Articles sur la narration, les séries, le jeu de rôle et les scénarios. Bref, la fiction en général.
Cette nouvelle de Philip K. Dick m'avait profondément marqué à l'adolescence, sans que je sache pourquoi. En la relisant, des années plus tard, je la trouve toujours aussi admirable. Elle décrit à travers les yeux d'un enfant, Foster, un monde où la course au nucléaire et le consumérisme ont fini par se rejoindre : les gens ne se définissent plus seulement – comme dans les années cinquante – par leur voiture ou leur maison, mais par le fait qu'ils possèdent ou non un abri antinucléaire dernier modèle dans leur jardin. Le père de Foster, un antiquaire cultivé et vieux jeu, refuse de rentrer dans le jeu et d'acheter ce qu'il considère comme une arnaque, comme une vente forcée : le consumérisme n'est plus fondé sur le désir mais sur la peur, et il semble le seul à voir à quel point cette fuite en avant nous sépare de ce qui est le plus humain. Foster, lui, victime du discours ambiant, relayé par l'école et les médias, est terrifié à l'idée que dans le cas où une bombe tomberait, il serait incapable de se protéger. Quant à sa mère, elle considère son père comme un raté, ce qui entraine la désintégration du noyau familial (ce qui fait echo en quelque sorte à la menace qui pèse sur eux).