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Articles Par Mois

20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 04:24

Lorsque j'ai lu la première fois les Misérables, je devais avoir quelque chose comme dix ou onze ans. Je crois que ce fut un de mes premiers chocs littéraire et peut-être la prise de conscience que la misère la plus noire, la plus révoltante, celle de Fantine, pouvait exister… que la pauvreté engendre l'ignorance, la violence, la révolte, mais qu'il suffit d'un peu d'humanité, de dignité, pour changer le destin d'un homme. J'y ai vu aussi cette morale toujours subversive : il est moins grave de voler du pain que de punir impitoyablement…

 

Non, je n'ai pas encore vu le film adapté de la comédie musicale. Par contre, j'ai reçu un mail du Parisien pour je ne sais trop quelle raison (j'ai dû laisser un jour un commentaire sur leur site) qui disait ça :


Misérables

 Vraiment ? Un séjour somptueux dans "la ville des Misérables" celle où le peuple se soulève parce qu'il en a marre qu'on lui marche sur la gueule, celle où les gosses dorment dans la rue, celle où la police ne vous lâche jamais ? Ça donne envie…

200 € pour du shopping ? J'espère qu'on pourra acheter des perruques avec de vrais cheveux de pauvresse… Et puis des dents aussi…

Heureusement, tout va bien, je vois qu'on sera dans un hôtel de luxe ! c'est même un séjour VIP qui permettra depuis le restaurant de la tour Eiffel de regarder les gueux de haut, ceux qui ne sont que des VUP (Very Unimportant Poors). Mais non je ne me moque pas, pensez-vous… de toute façon, en France, aujourd'hui, il n'y a plus de misère, n'est-ce pas ?

Vous auriez voulu quoi ? Monter une barricade et faire la révolution ? Mais, mon cher monsieur, à Paris, on ne fait plus cela depuis bien longtemps…

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 07:09

Bon, ça fait un certain temps que j'y pense, mais je ne vais pas tarder à reprendre ce blog, abandonné ou presque depuis un an. Jusque là, je l'avais consacré surtout à des critiques de série. Sauf que devant l'avalanche de critiques de séries venues de partout, je ne ressens plus le besoin d'en parler autant et certainement pas de les défendre parce qu'elles n'ont plus besoin de l'être. Et puis la critique, à force, ça me semble un peu futile.

 

Je ne compte pas pour autant parler de mes expériences personnelles ou des people ou de politique (pas tout le temps en tout cas). Donc qu'est-ce qu'il reste ?

 

Peut-être poser des questions qui m'importent en rapport avec mon travail. Comme : "qu'est-ce qu'un scénario ?" Et aussi tout ce qui concerne la structure, les problèmes de création de personnage, les méthodes d'écriture, etc.

 

La nouvelle formule sera lancée la semaine prochaine. En attendant n'hésitez pas à lire les commentaires récents, il y a du lourd…

 

Et si vous avez le temps, n'hésitez pas à me laisser des commentaires sur les sujets qui vous intéresseraient concernant la narration. L'inspiration c'est encore mieux quand on est en prise directe avec ceux qui vous lisent...

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 01:12
Contrairement aux apparences (pas d'article depuis Juillet), ce blog est loin d'être abandonné (pour des raisons personnelles et professionnelles j'ai moins de temps pour élaborer des articles, et le but de ce blog a toujours été plus de proposer des réflexions sur la fiction que de faire une chonique personnelle. Je continue néanmoins de répondre aux commentaires avec des articles qui sont parfois plus long que ceux que vous pouvez lire dans le corps même du blog. Par exemple vous pouvez lire en ce moment dans les commentaires de cet article, la controverse qui m'oppose à un certain Dr Marx. On y débat de la suspension volontaire d'incrédulité, de Marcel Duchamp, et du sens de l'art.
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1 mai 2009 5 01 /05 /mai /2009 10:57
Je suis abonné à Arrêt sur Image. Même si je n'ai pas le temps de tout lire (pas autant que je ne le voudrais) j'aime passer de temps en temps sur le site quand un sujet d'émission éveille mon intérêt. L'émission de la semaine invite Finkielkraut, qui avait attaqué l'émission affiliée Ligne J@une de Guy Birenbaum.

