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Articles Par Mois

22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 20:42
Rassurez-vous, je ne vais pas vraiment vous parler d'Antigone d'Anouilh. Je n'ai d'ailleurs pas lu cette pièce depuis plus de vingt ans – et même à l'époque, disons-le, j'avais trouvé ça un peu cucul – peut-être parce que je devais faire un exposé sur le sujet.

Le jour venu, j'ai d'ailleurs préféré parler du fait qu'il était absurde de demander à quelqu'un de faire un exposé sur une œuvre imposée. J'avais des tas de choses à dire sur mes lectures, mais je ne voyais pas de raison de perdre mon temps à analyser un texte que je jugeais assez médiocre. Le prof n'a pas apprécié l'exposé (je peux comprendre).
En fait il a passé le reste du cours à expliquer avec d'un ton énervé pourquoi il fallait se forcer à lire les œuvres jusqu'au bout, et être capable de les analyser après même si on ne les appréciait pas, parce que forcément, l'auteur c'est un vrai écrivain, et donc il connaît son métier (il ne m'a toujours pas convaincu).

Il a aussi fait un laïus, je crois, sur le fait que les fiches de lectures avaient pour but pédagogique de nous apprendre à faire un rapport d'entreprise, ce qui serait très important plus tard quand on aurait un métier. Ce qui à la réflexion ne me semble pas être une déclaration elle-même très pédagogique, mais bon…

Tout cela caractérise en fait assez bien ce qu'il y a de pire dans l'enseignement de la littérature de notre beau pays : celle-ci est trop souvent – c'eétait le cas à mon époque, du moins – une simple succursale du langage.  D'ailleurs, apprendre la littérature en cours de Français… c'est d'une stupidité sans nom : la littérature n'a pas de frontière et la langue, si la langue a son importance pour l'écrivain, c'est pour la majorité d'entre eux un moyen parmi d'autre, non une fin en soit. En fait, dans une certaine mesure, on pourrait dire que la littérature n'est pas une vraie matière pour d'éducation nationale, parce qu'elle n'est qu'un prétexte, qu'une excuse pour apprendre le bon français et l'art de faire des rapports de stage.


Des années après, je n'ai rien à retrancher de ce que je soupçonnais à l'époque (peut-être juste que je l'exprime mieux, mais le sentiment était là). Une analyse, une critique doit à son meilleur, viser à prolonger l'émotion suscitée par le contact avec une œuvre littéraire, éventuellement en permettant de mettre en valeur les mécanismes cachés qui permettent de susciter cette émotion. Je ne suis pas le premier à le dire, et cela semble une affaire entendue. Sans cette émotion, garantie de l'engagement du lecteur, l'analyse n'a pas grand intérêt et ne peut que tomber à côté de l'œuvre. (Je tiens à dire qu'une forte réaction de rejet me semble tout à fait entrer dans la catégorie des émotions sur lesquelles on peut travailler pour expliquer une œuvre, à condition qu'un effort d'engagement minimal ait été fait en premier lieu par le lecteur.)

Mais l'indifférence, par contre, ne permet pas de tirer grand chose d'une œuvre. Or au final, Antigone d'Anouilh, je n'ai pas détesté, je n'ai pas eu de vrai sentiment de rejet. C'est juste que je m'en foutais. Chez moi, c'est un sentiment assez rare lorsqu'il s'agit de fiction pour que cela ait mérité un article.


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Published by Struggling Writer - dans Théâtre
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