, si malin soit-il, ne peut remplacer l'émotion ressentie ou les intuitions qui surgissent dans la salle. C'est pourquoi un discours
critique fertile sur le cinéma se fonde efefctivement sur le sentiment, l'émotion, l'intuition. Le présupposé ici est que ce ressenti, cette intuition, cette émotion d'autres l'ont eu et
comprendront à travers l'analyse pourquoi ou comment ce ressenti, cette intuition, cette émotion est née (pour peu que le sujet les intéresse et que les procédés pour y arriver éveillent leur
curiosité). Je dois ajouter que je comprend très bien les spectateurs qui détestent l'analyse du cinéma. Je pense que l'analyse si elle est bien faite, permet de ressentir plus, d'avoir plus
d'émotion, du moins pour certains spectateur et d'avoir une plus grande exigeance face à ce que l'on voit. Mais d'un autre côté, je comprends que l'on veuille conserver intacte la magie, et ne
pas vouloir trop savoir comment le lapin est sorti du chapeau.


 


Parler d'outil n'est donc pas à entendre dans un sens intellectuel. Un outil peut très bien être émotionnel, et ici, c'est le cas. La confusion semble provenir du fait que pour analyser une œuvre
d'art il faut être capable de passer de l'emotion à l'analyse. S'il y a bien démarche intellectuelle, elle est donc seulement au service de l'émotion. Dans mon cas particulier, je considère que
l'intérêt d'une analyse d'une œuvre doit être "réversible" : c'est à dire qu'en expliquant comment un auteur a atteint son objectif (ou l'a manqué) dans une situation donnée elle doit donner des
pistes pour un autre auteur sur la façon de s'y prendre ou sur ce qu'il faut éviter dans un cas similaire.


 


"D'ailleur, Voltaire d'aprés mes souvenirs (j'ai lu ça adolescent) ce n'est pas Candide qui relativise sur le monde mais son comparse"


 


C'est vrai, j'ai fait cette erreur courante, vous avez raison de le préciser, c'est bien Pangloss qui dit cela, cependant Candide l'approuve avant de décider de cultiver son propre jardin…





Pour ce qui concerne le terme stérile je l'entends dans le sens ou j'ai l'impression que tu prêches pour une paroisse, donc pour un public qui est sûr (ou qui est sensible) de la
pertinence de ton article.


 


C'est en partie vrai, parce que je ne pense pas qu'il soit utile de convaincre ceux qui utilisent le rationalisme pour parler du cinéma qu'ils sont dans l'erreur. Je cherche plutôt à parler aux
autres : 1° ceux qui sont intuitivement persuadés que ce discours est dans l'erreur, mais qui n'osent pas ou ne savent pas y répondre, 2° ceux qui, n'ayant pas d'opinion établies sur le sujet,
peuvent se laisser impressionnés par l'air d'autorité des thuriféraires du tout-politique, et méritent qu'on leur offre d'autres points de vue sur la question…


 


Dans un débat public (même si ce débat a lieu par le biais d'un instrument aussi modeste que ce blog) on ne doit pas forcément chercher à convaincre son contradicteur; mais bien l'assemblée
silencieuse qui peut juger par elle-même de la pertinence des arguments des deux parties. Cela sert aussi à améliorer la qualité de sa propre pensée et de ses arguments et la faire évoluer. La
confrontation des idées est toujours positive, je suis en profond désaccord avec vous sur ce point, et il n'est pas besoin de convaincre son interlocuteur pour qu'elle le soit. Craindre le
conflit, la contradiction, c'est craindre la vie elle-même (un conflit ne mène pas nécessairement au pugilat ou à la défaite d'une des deux parties : même pour résoudre une situation
problématique de façon pacifique, il importe de poser les enjeux du conflit). S'opposer intelligemment à un discours, ce n'est pas dire que ce discours ne doit pas être tenu (ce serait du
totalitarisme), mais bien montrer en quoi ce discours n'est pas unique et chercher à mettre en valeur ses défauts ou ses présupposés cachés (ici, que l'angle des sciences humaines permet
d'analyser une œuvre d'art, par exemple), montrer en quoi, selon nous, il peuvent être erronés ou irréfléchis, pour que ceux qui nous lisent puisse se faire une opinion par eux-mêmes.





"En espérant ne pas avoir encombrer inutilement votre site de mes messages."


 


Ce n'est pas inutile, au contraire, merci de prendre le temps de me lire et de me répondre, vos réponses ne manquent pas d'intérêt, bien au contraire. Il est évident que nous sommes d'accord sur
le constat et que si nous avons des désaccord c'est sur les moyens à mettre en œuvre à partir de là. C'est une question importante et qui vaut la peine d'être examinée.



Gwendhale 28/05/2010 12:39



Pour finir, certes les Prix et distinction ne signifie rien en soit. Mais je réfute l'idée qu'ils ne servent à rien ( un cela sert à l'artiste concernant sa propre promotion, deux cela aide
l'oeuvre à se faire connaître et à être diffusé ce qui n'est pas rien).


 


Je n'aurais jamais put voir par exemple "bouges pas, meurs et réssuscites" si celui-ci n'avait pas eu de prix (caméra d'or), car dans ce cas il n'aurait jamais été diffusé dans les cinémas
français.



Struggling Writer 29/05/2010 03:00



mais je réfute l'idée qu'ils ne servent à rien


 


Très bien, mais comme je ne dis pas une telle chose, j'imagine que vous réfutez l'idée de quelqu'un d'autre. D'ailleurs je suis d'accord avec vous : les prix ne sont pas signifiants, ils sont
utilitaires.