En fait comme presque à chaque fois que je tombe sur Finkielkraut, que ce soit à l'écrit (La Défaite de la Pensée) ou en interview, j'ai la désagréable impression que son combat se résume à : "sans position d'autorité (intellectuelle, artistique, journalistique, politique), pas d'argument d'autorité, et donc, sans argument d'autorité accepté par tous – ou en tout cas par ceux qui se réclament de la pensée –, comment saurons-nous ce que nous devons penser, aimer, approfondir ?… Comment saurons-nous donc ce qui en vaut la peine ? Comment reconnaitrons-nous l'homme de bien, l'homme cultivé, l'élite, du bas peuple assez naïf pour confondre divertissement et culture ?" A croire que la peur du "goût des autres" et la diversité des médias par lesquels la pensée humaine peut s'exprimer est le principal moteur d'indignation de Finkelkraut, philosophe – ou plutôt je serais tenté de dire : philodoxe. Car oui, plus que la sagesse issue du raisonnement, Finkielkraut aime l'opinion… enfin, la sienne et celles des autorités qu'il juge inattaquables.

Douter de l'objectivité des journalistes (comme le fait l'humoriste Didier Porte) devient ainsi pour Finkelkraut par un glissement de sens assez audacieux une attaque contre l'objectivité des faits, et Birenbaum a bien raison de le reprendre là dessus en lui disant que c'est très différent (comme quoi, contrairement à ce que semble penser Finkielkraut quand il nous assène qu'internet n'est qu'un déversoir, être rigoureux intellectuellement, c'est à la portée d'un blogueur…) Ce qui est paradoxal, c'est que Finkielkraut nous déclare voir, dans un grand moment de médiumnie en direct, l'incapacité des amuseurs contemporains – dont Porte – à être sujet au doute (c'est une question de ton et de sourire, apparemment). Or s'il avait écouté le propos de Porte, plutôt que de rester bloqué sur son "ton débraillé", s'ils s'en était tenu donc à la réalité objective de son discours plutôt qu'à l'appréciation subjective de son attitude, il aurait vu que le discours de Didier Porte dans l'extrait qu'il a choisi est précisément celui de quelqu'un qui doute.

En disant "je veux savoir d'où on me parle", Didier Porte nous dit bien : "puisque les journalistes sont des hommes, avec des opinions politiques et des avis personnels, je dois pour apprécier l'objectivité des faits qu'ils me soumettent, utiliser ma capacité à douter. Sans douter de tout (parce que c'est épuisant) j'ai le droit d'être sceptique sur toute relation d'information prétendue objective tant que je ne sais pas "d'où on me parle", mais à la longue ce doute risque d'être paralysant puisque la part éditoriale d'une information relatée est indéterminable. A partir du moment où les opinions d'un journaliste, d'un directeur de la rédaction de journal télé ou d'un rédacteur en chef de quotidien papier me sont connus, le doute cesse d'être paralysant, pour devenir fertile, puisque je possède les données qui me permettent de ne pas craindre qu'on tente de me manipuler. Je deviens, du fait de cette connaissance, mieux capable de faire la différence entre le fait relaté et l'éventuelle subjectivité, même inconsciente, même ténue, de celui qui le relate puisque je le connais mieux, que je sais ses opinions, ses antipathies, ses engagements politiques éventuels." Mais évidemment : "je veux savoir d'où on me parle" dit la même chose, en plus court et en plus percutant.

C'est pourquoi les grand journaux imprimés d'informations, y compris ceux qui ont vocation d'être objectifs, ont toujours été aussi des journaux où s'exprimait des opinions, des journaux ou l'on prenait parti, des journaux dont le rédacteur en chef doit s'astreindre régulièrement sinon quotidiennement lui-même à l'exercice des éditoriaux. Tout le monde sait l'orientation générale de Libé, du Figaro, du Monde, de l'Huma, et de leurs journalistes. Je m'étonne que Finkelkraut exige un devoir de réserve des journalistes de télévision mais pas des journalistes de journaux papier. La télévision a-t-elle donc moins besoin que ceux qui la regardent usent de leur scepticisme que le médium écrit ? L'information des journaux serait donc moins sérieuse que celle des télés et des radios parce qu'elles ont un contenu éditorial assumé (qui parfois déborde largement dans des articles d'information et dans le choix de la "Une") ?

Les journaux de télévision et de radio, à la différence des journaux écrits, se donnent comme des relations objectives dénuées de contenu éditorial partisan (objectivité qui fut longtemps renforcée dans le cas de la télé par l'illusion que l'image filmée est la réalité, et non une relation, avant que des manipulations grossières à la fin des années 80 ne commencent à porter le discrédit sur l'image elle-même). Mais, n'en déplaise à Alain Finkielkraut, à partir du moment où les rédacteurs en chef de journaux télé épanchent leurs opinions politiques dans un blog, ne nous offrent-ils pas en fait une possibilité plus grande d'exercer notre esprit critique sur leur travail, d'une façon similaire à celle qui existe dans les journaux écrit ? N'est-ce pas une chance, enfin, de faire mieux comprendre que la rédaction d'un journal télévisé obéit aux mêmes lois que celle de n'importe quel journal (ce qu'Arrêt Sur Image nous montre depuis bien longtemps) et qu'il peut être reçu aussi par moment comme l'émanation d'une opinion, fut-elle consensuelle (ce qui ne la rend pas moins subjective). Mais cet esprit critique, nécessaire à tout homme libre (philosophe ou citoyen), n'est-ce pas ce que craint Finkielkraut ? Cette question n'est pas réthorique, je me la suis vraiment posée et je me la pose encore.

