Articles sur la narration, les séries, le jeu de rôle et les scénarios. Bref, la fiction en général.
J'ai eu la chance de pouvoir voir à la Mostra de Venise le dernier film des frère Cohen en avant première publique. Burn after Reading est une comédie noire, aux subits accès de violence, qui comme souvent chez les Cohen, se présente comme un film d'un genre très défini (ici, l'espionnage) tout en le subvertissant. Dans Burn After Reading, la plupart des personnages semblent persuadés qu'ils vivent dans un monde paranoïaque de faux-semblants et de secrets (dans une certaine mesure, c'est vrai, mais en fait la paranoïa est entièrement de leur fait). Gonflés de leur propre importance, ils se livrent à des actions dignes des barbouzes de la guerre froide : trahison, filatures, vente d'information à l'ennemi, meurtre, constructions de gadgets (!), pour des enjeux tellement minuscules, tellement marginaux, que toutes leurs actions apparaissent absurdes.