Gwendhale 28/05/2010 11:25



Merci pour ce complément d'information concernant la notion d'art. C'est un reflexe de ma part étant donné que cette notion a été par trop usité à tort et galvaudé (j'entends dans le sens
courant).


Ta définition tient la route, mais elle n'a pas été réelement expliciter sur ton article (je sais ce n'est pas l'objet de l'article). d'où ma méfiance sur le terme usité : Art


Et ma foi, bien des artistes se considère eux mêmes comme des artisans : Brassens, Bach ect


 


 


intellectuel je l'entends dans son sens courant (qui a un goût prononcépour les choses de l'intelligence, de l'esprit et non d'une personne qui conceptualise, sartre ect), maintenant libre
à vous de refuser cette apellation, comme amoureux du cinéma qui m'a fois désigne simplement ton intérét et ta curiosité sur le sujet (cela ne veux pas dire que tu aimes TOUT le
cinéma).


C'est là une histoire de vocabulaire, vous jouez avec les mots...


 


 


"Contrairement à ce que vous avez l'air de penser, je suis profondément indifférent au fait qu'on ne soit pas de mon avis au sujet d'un film ou d'un autre. En revanche, je pense que la critique
intellectuelle du cinéma et ses méthodes méritent d'être critiquée quand elle prétend avoir une réponse définitive et autoritaire sur un sujet, lorsqu'elle transmet des idées reçues, et produit
une méfiance illégitime envers toute forme de création"


Là n'était pas ma réflexion, mais plutôt de vous dire que les personnes ayant une analyse sur un film avec pour visée un point de vue Politique, sociologique ect...Que tout cela,
j'en conviens est énervant surtout lorsque ceux ci ont un pouvoir sur vos propres créations !  je réponds sur la fin de votre Post.


 


Stérile j'en parle en terme de communication, car cela ne va pas changer vos propres conceptions et sensibilités en ce qui concerne le cinéma, ni celles des autres qui ont pour angle et analyse
filmique qu'une vision politique, sociologique ect sur le cinéma et qui l'execute la plupart du temps avec arrogance et aveuglement.


C'est se battre la plupart du temps contre des moulins à vent, rien de plus...


Et cela ne veux pas dire non plus qu'il faille se taire et ne pas exprimer ce que l'on ressent ou croit et que tout se résume à une histoire de sensibilité.


 


Je disais, même si je m'exprime extrèmement mal, que les éléments que tu énumères (Bienviellance, sensibilité, analyse, conception artistique, politique sociologique sont étroitement lié). Et
quand bien même on effectue une analyse trés travaillé sur une oeuvre (michel aumont : lynch ou michel ciment : Kubrick), il en ressort pas toujours de la pertinence ou de l'objectivité même
si un gros travail analytique a été effectivement fait.
Et de surcroit que l'on n'est pas toujours réceptif aux qualités d'une oeuvre cinématographique, car la sensibilité est lié étroitement à l'analyse (analyse qui nécessite un gros éffort, en rêgle
général on effectue une analyse lorsque le sujet nous intéresse ou que l'on déteste, rarement lorsque le sujet nous indiffère), d'où mes propos que cela reste utopique et même illusoire
d'effectuer une séparation entre l'analyse, la sensibilité, la bienveillance ou de demander de la part des analystes ou critique de la bienveillance lors du visionnage.


Même si c'est vers ça que nous devrions tous tendre. (confère message précedent : On devrait s'intéresser davantage à comment il a été fait et pourquoi, qu'a qu'est-ce que nous aurions voulu
y voir. Ne pas analyser une oeuvre selon nos attentes ou sous un angle politique, sociologique en gros)


 


Aprés je reste entièrement d'accord avec vos propos, sauf en ce qui concerne voltaire ou Brassens ou c'était de ma part une volonté d'Ironiser lol


 


Tout de même merci de m'avoir repris sur la question de misologie...



Struggling Writer 29/05/2010 02:56



"Ta définition tient la route, mais elle n'a pas été réelement expliciter sur ton article"


 


C'est vrai, mais c'est simplement parce que j'utilise l'art au sens le plus neutre et le plus commun possible (donc la définition qu'on peut trouver dans tout bon dictionnaire). C'est uniquement
lorsqu'on ne le fait pas et qu'on restreint sa définition (comme par exemple dans le cas de Bazin) qu'il est rationnellement nécessaire de définir ce qu'on entend par le concept à l'intérieur de
son discours.


 


"Et ma foi, bien des artistes se considère eux mêmes comme des artisans : Brassens, Bach etc."


 


Tout à fait. Je fais cependant partie de ceux qui pensent qu'un bon artiste doit être un bon artisan (c'est à dire qu'il maîtrise les principes et le savoir faire de son domaine). C'est
précisément pour cela que je ne vois pas d'opposition dans les termes. Ils se recoupent.


 


"C'est là une histoire de vocabulaire, vous jouez avec les mots..."


 


Pas tant que ça. Il me semblait important de le préciser parce que :


 


• Se considérer comme un intellectuel, c'est se donner une autorité, et je ne tiens pas particulièrement à en avoir. Par ailleurs je suis plus intéressé par l'émotion que par la cérébralité
(terme qui est souvent associé à celui d'intellectuel).