Lorsqu'il dit : "ce n'est pas parce qu'Éric Revel s'est oublié sur internet (…)  que je vais penser que chacune de ses interventions doit être marquée par le fait qu'il déteste Ségolène Royale." Donc s'il ne le pense pas, où est le problème ? Pourquoi nous dit-il qu'il est normal qu'on ait dit à Revel "tes opinions tu les gardes pour toi !" Il nous livre la solution : "Les journalistes sont tenus, pour que leur crédibilité ne soit pas atteinte, à un devoir de réserve".  Pour que leur crédibilité ne soit pas atteinte… Ce qui compte, donc, ce n'est pas le fait que les journalistes puissent manipuler, faire croire qu'ils ont objectifs quand ils ne le sont pas, (par exemple en éditant un discours pour donner l'impression que Ségolène Royale dit une énormité quand en contexte ce qu'elle dit était très différent) mais bien que leur crédibilité ne soit pas atteinte. En clair, s'il ne sont en réalité pas vraiment crédibles (parce que partisans, parce que faussement objectifs), ce n'est pas grave, il faut juste que cela ne se sache pas. Donc interdisons les journalistes de publier leurs opinion dans un médium que Finkielkraut ne regarde pas, mais qu'il frappe de l'anathème du soupçon généralisé puisque, pour lui, "sur internet on se défoule". En une phrase, il résume un médium tout entier où toutes sortes d'écrits sont publiés à un gigantesque défouloir où les propos sont dépourvus de toute légitimité. N'est-ce pas là une vraie défaite de la pensée que d'écarter d'un revers de main tout les textes qui peuvent être publiés sous une forme particulière, non en raison de leurs qualités ou de leurs défauts propres, mais uniquement de la nature même du médium qui les publie   ?

Le problème pour Finkelkraut n'est-il pas que certains spectateurs dorénavant considèreront que les propos de Revel, les opinions de Revel sont pertinentes pour juger par eux-mêmes de certains choix rédactionnels de LCI ? Le problème n'est-ils donc pas que les spectateurs qui penseraient ainsi, utiliseraient précisément, leur doute, leur sens critique, leur capacité de jugement, qui peut être parfois défaillant certes mais aussi les prévenir d'avaler des couleuvres (capacité qui ne s'affine que si on l'utilise quotidiennement) ? Il ne s'agit pas de favoriser le soupçon systématique qui porterait atteinte à tout le travail journalistique de LCI, mais bien de favoriser un rapprochement de deux faits ayant une corrélation évidente (le travail journalistiques de Revel d'une part et ses opinions politiques de l'autre). Un rapprochement qui permettra d'éclairer un choix de montage ou de titres d'ouverture du journal. Rien ne dit d'ailleurs que ce jugement sera forcément en défaveur du contenu de l'information transmise. (Si le journal de LCI dit un jour que Ségolène Royale a remporté un franc succès lors d'un voyage à l'étranger, on supposera plus facilement que l'information est impartiale que si c'est Libé qui le dit...)

Bien sûr, lorsque je me demande si Finkielkraut craint l'esprit critique, je ne pense pas qu'il craigne celui de l'universitaire, du politique, du journaliste (quoique), bref de ceux qui sont à ses yeux habilités à exprimer un esprit critique. Ce qui le gêne, peut-on conclure de ses propos, c'est l'esprit critique de celui qui n'est pas autorisé à en avoir… ou de celui qui ne se réclame pas d'une position sociale pour avoir le droit de penser, de douter et de le dire. Au "d'où tu me parles ?" (une demande de connaissance du contexte) il substitue le "qui me parle ?" (exigence absurde, parce que sans rigueur, d'une position sociale qui à elle seule légitimerait le discours) et même un "dans quoi me parles-tu ?" (l'injonction de passer par les canaux qu'il juge "autorisés" pour avoir le droit de produire une œuvre, un raisonnement ou une pensée digne de ce nom, injonction qui semble exclure internet, la bande-dessinée et la chanson populaire).