 


• Se considérer comme un amoureux du cinéma, c'est supposer à un certain niveau qu'on abandonne son sens critique (l'amour est aveugle), ce que je ne veux pas faire.


 


Stérile j'en parle en terme de communication, car cela ne va pas changer vos propres conceptions et sensibilités en ce qui concerne le cinéma, ni celles des autres qui ont pour angle et
analyse filmique qu'une vision politique, sociologique ect sur le cinéma et qui l'execute la plupart du temps avec arrogance et aveuglement.


 


C'est là que nous sommes en désaccord. L'histoire de la pensée avance parce que des idées sont combattues. Que les tenants d'une ancienne conception ne puissent être convaincus, c'est souvent
vrai. Mais le fait de remettre en cause leur conception n'est pas destiné à ceux-ci qu'à la "majorité silencieuse'" qui les subit. C'est en ce sens que je trouve l'article de Djoumi important. Il
a été publié sur un site qui n'est pas spécialisé en cinéma populaire et a permis à des gens de mettre des mots sur un ressenti sans avoir forcément eu le temps ou la possibiliét de l'exprimer
auparavant (le fait par exemple que la critique politique d'Avatar n'était pas pertinente quelle que soit l'opinion qu'on puisse avoir sur le film par ailleurs).


 


C'est un peu comme le discours des "experts économique"s. Lorsqu'ils disent qu'il n'y a qu'une seule façon de faire, ou d'agir, c'est d'aller vers le libéralisme, la réponse qui leur a été opposé
(par des gens comme Bernard Maris, Serge Halimi, ou autre) a été simple : un autre monde est possible, que l'économie n'est pas la réponse à tout, qu'elle n'est pas une science, mais que son
interprétation dépend largement de présupposés idéologiques, et que, donc, il est possible de remettre en cause ces dogmes. Le but n'était pas de convaincre Alain Minc ou Jean-Marc Sylvestre mais
de saper leurs arguments d'autorité auprès du grand public (argument qui peut se résumer par "l'économie vous n'y comprenez rien, donc laissez faire ceux qui savent") et de permettre à ceux qui
en avaient l'envie ou la curiosité de disposer d'armes intellectuelles pour ne pas être sans voix, face à ses discours. Laisser la place à un discours unique est toujours dangereux. Est-ce
combattre un moulin à vent je ne sais pas, en fait personne ne le sait. L'affrontement entre les partisans du tout économique et ceux qui prônent un retour du politique, de la démocratie dans
l'économie est loin d'être terminé…


 


Or, le parallèle existe bien avec le cinéma, il y a bien un discours, une pensée unique sur celui-ci, qui est relayé par de nombreux acteurs qui disent tous la même chose : "Hollywood est le
messager d'une entreprise politique et idéologique, analyser les film sous un angle autre que celui de la politique est donc naïf". Que Rakik Djoumi ait commencé à le saper, à montrer qu'une
autre façon de penser le cinéma est possible est un soulagement. Certes, cela n'est pour l'instant que peu relayé, mais c'est un début, une étape importante en tout cas pour permettre à un autre
discours sur le cinéma d'émerger.


 


"il en ressort pas toujours de la pertinence ou de l'objectivité même si un gros travail analytique a été effectivement fait."


 


Bien entendu, parce que tout discours fertile sur le cinéma trouve son origine dans la sensibilité de celui qui l'emet. C'est exactement ce que je veux dire. Un discours fertile sur l'art peut
bien sûr être un discours rationnel, mais un discours rationnel qui se fonde sur les intuitions et les émotions ressenties lors de la réception de l'œuvre. Or le discours rationnaliste, lui,
prône la méfiance, d'une part, et sur le refus de l'émotionnel d'autre part. Ce qui en fait un très mauvais outil pour parler d'art. C'est en ce sens que je dis qu'il faut aborder un film avec
ouverture et bienveillance. Laisser la possibilité aux émotions du film, aux intuitions qu'il suscite de faire leur chemin. Seulement alors une critique rationnelle (et non rationnaliste) est
possible. Voir un film objectivement est impossible. En revanche, recevoir un film avec ouverture et d'une manière qui lui laisse la possibilité de nous toucher et réfléchir ensuite, avec sa
connaissance du cinéma (c'est à dire du découpage, de la construction scénaristique, des déterminations non techniques) sur la façon dont il touche nos émotions, si cette démarche analytique
présente un intérêt pour le spectateur (l'analyse n'est pas selon moi obligatoire pour le spectateur, elle l'est seulement pour le critique). Sans émotion, sans laisser à celles-ci la possibilité
de surgir à partir du film, l'exercice est sans objet puisqu'il n'y a en fait rien à analyser. Le discours sur le cinéma peut donc être rationel, mais il ne saurait être objectif. C'est
précisément le point que je tenais à soulever dans cet article.



Gwendhale 27/05/2010 17:02



RECTITICATIF MESSAGE 2 : par objectivité je l'entends comme une reconnaissance de l'intelligence du travail accompli ou du talent d'une personne sans pour autant que l'on y adhère
ou que cela nous plaise. Nous sommes avant tout des êtres sensible, donc enclin à la subjectivité. 


Le débat que tu soulèves est un débat qui existe depuis le commencement du cinéma et même avant, ou des hommes comme Chaplin, Hitchcock, spielberg ect ont été les objets.


Est-ce des artistes ou des faiseurs intelligents ? Tant leur film ne se préoccupé point (à part Chaplin) d'intégrer absolument et de manière visible des éléments intellectuels
(godart) ou préoccupations politiques (Pasolini), littéraire(bergman), sociologique(boorman) ou esthétique (visconti)...


Mais plutôt de divertir et d'happer l'attention du spectateur, parfois avec Génie (DUEL de spielberg).


Allant même pour certains d'être représenté comme des pervers dans certaines critiques (Hitchcock avec "fenêtre sur cour" ou il fut désigné comme un voyeur pervers ou Cimino de Raciste (comme
Alan Parker avec midnight express) lors de la sortie de "l'année du dragon").


Pour ma part ce que tu déplores : manque d'ouverture d'esprit (restriction de l'analyse d'un film par une vision sociologique, politique...) se retrouve dans les analyses et conceptions sur le
cinéma de ceux là même qui crée le cinéma (cinéaste (impressionnisme, néoréalisme, nouvelle vague ect), photographe (hamilton ect), acteur (comedia de l'arte, actor studio ect).


Et l'on voit que la plupart des analyses même intellectuel de cinéma se résume à des sensibilités qui sont construites (par l'histoire humaine de l'analyste, par la connaissance du sujet,
des orientations politiques, d'une appartenance sociologique, des conceptions artistiques ect ect)


Et je dirais même que cela est dans l'ordre des choses ("tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles"), sans vouloir être consensuel ou être un relativiste mondain....


Pour ma part AVATAR est un échec artistique quand bien même ceux qui y ont participé sont bourrés de talent (les infographistes, les décorateurs). L'écriture est bien trop mauvaise pour espérer
quoi que ce fut de bon en ressorte (dialogue des plus basique et adolescent, scénario lorgnant outrageusement sur le mélo/western danse avec les loups (que je n'avais pas apprécié non plus),
scène d'action peu inventive et conception de Pandori guère imaginative (je l'entends d'un point de vu des moyens qu'ils avaient et de l'imaginaire crée (bestiaire tout le temps à 6 pattes, 4
pattes devant)


Une chanson de Brassens qui parle du thème abordé dans votre article avec virtuosité :


Quand on n'est pas d'accord avec le fort en thème
Qui, chez les sorbonnards, fit ses humanités,
On murmure in petto : "C'est un vrai Nicodème,
Un balourd, un bélître, un bel âne bâté."
Moi qui pris mes leçons chez l'engeance argotique,
Je dis en l'occurrence, excusez le jargon,
Si la forme a changé le fond reste identique :
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."

[Refrain] :
Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.
Entre nous soit dit, bonnes gens,
Pour reconnaître
Que l'on n'est pas intelligent,
Il faudrait l'être.

Jouant les ingénus, le père de Candide,
Le génial Voltaire, en substance écrivit
Qu'il souffrait volontiers - complaisance splendide -
Que l'on ne se conformât point à son avis.
"Vous proférez, Monsieur, des sottises énormes,
Mais jusques à la mort, je me battrais pour qu'on
Vous les laissât tenir. Attendez-moi sous l'orme !"
"Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des cons."

[Refrain]

Si ça n'entraîne pas une guerre civile
Quand un fâcheux me contrarie, c'est - soyons francs -
Un peu par sympathie, par courtoisie servile,
Un peu par vanité d'avoir l'air tolérant,
Un peu par crainte aussi que cette grosse



Struggling Writer 28/05/2010 06:07



"Est-ce des artistes ou des faiseurs intelligents?"


 


Ça pour le coup, ça me paraît être le type même du faux débat : tomate, fruit ou légume… On peut être diverti par une œuvre d'art. Les deux concepts ne s'opposent que chez ceux qui tentent de se
prévaloir d'une distinction du goût.


 


"je dirais même que cela est dans l'ordre des choses"


 


Au passage, une fonction de la pensée critique est précisément de remettre en cause ce qui paraît être dans l'ordre des choses, mais qui pose problème. Ce n'est pas parce qu'ile st dans l'ordre
des chose qu'il faut accepter et s'abstenir de réagir face à une situation ou la pensée correcte est de parler du cinéma sans jamais parler de ce qui fait le cinéma. Au passage, c'est précisément
l'ironie de Voltaire quand il écrit que "tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes" : Candide est précisément ridicule parce qu'il est celui qui se contente du monde tel qu'il est, y
compris lorsque l'ordre établi est scandaleux…


 


Quand à Brassens, il a écrit de belles chansons, mais celle-ci n'est pas plus en rapport avec mon article que Gare au Gorille. Je n'y dis pas plus que "Ceux qui ne pensent pas comme nous sont des
cons" que le contraire…


 


En revanche, il est difficile de faire comprendre qu'on puisse avoir une réflexion sur la critique sans pour autant vouloir que les critiques défendent les mêmes films que moi. Ce dont je parle,
c'est de méthode, non de goût, ou de divergence d'opinion.



Gwendhale 27/05/2010 13:24



"C'est évidemment très différent d'une opinion particulière (et a priori sensible, même si c'est une sensibilité que je ne partage pas) sur le travail de photo de Blade Runner, ou d'une
déception née de la divergence avec l'œuvre originale de Philip K. Dick (qui pose un autre problème, même s'il est lié à celui dont j'ai parlé, à savoir celui des attentes face à une
œuvre)…"


T'inquiète Blade Runner a tout de même reçu le BAFTA(oscar anglais) de la meilleur photographie... comme quoi certains ont été enthousiasmé par le travail du photographe,
contrairement au Journaliste de Metal Hurlant (je crois que c'était philippe manoeuvre)


J'oubliais, pour ma part il n'y a aucune divergence notable entre le film et le livre, si ce n'est dans le traitement du sujet, l'un est lyrique et shakesperien, l'autre est
humoristique et ironique.