Penseur de l'ère de la télévision et de la radio, porté à la célébrité nationale grâce à la télévision, il a pu profiter un temps de la position d'autorité que pouvait donner la télévision à ceux qu'elle invite régulièrement pour les interroger sur l'état du monde. "Alain Finkiekraut, philosophe" pouvait on lire en jolies lettres blanches qui flottaient fièrement sur sa poitrine comme une batteries de médailles lorsqu'il parlait sur les plateaux. Expert télévisuel en opinion, aurait-on pu dire. Une position d'autorité, inattaquable, parce que le téléspectateur qui doute de la compétence de l'expert et a une réponse à opposer aux opinions péremptoires du penseur proclamé n'est entendu par personne.

Finkielkraut est terrifié par le fait qu'internet soit le lieu de la démocratie radicale. C'est à dire "le lieu de l'égalisation de tous les discours", "le lieu où chacun peut s'exprimer à égalité." Et au fond c'est ce principe même (républicain) d'égalité qui l'indigne. Il est visiblement révulsé par "cette poubelle" où l'argument d'autorité n'existe plus. Sur internet, ce qui fait la différence entre la qualité d'un discours et un autre, c'est bien uniquement le sens critique de ceux qui le lisent. Contrairement à ce que dit Finkielkraut, il n'y a donc pas d'égalité entre les discours sur internet : l'égalité d'accès à la publication n'implique pas du tout l'égalité de qualité des discours. Cette qualité, ce n'est plus à l'émetteur ou à une profession particulière de la décréter mais bien aux récepteurs eux-mêmes.

Comprenons que le philodoxe ait peur.

Si internet est le lieu de la démocratie radicale (concept que j'aime bien et  projet qui a tout mon soutien) n'est-ce pas justement parce que cette démocratie radicale rend la parole à chacun. Ce forum internet, c'est l'inverse d'une statistique, d'un taux médiamétrie : un lieu qui donne accès à la pluralité et ne fait jamais disparaître une opinion singulière derrière un pourcentage. Si c'est une démocratie radicale, c'est parce qu'elle semble libérée de l'effet de masse, et rend la parole au peuple, qui ne dit finalement pas moins ni plus de bêtise que ceux qui le gouvernent (c'est juste que la forme est parfois plus relâchée).

Ça me fait penser au théorème de Sturgeon (auteur américain de SF). Quand on lui sortait des arguments du genre "comment pouvez vous défendre la Science-Fiction alors que 90% des romans publiés sous se label sont ridicules ?", il avait pour habitude de répondre : "90% of everything is shit". Traduction : si vous prenez 90% de n'importe quoi, ce sera de la merde. Cinéma, roman, peu importe. Les œuvres du passé n'échappent au théorème que parce que les années ont fait disparaître dans l'oubli les 90% de fumier nécessaire pour fertiliser les récoltes.

On ne juge pas un médium en fonction de ce qu'il propose de plus mauvais, mais en fonction de ce qu'il produit de meilleur. Parce que le meilleur, c'est ce qui restera ou en tout cas c'est ce qui aura un réel impact à terme.


Bien entendu, ceux qui liront ce billet auront le droit d'exercer le sens critique comme il le voudront. Ils pourront même y répondre.

Et à mon tour, bien entendu, j'exercerai mon sens critique sur leur (éventuelle) réponse...
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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 21:47
A partir de demain, j'inaugure une nouvelle formule pour le blog, (qui m'obligera à le tenir plus régulièrement et me permettra de le faire). Le principe sera : "une fiction par jour". Comme l'intitulé l'indique plus ou moins, je parlerai chaque jour d'une fiction différente qui m'a touché, ému, déplu, intéressé, surpris ou accompagné à une période ou une autre de ma vie. Les articles seront, selon l'inspiration et le temps dont je dispose, traités en quelques lignes ou de façon plus exhaustive…En revanche, comme beaucoup de publications quotiiennes, je pense que ce sera tous les jours sauf le dimanche (et parfois même le samedi).

Bonne rentrée à tous et à bientôt.


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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 17:46
La semaine dernière c'était sur Dieu. Cette semaine, ce sera la démocratie. Et je rappelle que ce blog parle avant tout de la fiction, sous toutes ses formes… Cette réflexion est partie du fait que la notion de "démocratie directe" est encore considérée comme une idée populiste ou démagogique.

Déjà cette notion de "démocratie directe" est un peu étrange. Elle a été inventée parce que nous vivons dans l'illusion que les systèmes actuels sont des "démocraties indirectes"… ce qui n'a pas vraiment de sens. En fait, nous vivons dans un système républicain, possédant certes un idéal et des institutions d'inspiration démocratiques, mais nous sommes loin d'être en droit d'appeler ce système une "démocratie".