Le cinéma n'a pas pour vocation ou devoir Morale de retranscrire plan par plan sur écran une oeuvre littéraire (comme pour le Pianiste de Polanski ou Autant en emporte le vent).


Car cette approche ne peut que réduire la créativité cinématographique.


Mais de créer un monde sensible et cohérent (witness en est un parfait exemple) par le biais de l'image tout en respectant le matériel adapté (thématique, histoire dans ses grandes
lignes), si l'on est un tant soit peu créatif !


Parfois cela donne des oeuvres aussi réussi et même parfois bien meilleur que l'oeuvre adapté (apocalypse now, little big man, rusty james ect) d'autre fois cela est une
déception "le Parfum" (la transformation du conte en thriller "au faux suspense" crée dans le film a nuit aux thématiques abordés dans le livre et qui faisait toute la richesse du
livre)


Mais cela j'en conviens est un autre débat...



Struggling Writer 28/05/2010 05:55



T'inquiète Blade Runner a tout de même reçu le BAFTA(oscar anglais)


Je ne suis pas inquiet, les prix ne signifient rien… Qu'on soit enthousiaste ou pas n'est pas le problème. Encore une fois, je ne parle pas du jugement…


 


Et effectivement, pour le reste, c'est bien un autre débat...



Gwendhale 27/05/2010 11:03



Tout d’abord merci pour ta réponse clair et réfléchi, mettant en relief certains de mes propos pouvant paraître contradictoire. Je me suis
sans doute mal exprimé.


La distinction entre art et artisanat est pourtant simple,  l’art et l’artisanat se différencie
dans leur objet et de la manière dont ils sont diffusés (quand bien même il s’agit d’œuvre comme l’on dit d’ »artiste »). André Bazin l’explique mieux que moi dans « qu’est-ce que
le cinéma »  d’après mes souvenirs.


Ce sont pour parler vulguairement des produits de par leur mode de diffusion pour un certain public ciblé, que se soit les films de steven
spielberg ou d’Ingmar bergman .  Même si cela déplait à certains adorateurs de Bergman, cette analyse souffre d’aucune exception.


J’en conviens, le cinéma est souvent définit comme étant comme le 7ème Art, définition pour ma part qui ne rend pas justice à la
manière dont un film s’exécute et de l’influence des intervenants sur le film (éclairagiste, acteur, monteur, décorateur etc) et surtout à la manière dont le film est vendu et diffusé.


Une autre définition explique qu’un artiste est celui qui repense de manière créative le monde (albert camus dans le mythe de sisyphe). A
chacun ses propres  définitions…


Ce qui est sûr ce que je viens de dire n’est en aucun cas une vérité mais un avis personnel, comme signalé précédemment.


Par la suite, tu voudrais que le spectateur ou le critique fasse la  même démarche
intellectuel  amoureux du cinéma que toi. Ce qui est ma foi illusoire et utopique comme dit précédemment.


Par contre, je suis tout à fait d’accord avec toi que c’est vers cela que nous devrions tous tendre : regarder un film et l’analyser
comme l’a fait le metteur en scène et non comme  nous voudrions qu’il soit. C’est d’ailleur l’objet de tant de discussion stérile sur les
films.


D’où mes observations sur Hawks et Allen ainsi que sur  certaines critiques lut sur Blade runner
etc.


Cela ne veux pas dire pour autant que j’ai une position relativiste sur la critique cinématographique, mais que je reste en retrait de ce
genre de débat sans fin et exténuant, sans être pour autant méprisant ou hautain face à certains débat ou analyse sur les films.


Je doute fortement que l’humain soit armé pour avoir une attitude bienveillante, ouverte etc lorsqu’il regarde un film.


Pour ne prendre qu’un exemple j’avais vu enfant à la même époque E.T  qui m’avait profondément
laissé indifférent et Dark Crystal  qui m’avait enthousiasmé…


Et il m’a fallu des années avant d’apprécier les qualités du film de speilberg.


Tout ça pour dire que l’on n’est pas toujours réceptif aux qualités d’un film et que la sensibilité et la bienviellance sont intrinséquement
lié, qu’on le veuille ou pas. Et vouloir les différencier semble de l’ordre pour moi de l’impossible, quelle que soit sa maturité ou ses connaissances dans le domaine. 


Après tu me parles de critique qui n’ont pas le cinéma comme objet, mais une autre discipline souvent intellectuel. Là il n’y a même pas
débat, se sont des incompétents concernant une analyse filmique. Par contre j’en conviens qu’il soit difficile d’avoir affaire à eux et même énervant lol !