Ce que l'on appelle "démocratie directe" est tout simplement… la démocratie. Une démocratie n'empêche pas forcément qu'il y ait des représentants gouvernementaux qui proposent des lois (mais ceux-ci sont nommés par un mélange d'élection et de tirage au sort afin d'empêcher le populisme, justement). En revanche, c'est au peuple de voter les lois. Dire qu'il serait impossible de faire voter les lois aujourd'hui est difficile à soutenir, les structures existent (on pourrait voter les lois dans l'isoloir, ce qui voudrait dire se déplacer souvent), et cela demande seulement une volonté politique et beaucoup d'aménagement… et de temps libre (mais ne sommes-nous pas censé être une société de loisir ?). Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'une telle utopie (mais les utopies peuvent devenir un jour réalité) implique que l'abstention ne soit pas vue comme un problème. Chacun peut décider en son âme et conscience de se déplacer ou non pour voter une loi.

La démocratie est un système inventé à Athènes, où tous ceux considérés comme citoyens (40000 personnes quand même) avaient le droit de participer à l'ecclesia, discutaient et votaient les lois. Tout citoyen présent était entièrement libre de s'exprimer en public, de proposer un amendement et possèdait le droit de vote. Certes, les droits de l'homme n'existaient pas encore et certaines catégories (comme les femmes, les esclaves et les "métèques") étaient exclues. Cependant, il est à noter que les citoyens les plus pauvres avaient droit à une indemnité (la misthophorie) pour assister à la réunion de l'ecclésia ou assumer leurs charges publiques. La présidence des débats était tiré au sort ainsi que les membres de la Boulé (assemblée de 500 citoyens qui proposent les lois, qui sont désignés pour un an mais tirés au sort par groupes de 50 par dixième d'année).

La République a été inventée à Rome : il s'agit d'un système parlementaire représentatif. Le Sénat romain, pouvoir suprême, n'était pas désigné par le peuple mais nommé (ce sont d'anciens magistrats). Il y a cependant un suffrage : les citoyens votent pour les comices tributes et les comices centuriates qui eux-mêmes votent pour les magistratures inférieures et supérieures, parmi lesquelles seront recrutés les sénateurs. La république romaine n'est pas tant un système d'inspiration démocratique qu'une oligarchie (à peine) déguisée.

Les systèmes modernes, en particulier la France et les USA, sont inspirés de ces deux grands systèmes, et dans une certaine mesure, on pourrait dire qu'ils ont créé des formes originales de gouvernement à partir de ces inspirations. Cependant, si ces modèles ont quelque valeur encore aujourd'hui, il manque au systèmes français et américains quelques éléments essentiels pour être considérés comme des démocraties :

• Le fait d'avoir des assemblées larges. Avec 250000 habitants, Athènes parvenait à réunir plusieurs milliers de personnes dans l'ecclesia pour voter les lois. Aucune assemblée législative républicaine ne peut se targuer d'être aussi représentative, bien que les populations des nations modernes soient bien plus nombreuses que la population d'Athènes.

• La participation active et quotidienne de tous les citoyens, y compris en dehors du vote, à la vie politique dans son ensemble.

• Le tirage au sort de l'exécutif qui, seul, garantit que toutes les opinions et toutes les formations seront représentées un jour ou l'autre. Le tirage au sort est nécessaire à la représentation démocratique. Cela nous paraît aberrant parce que nous croyons que le hasard ne devrait pas avoir sa place dans la politique. L'idée que des représentants soient tirés au sort serait certainement effrayant pour nos sociétés basée sur le contrôle.

En réalité, le système moderne ne représente que l'illusion du contrôle. Sans nous l'avouer, nous élisons des représentants selon un critère prépondérant : sont ils doués pour la conquête du pouvoir ? Cependant, les qualités nécessaires à la conquête du pouvoir (ambition démesurée, démagogie, égoïsme, tactique à court terme) sont non seulement différentes mais opposées aux qualités nécessaires pour assumer les responsabilités qu'implique l'obtention du pouvoir (sens du sacrifice, capacité à convaincre de prendre des décisions difficiles, stratégie à long terme).

L'utilisation du tirage au sort est un moyen essentiel de garantir la démocratie : cela permet d'éviter la prééminence des démagogues aux postes exécutif et de s'assurer que le pouvoir ne reste pas concentré entre les mains d'une catégorie d'individu particulière. Ainsi, chacun a la chance de pouvoir faire avancer les choses.

Bref, même si les républiques modernes sont fondées sur un équilibre des pouvoir plus précis et plus délicat que le système romain, elles sont philosophiquement très comparables à ce dernier. Il s'agit bien de professionnaliser la politique et de donner la plus grande partie du pouvoir à une élite (aristocratique chez les romains et technocratique en France et aux USA) censée représenter le peuple, non au peuple lui-même. La dérive démagogique ou populiste des républiques est presque inévitable.

Les gouvernants possèdent généralement des mandats de plusieurs années, ce qui est considéré comme un facteur de stabilité politique. Par comparaison, le boulé athénien qui proposait les lois changeait un dixième de ses représentant chaque dixième d'année. La stabilité du système athénien était due au fait qu'il représentait le plus finement possible la volonté des citoyens et que celle ci ne changeait pas du jour au lendemain.

On remarquera que la République Romaine, après plusieurs siècles de stabilité, s'est transformée en dictature (l'Empire) suite à une crise du système institutionnel (échec des réformes "sociales" des Gracques, incompétence du Sénat lors de la guerre contre Jugurtha, guerres civiles, introduction du principe autocratique lors de la dictature de César) qui aboutira à la prise du pouvoir d'Octave qui deviendra Auguste, le premier César. La démocratie athénienne elle s'est peu à peu délitée, après la victoire d'Alexandre à Chéronée, sous l'effet de l'hégémonie macédonienne puis romaine. C'est donc une conquête extérieure et des défaites militaires (toujours possibles en cas de guerre) qui ont mis fin à la démocratie athénienne. Ces éléments ne sont donc pas liés au système démocratique lui-même.

S'inspirer des démocraties du passé peut être une bonne chose, mais il ne faut pas oublier que les solutions importées sans précautions d'une époque différente ne conviendront probablement pas à notre société. Si nous voulions une démocratie, il s'agirait donc de s'inspirer de l'expérience athénienne pour la réinventer, et non l'appliquer brutalement. Par exemple,
aujourd'hui, on ne peut plus imaginer que la notion de citoyenneté puisse ne pas inclure les femmes.

Si la démocratie reste une utopie positive et attractive, il est probable que beaucoup résistent encore à ne serait-ce qu'envisager son application. D'une part, changer de mode de fonctionnement de façon aussi radicale semble effrayant. Ensuite, l'idée de tirage au sort d'une assemblée fait, à tort, peur à beaucoup de gens. Cependant, il reste à prouver en quoi ceux qui seraient nommés de cette façon (qui sont tirés au sort parmi un large panel d'élus - chaque quartier élit un délégué) feraient moins d'erreurs politiques une fois au pouvoir que des politiciens qui ont pour motivation le fait d'être réélu et d'assouvir leurs ambitions… Dans la démocratie d'inspiration athénienne, impossible de cumuler les mandats ou d'être un professionnel de la politique politicienne arrivé au pouvoir uniquement grâce à ses amitiés et son entregens…

Attention, je ne dis pas que la démocratie, si elle est un jour tentée à une échelle plus large qu'une cité, sera un système parfait et nous projettera dans un monde idéal, débarrassé de toute injustice, loin s'en faut. Il faudra encore se battre pour changer les choses, mais, au moins, chacun aura moyen de le faire à son niveau.

Malgré les limites inhérentes à tout système, je pense qu'il serait judicieux de s'inspirer un peu plus des démocraties et un peu moins des républiques. Non parce que le peuple ne se trompe jamais, (il est illusoire de croire qu'un système, quel qu'il soit, ne fera pas d’erreur), mais parce qu'il est juste que nous décidions en commun de la société que nous voulons...

La démocratie implique d'être exigeant envers le peuple et de ne pas lui offrir de solution simple, mais au contraire de lui imposer une responsabilité accrue et plus de devoirs. De ce fait, elle se situe à l'opposé exact du populisme.
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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 04:55
Mon billet de la semaine n'a pas grand chose à voir avec la fiction pour une fois – quoique… C'est plus une méditation que je ressens le besoin de partager. Je l'ai récemment mise en ligne sur un forum de question/réponse section philosophie en réponse à la question : "Si Dieu existe, pourquoi laisse t-il des hommes dominer d'autres hommes ?" mais au final, cette question est moins importante pour moi que le développement qu'elle induit.