Pour finir, lorsque l’on voit certains films recevant des Oscars (pour ne prendre que deux exemple tendre passion ou des gens comme les autres
) et d’autres n’étant même pas cité (Blade runner pour la photo, harrison ford dans Mosquito coast ou rugter hauer dans Blade Runner), on voit bien que même dans le milieu du cinéma que
l’objectivité dans l’analyse cinématographie est proscrit. Et que tout ça est plus affaire à une histoire d’influence (slumdog millionnaire)) ou de Politique (elephant, 9/11 de Moore à cannes) .
confère «  le nouvel hollowood » de Biskin


Tu vois donc que le débat n’est pas d’analyser et de récompenser  les qualités d’un film, mais
plus de l’ordre du rapport de force…



Struggling Writer 28/05/2010 05:30



Votre distinction entre art et artisanat (et celle de Bazin d'ailleurs) ne me convainct toujours pas : tous les arts ou presque visent des publics ciblés. Michel-Ange a fait la chapelle Sixtine
sur commande pour le Vatican parce qu'il avait à payer les dettes de son père, et il se devait de s'adapter à ses commanditaires pour leur plaire s'il voulait être payé. Shakespeare avait besoin
d'attirer les spectateurs, ayant affaire en outre à une sévère concurrence. Bach travaillait dans l'ombre pour remplir les commandes de sa paroisse (public ciblé s'il en est). A l'époque ces
artistes qui travaillaient somme toutes comme des artisans, ne se posaient pas la question de savoir si ce qu'ils faisaient étaient de l'art ou non. Il se contentaient de faire du mieux possible
le travail qui leur permettait de subsister et qui les passionaient.


 


Idem pour "l'influence des autres intervenants". Les grands peintres de la renaissance travaillaient avec des ateliers et les élèves et assistant participaient bien souvent à la composition du
maître, et peignaient sous sa direction les parties qu'il n'avait pas le temps de faire seul, préparaient les couleurs, voire fignolaient les détails de l'œuvre (on n'est ici pas très loin de la
relation entre un réalisateur et un technicien). Et je ne parle même pas de l'élaboration des cathédrales, œuvres d'art architecturales (l'architecture est considéré comme un art depuis
vingt-cinq siècles et pourtant on a peine à imaginer un art qui demande à ce point de se reposer sur une structure, un mode de production, des talents divers, et des techniciens… sinon le
cinéma), qui demandaient la collaboration de nombreux artisans parfois sur plus d'un siècle... Ce n'est pas le mode de création, ni le nombre de créateurs, qui définit un art, mais son objet (qui
est d'être un mode d'expression esthétique et émotionnel)…


 


Le principe de l'auteur, seul dépositaire d'un génie artistique, est une notion moderne et ne provient en réalité non d'une réalité de la construction artistique, mais à mon sens, d'une logique
économique – elle est en fait contemporaine et liée politiquement à l'idée de droits d'auteur…


 


Quoiqu'il en soit la distinction entre art et artisant continue de me sembler oiseuse. Croire qu'il faut un auteur unique ou un système de production solitaire pour faire de l'art, c'est une
façon d'aristocratiser le concept et cela ne repose sur aucune donnée objective. Je préfère le pragmatisme : l'art n'est pas une notion a priori positive ou distinctive, c'est une fonction, qui
n'est pas a priori plus noble ou élevée qu'une autre…


 


Ensuite, non, que le critique fasse la même démarche que moi n'était pas l'objet de cet article. Proposer un outil en remplacement d'un autre n'est pas qu'une affaire subjective…


 


Soit l'analyse d'une œuvre a un intérêt qulconque pour comprendre cette œuvre, soit elle n'en a pas. La critique, l'analyse, ne sont pas censés être des jugements (même si le jugement peut y
jouer une part). En revanche, il est évident qu'une analyse donnée ou une tendance analytique méritent elle-mêmes d'être soumises au crible de la critique. En clair, si le jugement n'est pas
discutable, en revanche l'analyse, elle l'est, tant dans sa méthode que dans son application. Et une analyse pour être pertinente doit obéir à au moins deux critères : avoir une connaissance
raisonnable de l'objet analysé et utiliser des outils adaptés à cet objet.


 


Par exemple, l'article de Manœuvre sur Blade Runner (que j'ai lu) n'est pas une analyse, et ne prétend pas vraiment l'être. C'est juste un avis motivé. En tel que tel, il ne me gène pas, et pour
tout dire m'intéresse assez peu. Il ne cause aucun tort au film, ni au cinéma dans son ensemble. C'est juste un type parmi d'autre qui explique pourquoi le film ne lui a pas plu, une opinion qui
se présente comme telle. C'est très différent par exempel des analyses politiques qui fleurissent sur des films dont ce n'est pas l'objet et qui servent à montrer la bonne conscience, la bien
pensance, de leurs auteurs. L'injonction ici est en fait : "vous n'avez pas le droit d'aimer ce film parce que si vous l'aimez, alors vous êtes dupe de la propagande qu'il transmet". C'est un
discours dangereux, parce que totalitaire. Et en tant que tel, il mérite qu'on lui réponde rationnellement. Vous pouvez trouver cela stérile. Je continue pour ma part de m'étonner de la longueur
de vos réponse à un sujet que vous jugez sans intérêt…


 


Au passage, je ne suis ni un intellectuel (loin s'en faut, je n'ai aucune autorité pour me prévaloir de ce titre qui est d'ailleurs plus qu'ambigu), ni un amoureux du cinéma (le cinéma, c'est une
idée abstraite, je me méfie de ceux qui aiment trop les idées abstraites). J'aime certains films, et c'est tout.


 


Contrairement à ce que vous avez l'air de penser, je suis profondément indifférent au fait qu'on ne soit pas de mon avis au sujet d'un film ou d'un autre. En revanche, je pense que la critique
intellectuelle du cinéma et ses méthodes méritent d'être critiquée quand elle prétend avoir une réponse définitive et autoritaire sur un sujet, lorsqu'elle transmet des idées reçues, et produit
une méfiance illégitime envers toute forme de création. Refuser qu'on puisse raisonner contre la critique, sous prétexte qu'il est impossible de raisonner contre le jugement, c'est tomber dans le
piège de la misologie dont parle Socrate : haïr le raisonnement parce qu'il existe des raisonnements faux, alors que la raison est précisément le meilleur moyen d'expliciter ce qui en fait un
raisonnement faux.



Gwendhale 26/05/2010 19:30



Bonjour,


j'ai lu avec attention cette analyse sur la manière bienveillante qu'il faut pour aborder une oeuvre cinématographique (oeuvre d'art) afin comme il est dit de voir vers ce quoi elle tend, si
j'ai bien compris le texte dans les grandes lignes. Tout d'abord parler d'art en cinéma est une affaire de morale et de sensibilité, pour ma part je parlerais plutôt d'artisanat compte tenu
de ses moyens de fabrication et de ses moyens de diffusion. Il y a dans cette analyse rien de péjoratif, bien des artisans sont plus talentueux que certains dit "artistes". Mais une
distinction lié par la manière dont est executé le travail et pour qui il est produit. Je parle du FILM et non des intervenants qui ont collaboré à ce film (Giger est un artiste, comme
Syd Mead ou John Milius, David People et ceci dans le sens créatif, comme tant d'autre...).


Revenons au sujet, je doute fortement lorsque je te lis qu'il doit y avoir une ligne de conduite lors d'un visionnage d'un film (comme de le voir comme une oeuvre d'art ou avec une certaine
bienveillance), d'ailleur cela est totalement utopique et illusoire.


Je dirais plus que cela est un faux débat, même s'il reste vrai qu'une certaine catégorie de film comme les "blockuster"  pour ne prendre qu'un exemple sont considéré exclusivement par
l'intelligentsia française et autre comme étant des purs produits à vendre (contraire à la définition de l'Art) et les films de Woody Allen sont jugés préalablement comme des
oeuvres artistiques  et ceci au détriment de tout jugement. D'ailleur pour l'anecdote bien des critiques ont une facheuse tendance à encenser Woody à chaque sortie de ses films pour en
finalité dire que le dernier est meilleur que son précédent... lol


Si je permets de dire que c'est un faux débat c'est dans le sens, ou d'aprés mes lectures que tout cela revient à une question de sensibilité (HAWKS touvait "la horde sauvage" mauvais, woody
allen trouvait la scène du globe terrestre dans le dictateur guère pertinante, etc etc.. pour ne parler que des discours des artisans de cinéma). comme le dit Balzac  en substance "Au moins
les artistes parlent à la portée de tout les esprits, car qu'elle est la personne qui ne se croit pas de goût !"


Aprés certes l'on peut déplorée le manque de sensibilité ou d'ouverture d'esprit de certains dans leur critique (comme certains critiques qui tuèrent Blade Runner car cela ne respecté pas
PHILIP K.DICK et que cela faisait photo de mauvaise pub (c'est à dire môche mais se voulant artistique) ou encore le travail de dennis muren (le T1000) dans terminator 2 impressionnant
mais vain, tout ça pour épater et amener le chaland.) Mais cela n'aidera pas ce débat que tu as présenté, qui ma foi reste pour ma part sans fin et stérile.



Struggling Writer 27/05/2010 00:50



En premier lieu, je ne comprend pas l'objet de votre distinction entre art et artisanat, ni en tout cas sa pertinence appliquée au cinéma. Qu'est-ce qui permet de dire que la manière dont on
exécute le travail en cinéma le rend plus ou moins artisanal que par exemple l'architecture, le théâtre ou la musique (qui sont traditionnellement considérés comme des arts, et sont souvent le
fruit d'un effort collectif et éminemment technique) ? Et surtout, pourquoi croire que l'art et l'artisanat sont des concepts exclusifs. Le cinéma est, de plein droit, un art (parce qu'il est un
mode d'expression esthétique, ce qui est une définition valide et généralement acceptée du terme), maintenant, qu'on puisse soutenir qu'il est un artisanat, pourquoi pas ? mais dans ce cas il
importe de dire selon quelle définition (puisque ce n'est évidemment pas selon la définition courante), ce que vous ne faites pas. En revanche dire que le cinéma n'est pas vraiment un art parce
qu'il est un artisanat, sans définir en quoi, selon quelle acception du terme, cela ne peut mener qu'à une discussion de catégorisation sans intétêt du type : la tomate, fruit ou légume ?
(Question dont l'absurdité réside bien dans le fait que la tomate répond sans aucun doute possible aux définitions courantes de ces deux catégories différentes, rendues artificiellement
exclusives).


 


Ensuite, je trouve étrange le fait de repondre à un argumentaire en commençant par dire que c'est un faux débat (ou alors il faut simplement refuser d'y participer), surtout que le reste de votre
post tente de se positionner dans ce débat (votre position est relativiste, mais il s'agit bien d'une prise de position).