Si Dieu existe, on peut – on doit – se demander s'il est un être moral. Après tout, créer l'univers, être tout puissant – ou même débordant d'amour – n'induit pas forcément de disposer d'une morale. Dieu (et je parle ici d'un Dieu hypothétique qui aurait créé l'homme à son image et dont les actes – à défaut des desseins – sont compréhensibles pour l'homme et peuvent donc être jugés moralement, comme peuvent l'être les actes de tout être ayant une influence directe sur nos existences) a pu créer l'homme parce qu'il s'ennuyait, ou par orgueil (il voulait être flatté par les prières qui le louent comme le plus grand, le plus puissant, etc.) et peut-être se moque-t-il que ses créatures s'entre-tuent, du moment qu'elles font ce qu'il attend d'elle, c'est à dire, par exemple, chanter ses louanges… Donc de deux choses l'une (tout cela selon le postulat, discutable, qu'une divinité supérieure et consciente existe) :

 – Soit Dieu est amoral et, auquel cas, quel raison avons-nous de l'adorer ou même de nous préoccuper de lui ? Ce n'est pas parce qu'il est puissant et créateur de l'univers que nous devons lui vouer un culte. La seule chose qui donne de la légitimité à la prière, c'est le fait qu'on base sa croyance sur le fait que Dieu est, en plus du créateur de l'univers, une autorité morale suprême. Si un principe mauvais ou simplement indifférent à nos existence avait créé l'univers, mériterait-il qu'on le prie ?

 – Soit Dieu est moral, et alors, il faut se demander ce que cela implique. Admettons que Dieu soit le créateur de toute chose. N'est-ce pas l'attitude la plus morale pour un créateur que de donner à sa création la possibilité d'être la plus autonome possible et, par conséquent, libre ? En clair, Dieu veut-il vraiment que les hommes croient en lui, qu'ils appliquent sa volonté et lui rendent hommage chaque jour ? Il est bien sûr impossible de le savoir, mais seules deux réponses sont possibles et elles mènent à la même conclusion :

 • Si la réponse est oui, alors Dieu est amoral. Car la moralité suprème serait de laisser autrui être autonome, donc ici de laisser les êtres humains faire leurs choix non en se basant sur une autorité morale supérieure qui leur permette d'éviter de se poser les questions qui fâchent mais sur leur propre jugement. Par ailleurs, un Dieu sensible à la flatterie serait assez décevant. Ne pas croire en Dieu (ou y croire, mais ne pas le louer) dans un tel cas est donc le choix le plus moral.

 • Si la réponse est non, alors Dieu est moral, et il faut bien admettre que, même dans le cas ou Dieu existe, l'athée et l'agnostique, s'ils pratiquent une morale rigoureuse, sont plus en phase avec le plan divin (puisque autonomes) que les croyants et sont donc promis au "salut", si une telle chose existe (c'est certes paradoxal mais logique). Le fait d'être croyant, dans un tel cas, n'offre pas vraiment d'avantage car un Dieu moral – si tant est qu'un tel Dieu se sente la moindre légitimité à juger les humains – ne jugera pas les hommes sur leurs croyance mais sur leurs actes (sont-ils ou non humains et bons les uns avec les autres ?). Ce qui n'empêche pas que la foi étant une affaire de simple conviction et non de morale, il n'y a rien d'amoral à croire en Dieu du moment que cela n'implique pas de code moral préétabli(quelle que soit la forme de cette croyance). Maintenant, est-il seulement possible que le culte voué à une Divinité ne joue pas un tant soit peu un rôle de béquille morale ? J'imagine que oui, mais c'est loin d'être le cas le plus courant.

 Dans tous les cas, le fait que des hommes dominent d'autres hommes n'est ni une preuve de l'existence de Dieu, ni une preuve de son inexistence. Cela ne prouve pas non plus qu'il – ou Il – soit moral ou non. On pourrait dire aussi bien qu'il est indifférent à nos existence… ou au contraire qu'il nous laisse la liberté de faire des erreurs. Tout ce que cela prouve, c'est que Dieu, s'il existe, n'est pas interventionniste… Cela pose donc le problème du miracle.

Si Dieu intervient dans certains cas et provoque des miracles, pourquoi n'intervient-il pas quand les hommes s'entre-tuent pour des causes absurdes ou lorsque des innocents meurent sans raison ? S'il intervient et accomplit des miracles uniquement pour ceux qui croient en lui ou pour obliger les incrédules – qu'ils appliquent eux-mêmes ou non une morale conforme à ses vœux – à croire en lui, alors Dieu est égoiste (et donc imparfait).

Si l'on postule que Dieu est moral, alors le fait qu'il n'intervienne pas pour résoudre les malheurs du monde prouve que les miracles qui lui sont imputés, quels qu'ils soient, sont pure invention (comme ils sont du ressort de la foi, à chacun de décider d'y croire ou non, mais fonder sa croyance sur les miracles implique d'adorer un Dieu amoral), car un Dieu moral et interventionniste serait plus intéressé à faire cesser les souffrance des innocents qu'à convaincre les hommes de son existence. Donc, si Dieu est moral, on peut conclure de la simple observation qu'il n'est absolument pas interventionniste (laisser les hommes libres de leurs choix et de leurs erreurs, même si c'est au prix de la souffrance d'innocents est bien un choix moral valide)…
Si Dieu ne fait des miracles que dans un but égoïste (pour que les hommes l'admirent, qu'ils soient convaincus de son existence ou qu'il soient écrasés par sa puissance) en revanche, il semble cohérent de penser qu'il n'interviendra pas pour résoudre les malheurs du monde parce que ceux-ci semble accroitre le besoin du genre humain de se tourner vers la divinité.
 Au final, la question de l'existence de Dieu, au lieu d'être posée uniquement en terme de foi, peut aussi être posée en terme de morale pure. Croire ou ne pas croire en Dieu, que celui-ci existe ou pas, est aussi affaire de morale. Et la morale pour être rigoureuse ne doit pas, comme l'affirment certains (et en particulier un certain président de la République), procéder de la transcendance, mais interroger jusqu'à notre lien avec celle-ci. Autrement, la morale n'est qu'obéissance.

 Note : Si vous n'êtes pas croyant, ce qui précède vous donne donc une raison supplémentaire de ne pas l'être (puisque selon moi, même si Dieu existe, il n'y a pas de raison particulière de croire en lui), si vous l'êtes, j'espère que vous n'y verrez aucun blasphème (puisque j'imagine que vous croyez en un Dieu qui représente une autorité morale). Maintenant si vous croyez à Dieu et aux miracles, haussez juste les épaules ou, mieux, examinez honnêtement ces quelques réflexions avant de les rejeter et dites-vous que la foi est faite pour être éprouvée.
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 12:00
Désolé pour cette longue absence, plus longue même que la grêve des scénaristes d'hollywood ! Je pourrais dire que c'était par solidarité avec la lutte de mes camarades d'Outre Atlantique mais ce n'est pas très crédible. Quoiqu'il en soit vu le travail effectué ces derniers mois, je peux juste dire que ce n'était pas l'effet  d'une soudaine capillosité de la de la paume de main m'empêchant de taper sur les touches du clavier.

Je compte reprendre le blog bientôt, rassurez-vous (enfin façon de parler… personne ne paniquait vraiment). Mais mes nombreux travaux de créations me laisseront  ces prochains temps assez peu de temps pour faire des analyses de séries aussi complètes que je le voudrais (mine de rien les articles qui sont sur ce blog prennent du temps et sont souvent longuement mûris).

Je ne sais pas encore si les prochains articles seront avant tout des analyses de séries comme j'en ai fait par le passé ou bien des billets d'humeurs plus variés. Il faut que j'y réfléchisse. Bien sûr vous pouvez donner votre avis. Quoiqu'il en soit, je reprend mon blog à partir d'aujourd'hui et j'espère vous voir nombreux.

A bientôt !

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27 novembre 2007 2 27 /11 /novembre /2007 10:09
Le blog est un peu mort ces derniers temps. Je m'en excuse. Je n'ai pas trop le temps d'écrire de nouveaux articles sur les séries, même si je brûle de vous parler de Californication, de Mad Men, ou d'Aliens in America, les trois séries qui m'ont  accrochées depuis septembre.

Mais dès que j'aurais  un peu de temps, je reprendrais la rédaction des articles sur les séries et je vous donnerai des nouvelles. Pour l'instant, une crainte superstitieuse que tout s'écroule au dernier moment m'empêche de vous parler des derniers développements. Disons simplement que ça se passe plutôt bien.
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16 octobre 2007 2 16 /10 /octobre /2007 14:54
Ce mois-ci il y a une double page sur  le teaser de Punisher 2 de David Sarrio dans Mad Movies, avec de jolies photo et une interview de David. Il y parle du projet qu'on a ensemble (Black death) . C'est un peu un rêve de gosse pour moi que d'être dans Mad – même avec mon nom écorché (Denis Corel au lieu de Denys, mais j'ai l'habitude). Mad Movies est, à mon sens, la revue de cinéma qui défend le plus intelligemment le cinéma populaire.

Je me sens cependant obligé de relever une erreur, Antoine de Froberville et moi ne sommes pas impliqué dans le projet Totem, contrairement à ce qui est annoncé par erreur dans l'article. Ce scénario est l'œuvre de Pablo Ponce, et Antoine et moi sommes embarrassés d'avoir été crédité pour un travail que nous n'avons pas fait.

Le premier jet de Black Death est maintenant presque fini d'être traduit. Il sera bientôt envoyé à l'agent de David à Hollywood pour démarcher les productions américaines (qui semblent plus intéressées par David que les productions françaises). Cela dit nous allons quand même tenter de démarcher en France, sans trop y croire…
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