 


Défendre une idée selon laquelle aborder une œuvre de façon pertinente pour la critiquer nécessite de l'aborder sans préjugé vous semble peut-être un faux débat (ce n'en est pas un d'ailleurs,
c'est juste une position), mais autant dire, alors, que toute réflexion sur les conditions nécessaire à la perception d'une œuvre mène à un faux débat (peut-être est-ce le cas pour vous, mais on
pourtant loin ici d'une question stérile, puisqu'il s'agit bien de poser la question de ce qui permet d'apprécier une œuvre, question qui traverse toute l'histoire de la pensée artistique). Or le
problème, c'est justement que sur cette question, il n'y a pas de débat : mais une doxa. Ce qui permet à n'importe quel expert autoproclamé de dire pourquoi tel film est dangereux idéologiquement
(ce qui en soit devrait éveiller le soupçon qu'il y a peut-être un intérêt à ne pas abandonner la place à de tels individus, sous le prétexte qu'il n'y aurait pas la de "vrai débat".)


 


Il me semble que vous confondez deux notions très différente : la sensibilité et l'attitude. Avoir une attitude ouverte, engagée, bienveillante ou autre envers une œuvre, n'empèche pas que la
sensibilité soit ensuite prise en compte (en fait cela favorise le rapport de l'œuvre avec cette dernière). Je ne dis pas qu'une œuvre doit être vue d'une façon objective, et que si tout les
spectateurs s'engageaient dans la vision d'une œuvre, ils en auraient tous la même perception ou le même ressenti. Bien au contraire. Je dis juste qu'il faut s'engager dans une œuvre pour lui
donner une chance d'accomplir ce pourquoi elle est faite : nous toucher par le biais de l'émotion et de l'intuition. C'est donc seulement là, précisément, que la sensibilité personnelle entre en
compte (et que l'on peut juger une œuvre selon cette sensibilité propre, puisque l'œuvre a dès lors été reçue de façon à ce qu'elle soit perçue par la sensibilité personnelle, non bloquée au
préalable par le préjugé).


 


Le problème de la critique non spécialisée (et même parfois la critique spécialisée), c'est qu'elle aborde trop souvent les œuvres avec des outils intellectuels préconçus et ayant un objet autre
que celui d'étudier l'art (psychanalyse, sociologie, politique), ce qui limite à la fois sa compréhension de l'œuvre et la variété du discours sur celle-ci. En clair, la critique ne laisse même
pas la possibilité à la sensibilité de faire son chemin (ce qui est pourtant une nécessité pour simplement comprendre une œuvre d'art). Une telle critique est donc directement dans la
rationalisation sans même avoir eu le temps d'appréhender l'œuvre pour ce qu'elle est, ou ce qu'elle vise à être.


 


Vous dites avoir lu le texte attentivement et je vous en remercie, mais je ne suis pas sûr que vous en ayez saisi l'objet (peut-être par ma faute), qui n'est évidemment pas de dire que l'on ne
doit avoir qu'une seule opinion, une seule sensibilité, sur un film, mais bien de souligner qu'il existe des outils impropres pour aborder et analyser un film et que tout outil intellectuel, même
s'il est répandu dans le discours dominant, nécessite d'être examiné pour voir s'il s'applique à un film avant de lui attribuer le moindre mérite pour le critiquer. Un critique disais-je dois
donner une idée au plus juste de l'œuvre (ou même prolonger le choc de celle-ci), non la juger selon un mode de pensée qui lui est impropre. Une critique qui utilise les outils sociologiques, ou
l'angle purement politique pour disséquer Avatar, par exemple, tombe facilement dans le délire interprétatif. La critique, dans ce cas, vise simplement à permettre de montrer que celui qui l'emet
possède l'outil intellectuel utilisé pour en parler, et, au passage, laisser entendre au passage que cet outil permet de tout comprendre et de s'appliquer à tout. Un peu comme un horloger qui
tenterait de réparer une montre en enfonçant le rouage qui s'en est détaché à l'aide d'un marteau, juste parce que c'est le seul outil qu'il a sous la main et qu'il a appris à utiliser (la
métaphore n'est pas de moi, mais de J-F Tarnowski, et elle est tirée de Buster Keaton) et une fois la montre mise en pièce dirait "à l'évidence, c'est une mauvaise montre puisque mon marteau qui
marche très bien l'a détruite au lieu de la réparer".


 


En clair, ce que j'ai apprécié dans l'article de Djoumi auquel j'ai fait référence, c'est  qu'il abordait l'idée selon laquelle les préconceptions de la critique dite intellectuelle
n'étaient pas en général pertinente, en raison même des outils qu'elle utilise, pour aborder la critique de certaines œuvres, et qu'il importe d'examiner les propriétés et le champ d'action réel
de ces outils critiques avant de les utiliser dans le cas particulier d'un film ou de toute création de l'esprit.


 


C'est évidemment très différent d'une opinion particulière (et a priori sensible, même si c'est une sensibilité que je ne partage pas) sur le travail de photo de Blade Runner, ou d'une déception
née de la divergence avec l'œuvre originale de Philip K. Dick (qui pose un autre problème, même s'il est lié à celui dont j'ai parlé, à savoir celui des attentes face à une œuvre)…


 


Examiner ce qu'est la critique, et dans quels travers elle peut tomber, vous paraît peut-être stérile, comme débat, mais je vous assure que lorsqu'on se retrouve face à des lecteurs dans des
maisons de production qui sont eux même des représentants ou des imitateurs de cette forme de pensée dominante qui revient à croire que l'on comprend mieux un scénario ou d'un film parce qu'on a
un diplôme de science humaine, les implications de ce débat deviennent soudain très concrêtes, et tout effort visant à casser la main-mise et l'autorité du tout politique, tout psychanalytique,
ou tout sociologique, dans le cadre de la réflexion sur le cinéma, devient soudain riche de possibilité.